2009 WSOP : A l'épreuve de la récession?

Deathmatch at the Rio
Combien d'argent y aura-t-il sur la table cette année?

Les Etats-Unis ont beau être au centre d'un dramatique ralentissement économique, les experts ne sont pas encore prêts de prédire le jour du Jugement Dernier pour les World Series of Poker.

En février, le commissaire des WSOP Jeffrey Pollack dit à PokerListings qu'il pensait que l'économie et son impact sur le monde du poker seraient la plus grosse actualité de ces Series.

Las Vegas titube, ce n'est pas un secret. Les opérateurs de casinos ont vu la valeur de leurs actions en chute libre, et les hôtels ont été contraints d'opérer de grosses saignées sur le prix de leurs chambres, et de se montrer incitatifs pour attirer les visiteurs.
Mais pour de nombreux experts cependant, la souffrance de l'industrie des casinos ne signale pas nécessairement les mêmes perspectives négatives aux tables de poker.

« Le poker est fondamentalement différent du reste de l'industrie du jeu » rassure Andrew M. Woods, Directeur Exécutif de la Global Poker Strategic Thinking Society (www.GPSTS.org), et ancien enseignant en économie au Harvard College.
« Le poker est un jeu de compétences. Vous jouez contre vos pairs et pas contre la maison, ce qui change la donne sur qui participe, et pourquoi. (...) Les gens ne vont pas jouer au poker avec tout leur salaire et l'intention de frapper un grand coup, comme ils le font avec les machines à sous ou d'autres jeux de casino. Ce n'est pas un panier percé où vous balancez 20$ au petit bonheur la chance. La plupart des gens jouent parce qu'ils pensent avoir une espérance positive. »

Daniel Schwartz, directeur du "Centre pour la Recherche du Jeu" à l'Université du Nevada à Las Vegas, acquiesce.
« Etant donné que le poker n'est pas qu'un jeu de chance pure lestée à l'avantage de la maison, il s'agit moins d'un divertissement à revenu arbitraire. A partir du moment où vous êtes bon et que personne ne le sait en face, vous pouvez récolter une espérance positive. Certaines personnes pourraient en fait intensifier leur jeu de poker. »

Et quand il s'agit de comment les World Series eux-mêmes vont s'en tirer, les experts livrent des prévisions variées.
Le Directeur Média des WSOP et historien du poker Nolan Dalla, se veut faire montre d'optimisme. « Je ne voudrais pas avoir l'air de passer pour une pom-pom girl, mais je pense que les WSOP sont un si gros rendez-vous pour tant de gens, que l'impact de la crise économique sera minimale, au moins cette année. »

Dans le même temps, l'ancien membre du bureau de la World Poker Association et juriste à Washington Ken Adams avance que le Main Event à 10 000 $ en particulier va continuer de prospérer.
« Je ne m'attends pas à ce que la taille du field décline pour le Main Event, d'autant que le nombre de sièges remportés sur Internet a très peu de chance de le faire un jour prochain. (...) Ces dernières années, ce ne sont pas moins de 75% des sièges du Main Event qui ont été occupés par des qualifiés de satellites et d'Internet. L'une des conséquences a été une internationalisation accrue et un rajeunissement du parterre des joueurs, sachant qu'Internet attire les jeunes joueurs de partout dans le monde. »

Woods est sur la même longueur d'ondes.
« L'explosion d'Internet a contribué à apporter un solide noyau de consommateurs. De nos jours, le niveau de l'enseignement au poker est tellement haut, que les gens ne voient pas les WSOP comme une loterie, plutôt comme le PGA. »

Dalla pointe aussi du doigt cette augmentation de la diversification du parterre des WSOP, la voyant comme la raison majeure pour laquelle il pense que les Series vont continuer de prospérer, et prenant à nouveau les jeunes joueurs internationaux en exemple.
« Tout groupe démographique de joueurs affecté par des problèmes est souvent compensé par d'autres groupes de gens qui par leur arrivée  accroissent tout de même le nombre en fin de compte.
Je pense que beaucoup de joueurs qui ont grandi en regardant le poker à la télévision vont atteindre leur majorité (21 ans aux Etats-Unis NDLR) et prétendront aux WSOP pour la première fois. Cette donne orientée jeunesse est ainsi favorable aux WSOP, à la fois sur le long terme et le court terme. »

Si les chiffres des WSOP déclinent en 2009, les quatre experts sont d'accord pour dire que la santé globale des Series ne devrait pas être remise en question.
« Mon intuition la plus profonde est qu'il y aura une très faible baisse en nombre, bien que ce ne soit pas vraiment mon champ d'expertise, prédit Scwhartz, mais Harrah's et Jeffrey Pollack ont fait un super boulot dans le développement de la marque, et je pense que leur travail contrecarrera tout souci de ce genre que les WSOP pourraient rencontrer. »

« Naturellement il y aura des périodes de stagnation et de déclin » dit Dalla. « Rien ne peut progresser de 50% par an comme nous l'avons fait entre 2003 et 2008. Mais au vu d'autres formes de divertissement et d'amusement, notamment dans le jeu, les WSOP (et le poker en général) semblent se débrouiller plutôt bien. »

 

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