Gardez le contrôle : Les 5 Tells physiques et tells verbaux à éviter à la table de poker

Tells physiques poker
Ne pas laisser transparaître ses émotions est plus facile à dire qu'à faire.

Le poker demande souvent de rester de marbre et de conserver la "poker face", mais le corps est parfois difficile à contrôler. Voici les 5 tells à éviter, ainsi que des exemples de tells verbaux en grand tournoi et des astuces et conseils pour réduire vos propres tells.

Au poker live, vous allez rencontrer des situations de jeu qui demandent de rester de marbre, et bien sûr de garder une fameuse "poker face". Cela semble facile mais...

Les joueurs débutants peuvent penser que les tells (ces signes du langage du corps qui trahissent), ne surviennent que lorsque quelqu'un tente un bluff digne d'un western et que tous les jetons sont en jeu.

Cela se montre en partie vrai : un joueur de poker habitué au live vous dira que parfois il est complètement difficile de garder votre posture et votre flegme quand vous priez pour que l'autre joueur vous paie alors que vous avez le jeu max, ou qu'il jette ses cartes face à votre bluff.

Mais ce qu'il faut savoir, c'est que quelle que soit la force de votre main, votre corps envoie des réponses automatiques et autonomes dans des situations de grand stress. Et en dépit de vos plus grands efforts, il peut ainsi être difficile de les contrôler.

Le corps et l'esprit réagissent parfois de manière mystérieuse...

Nous voulons ainsi vous aider à travailler sur cette partie de votre jeu, en abordant les 5 tells physiques ou mouvements du corps les plus difficiles à contrôler lorsqu'un adversaire essaie de vous lire.

Nous irons ensuite au devant de quelques exemples de tells verbaux observés durant les WSOP, puis l'expert Zachary Elwood nous parlera des tells avant le flop. Enfin nous conclurons ce dossier par des conseils et astuces pour réduire vos propres tells.

5) Les doigts tremblants ou nerveux

Si votre adversaire vous demande combien de jetons vous avez derrière vous, et que vous commenciez à compter, le haut niveau de stress et l'afflux de sang accru peut vous faire trembler.

Une main attrapant des jetons de poker.
Une main qui tremble peut parfois dire tout et son contraire.

Il y a peu de choses qui puissent être faites pour éviter ça, à part vous entraîner à diminuer votre rythme cardiaque et votre fréquence de respiration (en respirant plus profondément par exemple), lorsque vous sentez le stress s'installer.

Si vous respirez plus profondément, essayez de le faire en toute circonstance de face à face, pour ne pas que vos adversaires assimilent cela à de la faiblesse ou de la force de votre part à chaque fois.

Pour vous aider vous pouvez bien sûr pratiquer du sport, de la méditation, ou éventuellement prendre certains compléments alimentaires anti-stress (telles que des plantes), en évitant en revanche les drogues et médicaments !

Attention : chez certains joueurs les mains qui tremblent trahissent au contraire de la force. D'autres tremblent naturellement. Ne vous laissez pas piéger.

4) Le sourire par inadvertance

Lorsque vous faites un bluff ou semi-bluff, cela peut-être difficile de contrôler les coins de votre bouche ou de vos yeux. Or le moindre petit mouvement peut aider votre adversaire à glaner un petit peu d'information supplémentaire sur ce que vous pouvez avoir en mains. Et un gros coup peut avoir une incidence énorme sur une partie.

Si cela vous arriver, la meilleure solution est d'agir comme si vous aviez voulu faire ce signe, et faire à votre adversaire votre plus beau sourire façon Ronald McDonald. Il est trop tard pour battre en retraite.

3) La voix chancelante

Assurez-vous d'en dire le moins possible, et si possible même de ne pas parler du tout. Gardez la bouche fermée.

Si vous essayez de masquer un bluff, un ou deux mots qu'il ne faut pas ou des changements dans l'inflexion de votre voix peuvent donner un gros indice à un bon joueur.
A l'inverse, si vous essayer de faire payer votre adversaire, parfois trop parler peut révéler votre confiance.

Voitto Rintala, un joueur de poker effrayant.
Un regard glaçant n'est souvent que de l'intimidation.

En général il est meilleur de rester silencieux, laissant le plus possible l'autre joueur dans le flou sur ce que vous pensez ou plus important comment vous vous sentez.

