A quoi ressemblera le poker en 2017 après la fin de l’EPT ?

Macao
Un titre à Macao aura t-il de l'importance ?

Pour beaucoup de joueurs, un titre sur l’EPT a longtemps représenté la consécration ultime. Mais à partir de janvier prochain, la donne va donc changer.

Remporter un tournoi de l’EPT était un grand événement. De quoi changer toute une carrière, et offrir des contrats de sponsoring à de nombreux joueurs, comme Noah Boeken, Liv Boeree, Jason Mercier, Vicky Coren ou Bertrand Grospellier, pour n’en citer que quelques-uns.

Pendants des années, les tournois de l’EPT n’ont fait que grandir. D’un tournoi d’un jour à 1 000 €, ils sont devenus des festivals énormes de deux semaines avec plus de 100 tournois et des milliers de joueurs.

Mais PokerStars a surpris tout le monde cet été en annonçant la fin de l’EPT et un tout nouveau programme de tournois, soit une véritable mondialisation.

Alors que nous réserve le futur ? Et que va devenir le poker européen en 2017 et après ? Faisons travailler notre imagination.

Des retours sur investissements en baisse, un marché plus concurrentiel

Lors du Grand Final de la 3è saison de l’EPT à Monte-Carlo (en 2007), le vainqueur a pour la première fois remporté plus d’un million d’euros. Gavin Griffin remportait en effet alors 1,8 million d’euros, soit deux fois plus que le vainqueur de l’année précédente.

Gavin Griffin F5
Gavin Griffin, premier très gros gagnant avant des années de croissance de l'EPT.

Pendant les 5 ou 6 années suivantes, l’EPT s’est développé de manière exponentielle. Mais après des années de croissance débridée, le marché a fini par se saturer.

Avec un vainqueur chaque mois, le titre perdait de sa saveur. Plusieurs nouvelles destinations ont été testées, mais les joueurs étaient de moins en moins nombreux.

Deux ans plus tard, seuls les tournois de Prague et de Barcelone présentaient encore une croissance positive. PokerStars a alors pris une bonne décision : réduire le nombre d’étapes pour que les étapes restantes aient plus de saveur.

Dans le même temps, la concurrence ne chômait pas. De plus en plus de tournois accessibles ont fait leur apparition, afin d’atteindre une nouvelle cible : les joueurs loisir.

Les arrivées du 888Live, de l’Unibet Open, du WPT National et du WSOPC auront donc contribué à marquer la fin de l’EPT, de l’UKIPT, du LAPT et de l’APPT, qui laissent leur place au PokerStars Global Championship et aux PokerStars Festivals.

Alors à quoi tout cela va-t-il ressembler ? Nous avons dégagé trois scénarios possibles.

1) PokerStars redonne de la valeur aux titres internationaux

En adoptant une approche plus mondialisée, les tournois PokerStars devraient attirer plus d’attention que les circuits continentaux. Et avec moins d’étapes, les joueurs du monde entier devront voyager plus loin.

Martin Finger vainqueur High Roller EPT Barcelone
Le prestige va t-il augmenter ?

Cela devrait permettre de diversifier le public et d’augmenter encore le niveau.

Il y aura enfin des joueurs autres que Chinois et Australiens à Macao. Il y aura des Américains et des Européens, ce qui permettra de donner une nouvelle dimension à ces tournois autrefois « locaux ».

Cette nouvelle dimension devrait donner plus de prestige au PokerStars Championship, un élément essentiel pour les joueurs.

Et qui dit plus de joueurs, dit plus d’argent, dit encore plus de joueurs. PokerStars serait donc en train de lancer un nouveau boom du poker live...

2) PokerStars renforce la concurrence

Avec le retrait de PokerStars, un créneau s’ouvre sur le marché européen. Un vide à combler.

888poker, par exemple, a déjà montré qu’il était un concurrent sérieux au niveau local et en ce qui concerne les festivals à petit buy-in dans toute l’Europe.

WSOP C Géorgie
La porte grande ouverte pour les concurrents et nouveaux venus ?

Ceux-ci proposent désormais tous les buy-ins, jusqu’à environ 1 000 €.

Unibet grandit aussi rapidement, avec de nombreux tournois dans des lieux originaux comme Bucarest (603 entrées enregistrées pour son premier Unibet Open), et se concentre sur les joueurs loisir.

Le Circuit WSOP se développe également en Europe, notamment en Italie, Allemagne, Géorgie, France (avec un record à la clé) et République tchèque. Et on le sait bien : Difficile de faire mieux que les WSOP en termes d’image de marque.

Avec une telle concurrence en Europe, les joueurs pourront avoir accès à des tournois de grande qualité.

3) PokerStars perd de son rayonnement

Bien que PokerStars souhaite faire de ses Championships et de ses Festivals le futur du poker, ils pourraient tout autant marquer le début du déclin de PokerStars sur le circuit.

Avec cette décision, PokerStars abandonne non seulement la marque la plus puissante du poker en dehors des WSOP, mais il tire aussi un trait sur les festivals de deux semaines, avec plus de 100 tournois, issus de la fusion avec les circuits Eureka et Estrella.

Combiner l’EPT à des circuits locaux permettait aussi de créer de véritables événements. Les pros n’hésitaient pas à prolonger leur séjour de quelques jours participer aux tournois plus modestes.

Poker au Hilton de Londres
Les pros répondront-ils présent ?

Maintenant que la frontière est rétablie entre les différents niveaux de buy-in, le nombre de joueurs va s’effondrer. Pourquoi les pros iraient participer à un tournoi à 1 000 £ à Londres s’il y a le même à Rozvadov, en Espagne ou à Malte ?

Et qui se préoccupera de qui a gagné un tournoi à Panama ou à Macao ?

Les récents changements opérés par PokerStars - hausse du prélèvement, fin du statut Supernova Elite, enquête concernant Baazov - ont laissé un goût amer à beaucoup de gens. Ils ont également laissé l’impression que l’entreprise avait changé et que les joueurs professionnels ne sont plus sa priorité.

Et si les produits PokerStars seront probablement toujours les meilleurs, les joueurs s’en détourneront rapidement s’ils estiment que d’autres leur rapporteront plus.

Cependant, s’il y a une chose dont on est convaincu, c’est que Barcelone ne perdra pas son prestige.
Un climat magnifique, l’une des plus belles villes d’Europe, un casino de haut niveau : voilà la recette du succès.

Quelle direction prendre ?

Peu importe lequel de ces scénarios vous semble le plus probable, les joueurs de tournois ont encore de beaux jours devant eux.

L’Europe n’est pas près d’être à court de tournois, et il y en aura sûrement pour tous les budgets.

PokerStars, en revanche, est arrivé à un tournant crucial. Quelle direction va-t-il prendre ?

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