Bad beat pour le Football Polonais

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La France n'est pas le seul pays concerné par les tractations liées à la publicité pour le poker et les jeux d'argent. La Pologne vient d'en faire l'amère expérience. Avec pour elle aussi des enjeux majeurs au niveau de son football.

Il n'y a pas qu'en France où la question de la loi autour du poker et des jeux d'argent se retrouve sur le devant de la scène.

Les récentes restrictions proposées par le gouvernement polonais en la matière pourraient en effet forcer les clubs à perdre la substantielle manne financière apportées par ces sponsorships, après que le Président Lech Kaczynski ait signé un nouvel amendement rendant illégal la publicité pour ce secteur.

18,2 millions de $ sont injectés chaque année par les organismes de jeu dans le sport polonais, dont 4 millions offerts par Unibet pour sponsoriser le championnat de deuxième division, sans oublier les deux plus grands clubs du pays, le Wisla Cracovie et le Lech Poznan, arborant les opérateurs Bet-At-Home et BetClick sur leur maillot.

Le football polonais, qui n'a plus qualifié d'équipe en Ligue des Champions depuis le Widzew Lodz en 1996, n'a sans aucun doute pas besoin de cela.
« De nombreuses équipes sont grandement dépendantes de l'argent provenant du sponsoring des opérateurs de jeu en ligne. C'est un très mauvais coup pour elles. Si les bookmakers en ligne ne peuvent opérer en Pologne, ils se retireront du marché, et il sera très difficile pour le Wisla Cracovie et Lech Poznan de remplacer ces compagnies. » dévoile une personne bien informée.

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Football et Jeux d'argent : Quand deux affaires de gros sous se rencontrent...

Tandis que certains pays vont au contraire bientôt voir leurs clubs pouvoir afficher de nouvelles couleurs sur leur maillot (c'est le cas de la France, qui attend de plus impatiemment de savoir quand l'ouverture du marché sera effective), d'autres pays que la Pologne ont récemment eu le déplaisir de connaître même mauvaise mésaventure : c'est notamment le cas de la Russie et de l'Ukraine, pour lesquels la publicité pour le "e-gaming" est devenue interdite.

Situation similaire au Portugal, où Bwin a récemment encaissé un violent retour de flamme de la part de la Cour Européenne de Justice suite à son attaque du monopole local, alors que la société avait déjà été éconduite dans son projet de sponsoring du Championnat portugais.
Et des mesures encore plus drastiques pourraient venir semer l'agitation du côté de Lisbonne, comme celles inhérentes à son Traité et qui placeraient le jeu au même rang que le tabac et l'alcool du côté des secteurs exclus du sponsoring.
« Le Traité de Lisbonne ne mentionne pas spécifiquement le jeu en ligne mais la permission de tels sponsorings serait en porte-à-faux vis-à-vis de l'éthique prévalent au sport, celle de privilégier des comportements sains. » (sic)

Le football français bientôt bouleversé à son tour ?

On ne peut s'empêcher de rapprocher ces perspectives à celle qui agite le football hexagonal ces dernières semaines, la fameuse suppression du DIC (Droit à l'Image Collective) anticipée par l'Etat, et qui verrait nos clubs perdre plusieurs millions d'euros dans l'opération, jusqu'à en menacer l'existence pour certaines d'entre eux.

Ces affaires ont le mérite de faire pendre conscience d'un danger : celui pour les clubs de mettre toutes ses billes ou presque dans le même panier.

Mais si dans un certain sens on voit mal ce qui laisserait augurer d'un retour en arrière une fois que le projet de loi français sera effectif et que nos clubs auront tout loisir d'afficher la salle de poker ou de paris sportifs de leur choix sur leur tunique, l'autre grande question qui se pose concerne bien évidemment les liens troubles qui peuvent parfois naître des intérêts croisés entre sport et paris sportifs.
A la vue de quelques affaires de matchs truqués ayant fait l'actualité, y compris tout récemment avec pas moins d'une soixantaine de matchs dans le collimateur de la FIFA, que ce soit en Allemagne, en Coupe d'Europe, ou même dans de nombreux autres pays de l'Est, la réflexion mérite en effet de se poser.

Le poker est heureusement loin de ces considérations (même si de nombreuses rencontres se jouent déjà souvent sur un coin-flip arbitral), mais son sort n'en demeure toujours pas moins lié aux tenants concernant son grand frère des paris sportifs.

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