10 idées reçues sur le Poker

ideesrecues

Rien ni personne n’échappe aux idées reçues, et surtout pas le poker. PokerListings en passe 10 en revue et en démystifie certaines parmi les plus souvent entendues.

 

 

 

1- Le poker en ligne est truqué

Voici un gimmick qui revient assez souvent sur la plupart des forums, notamment de la part des joueurs malchanceux, voire très malchanceux.

Selon eux, le tirage au sort des cartes sur les salles de poker en ligne ne serait pas vraiment totalement aléatoire.
Selon les légendes diverses et variées, des salles auraient tendance à donner de bonnes cartes après avoir déposé ou vous être inscrit, vous infligeraient de nombreux gros bad beats à la suite en certaines occasions, etc.

Par le passé, certaines affaires de personnes en possession de comptes "super user" (super utilisateur), permettant de voir les cartes de leurs adversaires, ont aussi terni l'image que les joueurs pouvaient se faire d'anciennes salles internationales réputées (scandale Ultimate Bet).

Hacker
Toute la sagesse est d'être vigilant sans tomber dans la paranoïa.

Nous n’allons pas vous mentir : il n’est jamais impossible d’être sûr de rien tant que l’on a rien vu de ses yeux vu.

Maintenant, deux choses : Premièrement, les salles n’ont pas de réel intérêt de truquer les tirages. Au final, que les choses se passent le plus normalement du monde ne change rien pour elles : les joueurs qui auront envie de jouer joueront, et ceux qui n’auront pas envie ne le feront pas.

Deuxièmement et le plus important : des sociétés externes sont chargées d’auditer la régularité de l’algorithme du RNG (Random Number Generator – Générateur de Nombre Aléatoire).
En France, le marché étant désormais légal, ces mêmes salles doivent suivre un cahier des charges, incluant ce type de contrôle avant de pouvoir se voir attribuer une licence.

Si vous jouez à l’étranger ou toujours sur des salles internationales par d’autres moyens, nous vous conseillons malgré tout de vous en tenir à des salles importantes et de confiance.
On ne sait en effet jamais qui se cache derrière des sites moins connus.


2- Il n’y a que des perdants au poker

C’est naturellement faux.
Cependant il est vrai qu’il y a beaucoup plus de perdants que de gagnants. On estime à 5 à 10% le nombre de joueurs gagnants. Et ils sont naturellement peu nombreux à gagner des sommes extravagantes, ou même à simple titre professionnel.

En clair, un petit nombre de joueurs se partagent le plus gros du gâteau, la richesse, et les autres perdent de l’argent (ou finissent à jeu, ni gagnant ni perdant).

Oui, finalement le poker est bien un peu à l’image de la société.


3- Le poker c’est que de la chance (ou presque)

Affaire de points de vue. Ceux qui se trouvent trop malchanceux seront d’accord, ceux qui sont relativement épargnés par les mauvais coups ou même particulièrement en veine diront naturellement le contraire.

Sur une durée suffisamment longue, la chance est la même pour tout le monde. C’est statistique.
Néanmoins cet adage reste il est vrai à relativiser.
> La vérité au poker : certains sont vraiment malchanceux

Une chose est sûre : à l’inverse des casinos (où l’espérance de gains des joueurs est négative sur le long terme), au poker il n’en tient qu’à vous (ou presque) pour gagner.


4- On peut facilement gagner sa vie au poker

Joseph Cada
Le rêve des millions n'a jamais été plus mis en lumière que depuis la médiatisation des WSOP.

Oui et non. Oui parce que si vous êtes vraiment compétent techniquement, il n’y a pas de raisons pour que vous ne puissiez pas faire aussi bien que les joueurs qui gagnent suffisamment d’argent pour en vivre et même plus.

Non car justement ce n’est pas si facile. Comme on l’entend si souvent, le Hold’em ne demande que 5 minutes pour être appris, mais toute une vie pour être maîtrisé.
Et même les grands champions continuent d’apprendre chaque jour.