2) Le regard fuyant

Pour les joueurs qui ne porteront pas de lunettes de soleil, il est clair que même si vous parvenez à garder votre visage et corps impassibles, vos yeux peuvent toujours s'agiter.

Selon quel type de joueur vous êtes, si vous essayez de pousser un joueur à se coucher en le fixant intensément, cela peut en fait avoir l'effet inverse.
Aussi qu'une grosse main ou un bluff se cache derrière votre mise, vous devriez conserver votre regard calme et stationnaire.

Notez que le contact des regards peut d'ailleurs entraîner le "sourire en coin" (par inadvertance) dont nous avons parlé un peu plus haut.

1) Déglutir / avaler sa salive

Même s'il s'agit juste de votre sit-and-go hebdomadaire à 5$, la tension peut toujours vous faire sentir que votre corps entier suffoque, comme si un énorme boa constrictor était en train de l'étouffer.

Lorsque la bataille psychologique s'engage en un-contre-un, soudainement vous pouvez aussi sentir comme si vous étiez perdu dans le Sahara sans eau depuis trois jours.

Et du coup elle arrive : la déglutition. Espérez juste que personne ne l'a remarquée.

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7 Tells verbaux issus de l'histoire des WSOP

Daniel Negreanu essaie de lire des tells

Grâce à son mélange éclectique de joueurs de poker amateurs et de pros et vétérans confirmés, les WSOP ont souvent été le théâtre de certains des plus gros bluffs et des tells les plus évidents de l'histoire du poker.

Zachary Elwood, auteur du livre à succès Reading Poker Tells ("lire les tells du poker"), travaille depuis un an sur un nouveau livre appelé Verbal Poker Tells (les tells de poker verbaux).

Le livre présente de nombreuses mains issues d'émissions télévisées telles que les WSOP sur ESPN, Poker After Dark, et les High Stakes Poker. Vous pouvez retrouver cet ouvrage (en anglais) sur Amazon.

Juste à temps pour les WSOP 2014, Elwood a bien voulu partager avec nous certains des comportements verbaux les plus intéressants dont il a pu être le témoin au cours de précédentes éditions des World Series of Poker.

par Zachary Elwood


Main Event des WSOP 2010 : Scott Nguyen dupe Edward Ochana

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Scotty Nguyen : "yes baby !"

Un flop à 4 joueurs, où tout le monde checke. A la turn, le tableau affiche A 7 4 9. Un joueur mise, Edward Ochana relance, Scotty Nguyen sur-relance, et tout le monde se couche sauf Ochana.

Ochana demande alors à Scotty : "Qu'est-ce que tu as ? Une paire de 9 Scotty ?"

Scotty répond : "Non."

Ochana : "Tu n'as pas de brelan d'as."

Scotty : "Non."

Résultat : Ochana pousse son tapis avec A 4, et Scotty paye, avec 7 7 et le brelan floppé.

Les déclarations de Scotty éliminent plusieurs mains fortes de son éventail. J'appelle toute parole ou réponse qui affaiblit l'éventail de mains de quelqu'un qui parle, des déclarations de main faible. Il est très improbable de voir les bluffeurs affaiblir leur propre éventail de mains. Même des joueurs expérimentés comme Nguyen, ne voudront très probablement pas affaiblir leur éventail quand ils bluffent.

Autre chose d'intéressant : les joueurs expriment parfois des préoccupations à propos de mains qui sont légèrement plus fortes que leurs propres mains. Lorsque Ochana le fait à propos de brelans supérieurs, cela rend probable le fait qu'il ait lui-même un brelan (bas), ou deux paires.

(Notez que parler de votre propre main même en ces termes évasifs n'est techniquement pas autorisé selon les règles des WSOP. Mais étant donné que les règles à propos des discussions dans des mains qui durent sont ambiguës, ouvertes à l'interprétation, et inégalement appliquées, vous en entendrez toujours parfois de telles).

Main Event des WSOP 2005 : Steve Dannenmann ne peut pas cacher un Brelan de 9

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Steve Dannennmann

Joe Hachem relance pré-flop à 160 000 avec A K. Steve Dannenmann suit.

Le flop : T 9 5.

Hachem checke ce flop, et Dannenmann mise 150 000. Hachem relance alors à 1 million, et Dannenmann pousse son tapis pour 3,75 millions de plus. Il regarde alors Hachem qui réfléchit.

Hachem dit : "Tu me dévisages comme si tu n'avais rien."

