Ces joueurs pros qui gèrent une salle de poker

Phil Laak

De nombreux professionnels très connus (souvent même de véritables stars et légendes vivantes) lancent ou ont lancé leur salle de poker en ligne à leur nom. Mais l'affaire est-elle une si bonne idée ?

Si au poker la course aux transferts des joueurs professionnels ressemble aujourd'hui de plus en plus à celle qui agite quotidiennement la planète football, fut une époque où les grands noms du jeu préféraient lancer leur propre salle en ligne.

La tendance est cependant toujours d'actualité, et malgré les difficultés que connaissent souvent leurs prédécesseurs, certains se lancent encore dans l'aventure en prêtant leur nom (et parfois plus) à de toutes nouvelles salles de poker en ligne.


Doyle Brunson : L'énigme Doyles Room

Fondée en 2004 sur l'antique réseau Tribeca (aujourd'hui absorbé par iPoker), DoylesRoom est passée par Microgaming (Prima) en 2007 avant de finalement rejoinder Cake en 2009.

Si la salle du célèbre "Texas Dolly" fait ainsi pleinement partie de l'histoire du jeu en ligne, les nombreux soubresauts qui l'ont agitée ont pourtant été loin d'en faire l'une des références, l'empêchant de s'établir à la hauteur de la réputation de son glorieux tenancier.
Doyles Room s'était notamment retrouvée sous les feux d'une enquête de la SEC (commission des échanges en bourse) dans une affaire de tentative de prise de contrôle de la WPT Entreprise en 2005. D'autres problèmes de paiement de ses partenaires sont également venus ternir un peu plus son image et la relation de confiance qu'un tel nom pouvait pourtant susciter.

Doyles Room tente malgré tout de garder un bon pied sur le marché. Brunson a récemment lancé ses « Brunson 10 », équipe de jeunes talents de demain parmi lesquels on retrouve l'anglais de 24 ans Chris Moorman. Todd, le fils de Doyle, et Hoyt Corkins, font eux-aussi tous deux partie des figures de proue de la salle.


Tony G : Un potentiel abandonné

Assez méconnue alors qu'elle était pourtant chapeautée par l'inénarrable "trash-talker" australien Toy G, Tony G poker affichait un certain esthétisme et quelques tournois intéressants en dépit d'un trafic très faible.

Signe du sort qui l'attendait quelques années plus tard, la salle n'était pourtant en définitive qu'un prête-nom puisque la star avouait elle-même ne plus y jouer, réservant ses infidélités à T6poker (aujourd'hui disparue corps et biens) ou Full Tilt Poker.

Antanas Guoga a fini par vendre ses parts dans la société ainsi que le site à PartyPoker durant le mois de janvier 2010, en en ayant lui-même profité pour rejoindre la salle des Mike Sexton ou autres Kara Scott.
Alors hébergée sur le réseau iPoker - Playtech, sa base de joueurs est quant à elle partie du côté de Noble Poker, filiale de PartyGaming.


Devilfish : Comme un poisson hors de l'eau

L'une des autres fortes personnalités du circuit a lui aussi lancé sa propre poker room il y a quelques années : l'anglais Dave "Devilfish" Ulliott.

Le facétieux britannique avait même poussé le bouchon jusqu'à s'afficher avec un logo de celle-ci lors du Monte Carlo Millions de Full Tilt Poker en 2005, alors que le règlement interdisait toute publicité pour les sites en .com. Le tournoi étant alors retransmis en direct par Fox Sports Net, l'homme s'est ensuite retrouvé banni de toute apparition télévisée sur cette chaîne.

Devilfish.com n'aura cependant jamais réussi à s'affirmer comme l'une des salles les plus attractives, ayant comme beaucoup d'autres essentiellement misé sur la célébrité de son tenancier pour tenter d'attirer le chaland.


Phil Laak : Une nouvelle mission

Le sémillant et sympathique américain a franchi le pas fin 2009 et propose aujourd'hui un site façon BD / super-héros aux graphismes n'étant pas sans faire penser au film Incassable avec Bruce Willis. A l'image du personnage en somme !

Reposant sur le réseau Cake Poker, Unabomber.com (d'après son surnom) tentera difficilement de se faire une place au sein d'un marché occupé par un grand nombre de salles de poker en ligne déjà bien établies et ayant prouvé leur sérieux.


Antonio Esfandiari : A la recherche d'un peu de magie

Un temps passé par Ultimate Bet, le "Magicien" a emboîté le pas de son grand ami Laak début février, en lançant VictoryPoker sur un réseau Everleafgaming/UPN en retrait des grands noms du secteur.

Esfandiari aura tout de même la chance de s'adjoindre les services de nombreux soutiens. Parmi eux, on notera celui d'Alec Torelli, en provenance... de Doyles Room.


Lancer sa salle pour un pro : une réelle bonne idée ?

Au final on se rend compte que toutes ces initiatives ont bien souvent du plomb dans l'aile à des degrés divers et ce parfois dès leur lancement, en ne constituant pour la plupart qu'un coup marketing destiné à vivoter jusqu'à ce que son "papa" se lasse et décide de passer à autre chose.

Les exemples Danuel Negreanu (ex-Full Contact Poker en 2005 avant d'avoir trouvé le bonheur du côté de PokerStars en 2007) ou encore Johnny Chan dont le Chan Poker aura mis la clef sous la porte, sont aussi là pour en témoigner.

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