5 raisons qui feront de la Global Poker League un succès (ou un échec)

Griffin Benger et Sam Grafton
Griffin Benger et Sam Grafton.

La Global Poker League (GPL) a beau être toute jeune, elle a déjà changé le monde du poker. Pas forcément en mieux, ni en moins bien pour le moment.

Ce n’est pas ça. Mais c’est tout ce que je peux voir quand je me penche sur le poker aujourd’hui.

On ne parle que de cela dans les médias poker. Et il est déjà difficile d’imaginer cette compétition disparaître.

Alors quels sont les facteurs clés qui feront qu’Alex Dreyfus et son équipe parviendront à faire de la GPL un véritable succès ?

Et quels sont ceux qui pourraient représenter des obstacles ?

1. La webcam

Lorsque Dreyfus a suggéré aux capitaines d’équipe de la GPL que des webcams pourraient être utilisée lors des heads-up, ils étaient plutôt pour, à une condition : les adversaires devaient pouvoir interagir.

Cates vs Elky GPL
Les webcams ont déjà apporté un gros changement.

Heureusement, il a réussi à les convaincre d’abandonner cette idée. L’Histoire est en marche.

Jamais auparavant les heads-up n’ont montré les cartes des deux joueurs tout en les entendant décrire leur cheminement intellectuel.

« Je voulais que le public puisse entrer dans leur tête », explique Dreyfus. Et c’est réussi.

Regardez le heads-up entre Daniel "Jungleman" Cates et Bertrand "ElkY" Grospellier, puis regardez-le à nouveau sans le son, mais avec quelques post-it sur votre écran. C’est moins fun, non ?

Le revers de la médaille : Le Six-max

Le poker en ligne peut être ennuyeux à regarder. D’où l’idée d’introduire des webcams.

Mais durant les premières semaines, les parties de six-max ont été d’un calme plat. Évidemment, nous n’en sommes qu’aux débuts et les choses vont devenir plus passionnantes, notamment avec le début des play-offs. Mais il faut changer quelque chose.

2. Les personnages

Lorsque les créateurs de l'émission américaine Late Night Poker ont imaginé leur concept, ils n’avaient pas prévu de commentateurs. L’idée était que les joueurs aient des micros.

Daniel Cates
L'un des rares joueurs à pouvoir rendre un baillement intéressant.

Mais dans la réalité, l’idée n’a pas fonctionné. Les joueurs se sont figés et n’ont pas dit un mot. Les producteurs se sont rendu compte que leur idée ne fonctionnerait pas.

Comment imaginer que regarder bailler Daniel « Jungleman » Cates serait amusant ? C’est Jungleman. Même lorsqu’il n’essaye pas de divertir, il le fait.

Et c’est précisément pour ça qu’il est si efficace. Essayer d’être divertissant ne fonctionne pas.

Les gens qui ont ce genre de talent naturellement sont essentiels pour que cela fonctionne. La présence d’Aaron Paul dans l'équipe des LA Sunset est une superbe idée.

Faire signer une star en pleine gloire pourrait être un tournant. Il y a énormément de liens entre les meilleurs joueurs de poker et les stars ; Aaron Paul a montré la voie.

Le revers de la médaille : Les stars peuvent être ennuyeuses

Souvenons-nons du premier épisode de Late Night Poker. Les joueurs se sont figés. Ça n’a pas fonctionné.

Mais aujourd’hui, les joueurs ont l’habitude d’être sous les feux des projecteurs. Ils sont tous passés à la télé ou ont un stream Twitch. Ils ne vont pas flipper. Mais les stars d’aujourd’hui peuvent être ennuyeuses.

Penchons-nous sur le match le plus connu de la GPL jusque là : Jungleman vs ElkY. Qui parle d’ElkY aujourd’hui ?

Caché derrière ses lunettes. Le contraste entre Jungleman et lui était sublime. Mais le Français n’est pas un amuseur.

« So sick. »

Ça ne va pas suffire. ElkY avait sa poker face. Il ne pensait qu’à la victoire. Alors espérons que les joueurs se lâchent un peu et soient plus comme Jungleman.

3. Une ambition d’entrepreneur

Les réseaux sociaux peuvent être des alliés autant que des ennemis. La pression est forte pour que les choses soient parfaites dès le début.