Dannenmann répond : "Tout ce qui arrive maintenant est du bonus pour moi, mon pote."

Hachem : "Pardon ?"

Dannenmann : "Tout ça maintenant c'est du bonus pour moi. J'ai passé le premier jour."

Hachem : "All-in, hein ?"

Dannenmann (haussant les épaules) : "Hé, je ne fais que m'amuser."

Résultat : Hachem se couche. Dannenmann avait 9 9, pour le brelan.

Les déclarations de Dannenmann sont erronnées : des déclarations ayant pour but de distraire l'attention de la véritable explication. En disant "tout le reste n'est que du bonus à partir de maintenant" et "je m'amuse juste", Dannenmann sous-entend qu'il ne s'en fait pas d'être éliminé parce qu'il est juste content d'être arrivé si loin dans le tournoi. Ces déclarations impliquent que sa relance n'a pas été faite parce qu'il avait une grosse main, mais parce qu'il se moque de son sort.

Egalement, ses déclarations affaiblissent indirectement son éventail de mains : cela rend improbable le fait qu'il soit en effet faible.

Main Event des WSOP 2008 : Ray Romano se fait avoir

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Ray Romano

Sur un tableau à la river A T 3 2 Q, Jason Young est le premier à agir. Son adversaire est Ray Romano, l'acteur.

Young effectue une très petite mise de 1200 dans un pot de 7700. Alors qu'il mise, il dit à Romano : "La même mise, j'aime bien être assis à côté de toi."

La "même mise" fait référence au fait qu'il ait misé le même montant au flop, à la turn et à la river. La seconde partie de sa déclaration implique qu'il fait une telle petite mise parce qu'il aime être au côté de Romano, et qu'il ne veut pas l'éliminer du tournoi.

Résultat : Romano suit avec T 4. Young avait A 9 pour la top paire, kicker intermédiaire.

La déclaration de Young est une tromperie : il tente de justifier sa très faible mise. Le but de la déclaration de Young est défensif, et pour contrôler le pot, comme sa mise : il ne veut pas checker, ni avoir affaire à une grosse mise de Romano.

Main Event des WSOP 2010 : Harrington lit Shulman

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Dan Harrington

5 joueurs voient un flop 9 8 4. Un joueur en fin de parole mise 2000. Dan Harrington suit. Jeff Shulman relance à 7000. Les autres joueurs se couchent et Harrington est le seul autre joueur à rester. Il envisage une relance.

Harrington (essayant de deviner la main de Shulman) : "Valet-Dix de trèfles ?"

Shulman (pause) : "Toi ?" en souriant largement.

Harrington sourit également. "C'est ce que tu ferais avec... ou une paire de 4."

Shulman : "Et une paire de 9 ?"

Harrington : "Je pense qu'il avait un 9" (en parlant du joueur qui s'est couché).

Shulman : "Les as ? Limpés Under the Gun ?"

Harrington : "Non, pas... [on entend pas ce qu'il dit ensuite]. Tu ne l'aurais pas joué de cette manière. Je devrais me coucher."

Résultat : Harrington couche son A 8. Shulman avait 4 4 pour le brelan.

Lorsqu'un joueur est enclin à discuter de son propre éventail de mains, cela rend probable le fait qu'il soit détendu. Les joueurs qui misent avec des mains faibles n'ont pas l'intention de conduire un adversaire à cerner des mains possibles, pouvant conduire à un call. Visiblement Shulman était ok à l'idée de parler de son éventail de mains possible, autant dire qu'il était plutôt relax.

Main Event des WSOP 2009 : George Costanza est faible

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Jason Alexander

Jason Alexander (interprète du célèbre George Costanza dans la série Seinfeld) limpe Under the gun. Un autre joueur relance. La grosse blinde call.

Alexander s'adresse immédiatement à la grosse blinde : "Tu suis ? Si tu suis, je suis." Et il paie.

Résultat : Alexander a 4 4.

L'action verbale immédiate d'Alexander lorsque l'action lui revient, rend improbable le fait qu'il ait limpé avec une main forte. S'il avait eu quelque sorte de main forte, telle que TT-AA, AK, ou AQ, il aurait plus probablement pris quelques moments pour réfléchir à sa décision, ou au moins été plus concentré.

