Agences à Risques

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9 février 2011, Ecrit par: PokerListings France
Posté dans: PokerListings France , Divers
Agences à Risques

The Korporation, Aces Group, Marketing Sports United, Original Consulting, Free Clover Agency... Les agences de joueurs de poker se sont multipliées en France ces derniers mois, et le nombre de joueurs "coachés" a donc logiquement explosé.

Aujourd’hui, des talents tricolores inconnus du grand public sont sous contrat, espérant que ce partenariat leur permettra de trouver le graal de tout joueur de poker (après la victoire dans le Main Event des WSOP bien sûr) : décrocher un sponsor. Mais à l’instar du foot, ce business pourrait bien provoquer quelques dérives...

Aujourd’hui, il est clair que le marché des pokerooms online en France - 25 (!) agréments poker accordés à ce jour par l’ARJEL - est arrivé à saturation. L’apparition de nouvelles salles devrait maintenant se faire au compte-goutte.
Toutes les marques, à de rares exceptions près, ont déjà constitué leur Team de joueurs. Pourtant, la liste des rêveurs encore en attente d’un sponsor est très longue. Problème, tous ne sont pas des prodiges online aux résultats fracassants, tous n’ont pas une personnalité "bankable", et tous ne sont pas passés par une émission de téléréalité.

Ces passionnés semblent ainsi condamnés à rester des "regs" anonymes des cercles parisiens, ou à grinder des heures devant leur écran pendant de longues années. Contraints de ne jamais dépasser le stade de joueur "underground", et ce malgré un niveau parfois bien supérieur à des joueurs actuellement sponsorisés. Mais tout le monde ne s’appelle pas Laurie Bismuth, n’a pas joué au poker en bikini dans un ryad marocain, et ne rentre pas dans une stratégie marketing "blonde à forte poitrine = visibilité", pour ne citer que la Parisienne fraîchement engagée dans la Team pokerXtrem.

Alors, quelle est maintenant l’utilité de signer avec une agence de joueurs dans un marché dont l’avenir ne s’inscrit qu’en rose pâle ? Même si une agence apporte d’autres services, la promesse de placer tous ses poulains dans une Team semble utopique, et nombre d’entre eux resteront sûrement sur le carreau.
Les agences briefent-elles ces joueurs sur le destin qui peut les attendre ? Pas certain, tant posséder le maximum de joueurs sous contrat semble être un gage de crédibilité pour attirer les meilleurs.

La ruée vers l’eldorado du sponsoring ne semble pourtant pas décidée à s’arrêter. Conséquence à prévoir : l’apparition de joueurs "fantômes", blasés de ne pas connaître la gloire et la fortune auxquelles ils aspiraient. Mais ces agences certainement prévenantes ont bien sûr planifié des suivis en cas de rupture de contrat, non ?

Rendez-vous dans quelques mois : comme certains joueurs de foot, les premiers déçus du business des agences poker pourraient avoir des choses à raconter...

Maxime Arnou

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