Alex Dreyfus
Un homme d'action.

Je salue la GPL d’avoir pris le risque de se lancer sans filet. Le Français Alex Dreyfus sait qu’il a besoin de prendre des initiatives pour avancer.

Il aime les défis. Ils ne lui font pas peur. Et c’est ce côté casse-cou qui fait que la communauté poker peut tomber sous le charme de la GPL.

La Global Poker League fonctionnera parce qu’Alex Dreyfus a eu le courage de se lancer.

Le revers de la médaille : La patience

Tout le monde ne comprend pas ce que cela signifie d’être un entrepreneur. Il sera difficile pour certains de s’identifier à l’audace de Dreyfus.

Les gens doivent apprendre à être patients. Tous n’y arriveront pas. Il y aura peut-être parfois deux flops. Les webcams auront des problèmes.

Certaines séquences seront si lentes que Sam Grafton ressemblera à Timothy Mallett sous valium.

Si les gens n’ont pas la patience pour comprendre la vision de Dreyfus, cela pourrait poser problème.

4. Le rythme

Les parties sont très rythmées. Elles vont très vite et les spectateurs restent focalisés sur le jeu.

Après deux semaines, le temps moyen passé à regarder la GPL était de 40 minutes. Selon moi, c’est principalement dû à la rapidité des parties.

Tom Marchese
4 minutes de réflexion et un tapis priceless.

Cela étant dit, je pense que les chronomètres sont assez généreux.

Il s’agit d’une situation à double tranchant, puisque la majorité des situations les plus intenses ont eu lieu lorsque des joueurs sont allés à fond dans le tanking (comment oublier les 4 minutes de réflexion de Tom Marchese qui ont fait se coucher Anthony Zinno).

Mais je voudrais aussi que la pression soit un peu plus forte, notamment en heads-up.

Le revers de la médaille : La longueur

Le programme est chargé et je me demande combien de personnes peuvent « digérer » autant de contenu. J’aimerais aussi que les résultats ne soient pas affichés lors des rediffusions pour garder le suspense.

J’ai aussi l’impression que le professionnalisme de l’équipe diminue au fur et à mesure que la nuit avance. L'autre nuit, Benger et Grafton avaient l’air de tomber de sommeil.

S’ils s’endorment, imaginez les spectateurs.

5. L’équipe

La première fois que j’ai suivi le Day 1 de la GPL, j’ai tout de suite compris que c’est sur Griffin Berger et Sam Grafton que reposera le succès ou l’échec de la GPL. 

Une sacrée responsabilité pour deux commentateurs débutants.

Heureusement, Dreyfus les a bien choisis. Ils s’entendent bien, c’est un bon mélange d’humour et de connaissances. Ils sont aussi assez intelligents pour laisser Jungleman (et Galfond et Mercier) commenter à leur place, grande marque de classe.

Eric Danis Laura et Cornelius
Une excellente équipe mais qui pourrait se faire aider.

Je trouve aussi que Laura Cornelius fait du très bon boulot... quand il y a un script. Elle a l’air très professionnelle, elle aurait tout à fait sa place sur Sky Sports.

J’aime aussi ce que fait Eric Danis. Il me fait penser à un geek fou de statistiques qui vit dans sa cave sans voir la lumière du jour.

Le revers de la médaille : le burn-out

Je pense qu’il y a quelques ajustements à faire pour améliorer les choses. Sky Sports n’a pas qu’une seule équipe de commentateurs. Elle en a plein. Cela permet une couverture toujours fraîche, d’autant que la chaîne tourne 24 h/24.

La GPL n’est pas continue, mais les journées sont longues. Benger et Grafton ont besoin d’assistance. Pour les garder en forme. Je sais que les coûts doivent rester bas, mais il serait bon d’avoir une ou deux équipes suppléantes.

Cornelius est au top lorsqu’il y a un script, mais elle a du mal en phase d’improvisation. Je crois que Jesse May serait le lien parfait entre les commentateurs et le divan.

Cornelius pourrait être présentatrice, aux côtés de Kara Scott ou de Sarah Herring, avec May pour faire le lien. Il sait parfaitement improviser.

Et j’ai presque oublié : Danis a besoin d’aide. Vite. Il a souvent l’air endormi sur le divan. Il a besoin d’invités régulièrement.

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