Ce comportement correspond à un schéma général de joueurs avec des mains faibles, lorsque le pot est petit, étant plus bavards que des joueurs avec des mains fortes. Des joueurs avec des mains fortes auront tendance à être plus concentrés sur la situation et sur leurs adversaires : cela résulte donc plus souvent en des joueurs se montrants discrets ou silencieux. Les joueurs avec desm ains faibles n'ont pas la même motivation à la concentration, c'est pourquoi on peut souvent entendre des discussions tôt dans les mains de leur part.

Main Event des WSOP 2005 : Jennifer Harman sait

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Jennifer Harman

Sur un flop Q J T T, Cory Zeidman mise 1000 et Jennifer Harman relance à 3000.

Zeidman réfléchit un moment. S'il devait payer la relance, il lui resterait seulement 3000 derrière.

Zeidman : "Je pense que tu pourrais avoir as-roi en fait. J'espérais que ça ne soit pas ça. Maintenant j'espère autre chose. Hmmm, bon sang. Comment est-ce que je pourrais coucher cette main ? Je paye."

Résultat : Zeidman avait 9 8 pour la quinte floppée, et le tirage quinte flush à la turn.

Le fait de parler de son inquiétude à propos d'une quinte supérieure rend très probable le fait qu'il ait la quinte basse. Etant donné qu'il ne reste plus beaucoup d'action à venir, il est peu probable qu'il parle de la sorte comme s'il était complètement déçu. Il pense probablement qu'il ne reste plus assez d'action pour être inquiet à l'idée de révéler une information critique.

Zeidman toucha sa quinte flush à la river, battant le full d'Harman. Harman a misé et Zeidman a payé. Lorsque les cartes auront été dévoilées, Jennifer lança immédiatement "je savais que tu avais cette main."

En admettant que nous croyions qu'Harman ait en effet suspecté cette main exacte, les déclarations de Zeidman à la turn étaient indéniablement un gros facteur permettant à Harman de définir son éventail. Si elle suspectait qu'il avait une quinte, elle aurait également pu déduire de son "comment est-ce que je pourrais coucher cette main" que sa main en question avait en fait plus de potentiel qu'une simple quinte.

Main Event des WSOP 2008 : Tu me montres si je me couche ?

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Roberto Romanello

Sur un tableau à la river A K J T T, Roberto Romanello mise 1800 dans un pot de 1950.

Greg Geller relance à 6000, et le troisième joueur (en l'occurrence Mike Matusow) se couche.

Romanello réfléchit.

Geller dit : "Juste, ne me relance pas."

Romanello : "Tu me montre si je couche ?"

Geller : "Excuse-moi ?"

Romanello : "Tu me montre si je me couche ?"

Geller : "Non."

Romanello : "Pour une fois ?"

Geller (remuant la tête énergiquement) : "Non."

Après 25 secondes de plus, Geller dit finalement : "Ok, je te montrerai."

Résultats : Romanello avait J J et aura couché son full aux valets. Geller avait K K pour un meilleur full.

(Voir le coup en vidéo).

Il n'y a typiquement pas beaucoup d'information à être glanées des réponses aux questions "tu montreras si je jette ?". Mais les réponses négatives et dédaigneuses sont une exception : elles sont hautement corrélées à des mains fortes.

Ceci parce que les bluffeurs ne veulent pas être perçus comme rudes : ils ne veulent pas voir un adversaire payer par frustration ou irritation. Parce que la réponse immédiatement négative aux questions de Romanello peuvent être interprétées comme telles, il est probable qu'il ait une grosse main.

L'étrangeté de Geller changeant soudainement d'avis à propos de monter ses cartes ou non rend probable le fait qu'il soit détendu. Un comportement inhabituel sera en général lié à une décompression.

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Parler avant le Flop peut être un Tell énorme

Daniel Negreanu un redoutable lecteur de pensee
Ne laissez pas les requins lire dans votre jeu à cause de vos réactions.

Auteur de plusieurs livres (Reading poker tells, Verbal poker tells), Zachary Elwood est peu à peu devenu l'un des plus grands experts sur le sujet des tells.

Il a récemment publié une série de vidéos d'entraînement à propos des tells au poker, et a été suffisamment sympathique pour nous donner un aperçu d'une section en particulier, qui aborde le bavardage pré-flop, les rires et sourires, et ce qu'ils veulent parfois dire à la table de poker.


Cet article décrit un schéma de comportement général de la part de nombreux joueurs amateurs, et montre quelques clips tirés de mes cours en vidéo. Ces vidéos sont tirées de vraies parties de poker, durant les Windy City Poker Championships de Chicago, à la fois en cash games et en tournois.