Connaître les statistiques et les techniques conventionnelles n’est pas le plus dur. C’est au moment de savoir s’adapter et agir en fonction de la situation et des adversaires que les choses se compliquent légèrement, et que les vrais bons joueurs font la différence.


5- Il faut sous-jouer avec un gros jeu pour piéger ses adversaires

Bien qu’il s’agisse d’une tactique parfois intéressante, c’est aussi une « erreur » courante de débutant.

Evidemment tout dépend de la situation. Mais en règle générale, en sous-jouant vous perdez de l’argent, car vous ne rentabilisez pas votre main.
Quand vous avez un gros jeu, sauf en certains cas donc, il vaut mieux miser.

Notez d’ailleurs que moins vous misez, moins le pot grossit, et plus il est difficile de gagner gros à la fin du coup, notamment après la river.


6- Le plus important ce n’est pas les cartes

La salle de poker en ligne Winamax en a fait son slogan.

pub winamax
"Le plus important ce ne sont pas les cartes, c'est ce que vous en faites."
Evidemment, sans bonnes cartes ou sans jamais trouver vos flops, il sera difficile de parvenir au bout d’un tournoi, même si vous êtes un excellent joueur.

Cependant elles gardent au final une importance toute relative, et un joueur qui ne joue que selon son jeu n’ira jamais bien loin. Jouer le joueur, ses adversaires, est beaucoup plus profitable.

Certains l’ont mieux compris que d’autres. Et d’autres ont même déjà fait très fort à ce sujet.
On se souvient par exemple de la jeune prodige norvégienne Annette Obrestad, qui était parvenue à remporter un tournoi en ligne sans regarder une seule fois ses cartes...


7- Les joueurs de poker se la pètent

Comme dirait un certain Perceval, « c’est pas faux ».

Le joueur de poker porte en lui une certaine forme d’orgueil, d’autant plus exacerbée au fur et à mesure qu’il en connaît davantage sur le jeu, qu’il est en mesure de parler avec plein de termes techniques, et qu’il gagne beaucoup d’argent.

Phil Hellmuth
Tous les joueurs ne se la racontent malheureusement pas au 2ème degré comme Phil Hellmuth.
Si vous y ajoutez la starification, on se retrouve dans le même schéma que pour n’importe quel autre sport ou art médiatique : des champions imbus d’eux-mêmes et narcissiques, contrastant avec d’autres au contraire très modestes, réalistes et accessibles...

Encore une fois le poker n’est ni plus ni moins que le reflet de la société.

Internet a malgré tout entraîné un certain effet pervers, avec de nombreuses conversations et discussions techniques au langage abscons, à base d’anglicismes et d’abrégés ressemblant à du martien pour le néophyte. Au point que cela en devienne parfois caricatural.

Et pourtant, le poker ne reste qu’un jeu de cartes... Et ça, beaucoup l’oublient trop souvent.


8- On se fait vite incendier si on est débutant

Le corollaire du point précédent.

C’est assez vrai online, où les les débutants et mauvais joueurs sont la hantise des bons. Les premiers n’ont en effet pas les "codes", et jouent parfois (souvent ?) n’importe comment. Suffisamment pour que les "bons" joueurs perdent leurs repères, et se prennent des mauvais coups "injustes" en retour.

fucat
Au poker, l'incivilité touche souvent les chats...

Lorsque l’on se prend un bad beat de la part d’un mauvais joueur, le premier réflexe est toujours d’être énervé, et de lui en vouloir.

Cependant un vrai bon joueur acceptera la situation tout en restant cordial, pour tout un tas de raisons :

- Le joueur de poker sait que la malchance fait partie du jeu, et qu’il faut l’accepter.
- Le bon joueur de poker préférera encourager le mauvais joueur plutôt que de l’instruire sur le fait qu’il ait mal joué.
- Le bon joueur sait que le poker est un jeu qui se calcule sur le long terme, et non sur un coup. Si le bon joueur perd alors qu’il était favori à 80%, il s’efforcera de rester satisfait de son jeu car il aura pris la bonne décision.
- Le bon joueur sait qu’il est mauvais pour son jeu de s’énerver (le fameux "tilt").
- Enfin le bon joueur de poker doit aussi savoir rester gentleman.