Pré-flop, les joueurs avec des mains fortes ont généralement quelques raisons de se montrer le plus stoïque et silencieux possible. Ces raisons sont les suivantes :

tells au poker phil ivey
Une grosse main pousse les amateurs à tenter de ressembler à Phil Ivey.

Avec des mains fortes, les joueurs sont plus concentrés pour réfléchir à propos de la situation et de leurs adversaires. Ils veulent rentabiliser au plus leur main et réfléchissent à la meilleure façon de jouer la main (les joueurs avec des mains plus faibles n'ont pas la même motivation).

Avec des mains fortes, les joueurs n'aiment également pas attirer l'attention. Il y a un instinct qui semble passer inaperçu, et cela se traduit généralement en une attitude plus "normal", plus stoïque.
Similairement à la raison précédente, les joueurs avec de bonnes mains, lorsque le pot est petit, sont anxieux au sujet de faire grossir le pot. Ils ne veulent pas "gâcher" une bonne main en effrayant accidentellement un adversaire.

Pour toutes ces raisons, les comportements ostensibles tôt dans une main, comme le fait de parler, rire et sourire, seront commis généralement par des joueurs avec des mains plus faibles.

Saisir l'attitude spécifique d'un joueur - et remarquer qu'ils ont plus de chance d'agir de la sorte avec des mains plus faibles - peut vous aider de différentes façons. Vous pouvez décider de relancer un peu plus faiblement que d'habitude un adversaire, ou payer avec des mains plus légères que vous ne le feriez normalement.

Voici ci-dessous une vidéo (en anglais) montrant quelques exemples de ces types de comportements ostentatoires de la part de relanceurs pré-flop.

Comportement de Non-Agresseur

Ces types d'attitudes ostentatoires sont en fait encore plus valables lorsqu'elles sont remarquées chez des non-agresseurs avant le flop (c'est à dire des joueurs qui checkent ou qui suivent), que chez des agresseurs.

Quelles en sont les raisons ?

Des attitudes ostensibles chez des relanceurs pré-flop sont principalement seulement utiles pour rendre AA, KK, et peut-être QQ moins probables. La raison, c'est qu'avec la plupart des autres mains, même des mains fortes telles que JJ et AK, les joueurs sont assez ambivalents. C'est le flop qui définira principalement la force de leur main.

Cela veut dire que c'est en priorité avec AA et KK que ces joueurs n'agiraient pas de manière ostentatoire. Tandis que les joueurs qui doivent faire face à une relance avec des mains telles que JJ, TT, AK et AQ, vont généralement avoir une décision à prendre.

La plupart des joueurs avec ces mains vont penser quelque chose comme "devrais-je relancer ici ? Devrais-je juste payer ? Devrais-je peut-être me coucher ?"
Ils auront donc une décision à prendre, et ce cheminement de réflexion va les rendre plus silencieux et songeurs, et donc moins expansifs.

Pour ces raisons, les comportements de bavardages, rires et sourires sont plus utiles pour éliminer une plus grande variété de mains fortes (les rendant moins probables).

Par exemple, quand un joueur relance et qu'un autre joueur suit après lui assez rapidement en murmurant quelque chose et en souriant, il devient peu probable que ce deuxième joueur possède des mains comme TT+, AK et AQ. Avec ces mains, il est probable qu'il serait plus pensif à propos de la situation, et par conséquent plus stoïque, même s'il a décidé de juste payer.

Regardons donc quelques séquences ci-dessous, toujours issues de ma série de vidéos, montrant quelques exemples de bavardages, rires et sourires de la part de non-agresseurs de début de parole.
Ces concepts de début de parole s'appliquent également au flop, j'ai ainsi également inclus quelques situations au flop.

Quelques Avertissements

Un dernier avertissement à propos de ces comportements : il s'agit juste de schémas de comportement généraux. Bien qu'ils soient généralement vrais pour beaucoup de joueurs, ils se retrouveront essentiellement pratiques lorsque vous remarquerez que c'est effectivement la vérité pour des joueurs spécifiques. En d'autres mots, vous devriez avoir une bonne raison pour croire en ces schémas pour des joueurs en particulier, avant de prendre une grosse décision contre eux.

Et comme avec la plupart des informations liées aux tells, ces schémas s'avèreront vrais principalement chez les joueurs les plus amateurs et les plus inexpérimentés. Plus un joueur est expérimenté, et plus il est probable qu'il soit plus équilibré (qu'il affiche ces comportements à la fois avec des mains fortes et des mains faibles), ou piégeux (agissant volontairement à l'inverse de ce que la logique voudrait).


Pour plus de vidéos : http://www.readingpokertells.video

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Comment réduire et masquer vos propres Tells au poker ?

phil laak et sa capuche pour masquer ses tells
Réduisez vos tells... ou cachez-vous !

Dans l'optique de réduire vos propres "tells", vous devez vous concentrer à rester constant dans toutes les actions que vous faites à la table.

Chaque décision et son action associée sont scrutées et analysées par les autres joueurs de la table. La manière dont vous agissez, à la fois intentionnellement et non-intentionnellement, peuvent être des indices laissant aller à tous vents ce que vous cherchez à cacher.

Où vous regardez, ce que vous dites, comment vous respirez, comment vous bougez, envers qui et comment vous réagissez, et de nombreux autres facteurs mineurs apparents, peuvent vous trahir.

Il est quasi impossible de devenir une vraie statue, et de ne réagir en aucune façon à des situations favorables ou induisant de l'anxiété. Le mieux que vous pouvez faire est de rendre toutes vos actions et réactions constantes, identiques, quelle que soit la manière dont vous vous sentiez au regard de l'événement.

5 Conseils pour ne plus donner d'indice

• A chaque fois que vous lisez un flop, cela devrait vous prendre à peu près la même durée.

• Lorsque vous regardez vos cartes, mémorisez-les. Vous ne devriez jamais avoir à les regarder à nouveau durant le jeu.

• Certains joueurs ressentent le besoin de porter les lunettes de soleil et/ou un chapeau à la table pour se cacher et se prémunir d'être observé. Si vous éprouvez cela, alors allez-y. Vous devriez cependant savoir que vous équiper de la sorte dans des parties à faibles enjeux, risque de vous faire moquer de vous.
Si c'est ce dont vous avez besoin pour gagner, à la limite vous pouvez vous en moquer. Leurs gloussements cesseront une fois que vous aurez leur argent.

Gold Allows Himself a Smile
Jamie Gold donne trop d'informations lorsqu'il parle
 

• Les amateurs vont faire l'erreur d'"annoncer" leurs mains selon leurs montants de relances. Lorsque vous relancez, vous devriez soit standardiser et toujours le faire du même montant, soit vous pouvez avoir envie de ne pas avoir de relance standard et de trouver quelque moyen de rendre leurs montants aléatoires.

Si vous relancez toujours de 4 fois à la grosse blind avec AA mais 3 fois avec AK, vos adversaires vont le remarquer.

Faites le choix de combien relancer, pourquoi et quand, et tenez-vous-y. L'un des moyens les plus simples pour donner plus d'aléatoire est d'appliquer le système enseigné par Phil Gordon. Il conseille aux joueurs de baser leurs relances selon leur position. Par exemple, relancer 3 fois la grosse blind en Under The Gun, 5 fois au bouton, et 4 fois en position intermédiaire.

• Une règle générale est de garder votre bouche fermée. Si vous êtes dans une main, plus vous allez parler plus vous aller donner d'information. Certains joueurs sont des tchatcheurs (Negreanu et Gold par exemple). Un bon tchatcheur peut utiliser cette capacité pour parvenir à ses fins, remporter le pot, tandis qu'un mauvais baratineur donnera l'information exacte sur ce qu'il a en mains.

Jamie Gold par exemple, diffuse bien trop d'informations lorsqu'il parle. Les bons joueurs savent récupérer cette information et l'exploiter.
Si vous n'êtes pas suffisamment bon pour connaître la force des autres joueurs, ou si vous n'êtes pas suffisamment bon pour ne pas paraître trop évident aux yeux adverses, alors ne parlez pas. Vous avez le droit de rester silencieux, utilisez-le.

Conclusion

Moins de tells vous diffuserez à une table de poker, mieux vous vous en porterez. La dernière chose dont vous avez besoin est d'un joueur qui sache quand vous bluffez et quand vous avez une main. Si vous pouvez garder vos adversaires dans l'expectative, cherchant en permanence à deviner ce que vous avez et quand vous l'avez, vous serez bien mieux.

 

D'autres articles sur les tells :

Pour aller plus loin :

Livres sur les tells :

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