Sur Internet, bien au chaud dans l’anonymat de derrière son écran, vous retrouverez logiquement plus de comportements irrespectueux, notamment sur les chat des salles de poker.

Sachez quand même que des modérateurs sont normalement là pour veiller au grain en cas d’abus, et que vous pouvez même les contacter.
S’il existe une étiquette en live ou dans les casinos, on ne peut pas non plus faire tout ce que l’on veut sur Internet.

Et si ça peut vous consoler, même les bons joueurs se font parfois traiter de "donk" (âne) lorsqu’ils infligent un vilain coup après avoir mal joué.

 

9- Le poker c’est une affaire de mecs

Les préjugés ont la vie dure, surtout ceux concernant les hommes et les femmes.

liv boeree
Au poker aussi les filles sont loin de compter pour des prunes, n'est-ce pas Liv Boeree ?

Bon, il ne faut pas le nier, on retrouve beaucoup plus d’hommes qui jouent au poker que de femmes.
La raison est notamment historique, puisque les jeux de cartes ont longtemps été une affaire d’hommes au siècle dernier. Et hormis quelques joueuses émérites que l’histoire ne mentionne pas, l’imagerie des saloons et arrière-salles s’en est toujours limitée qu’aux mâles à chapeaux de cow-boys ou au colt à la ceinture. Un milieu viril où il ne valait mieux pas traîner ses guêtres.

Les temps ont heureusement changé. Et depuis le boom du poker en 2005, les femmes ont été de plus en plus nombreuses à se prendre au jeu.

Certaines d’entre elles sont même devenues de véritables stars, reconnues, craintes et respectées : on pense par exemple à Jennifer Harman, Kathy Liebert, Isabelle Mercier (fut un temps), Annette Obrestad, Vanessa Rousso, ..., pour n’en citer que quelques-unes.
Et même si certaines autres ont aussi les grosses faveurs des photographes en raison de leur joli minois.

Sandra Naujoks qui remporte l’EPT de Dortmund sur ses terres, l’Anglaise Liv Boeree qui gagne l’EPT de San Remo en 2010... Même si elles ont aussi leurs « Ladies Events », les filles qui dominent un parterre majoritairement composé d’hommes dans les épreuves mixtes n’est en tout cas aujourd’hui ni choquant ni surprenant.

Lors du dernier Main Event des World Series of Poker 2011 à 10.000$ de droit d’entrée, elles étaient 3,5% des 6865 participants, soit 242.
Le meilleur résultat à ce jour y a été réalisé par Barbara Enright en 1995 (5ème).

 

10- Aller jouer au casino c’est snob et il faut être sur son 31

P1010554
Aujourd'hui la mode est plutôt au "laisser-aller"...

Ce n’est plus vrai pour la plupart des casinos.

Evidemment, la majorité des casinos demandent une tenue un minimum correcte. Si vous arrivez en baggy troué, tee-shirt sale et casquette à l’envers, il est possible qu’on vous demande de revenir avec un habillement un peu plus décent.

Mais encore, ce n’est même pas sûr.
Aujourd’hui les casinos préfèrent en effet attirer une clientèle large et plus nombreuse, plutôt que de n’ouvrir leurs portes qu’aux joueurs vêtus de smoking à la James Bond.

Si vous voulez être vraiment sûr, n’hésitez pas à téléphoner au casino avant de vous y rendre.

Ou sinon, encore plus simple... jouez au poker en ligne ! Vous n’aurez pas tout cet environnement inégalable d’un casino, mais au moins personne ne vous dira rien sur le fait que vous êtes encore en pyjama.

 

 

Derniers Blog Posts »