Chronique d'un Grinder ordinaire (3)

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29 mars 2011, Ecrit par: PokerListings France
Chronique d'un Grinder ordinaire (3)

Durant une semaine, nous avons suivi le quotidien de Guillaume Da Silva, joueur de poker online devant l’éternel, qui à 22 ans écume les pokerrooms du net depuis déjà six années. Ce grinder originaire du 94 nous raconte ses journées souvent décalées, entre épiques sessions de cash-game, tournois marathons et vie marginale. Aujourd'hui, la troisième partie.

 

~ Vendredi 4 mars 

L’art de rester incognito en conservant une vie sociale


« Je n’ai joué que 2 heures 30, de 17h à 19h30, encore une fois parce qu’il n’y avait pas assez de tables.
Je suis gagnant de 1000€ sur la session, grâce notamment à un gros pot de 1600€ gagné contre Gabriel Nassif, un très bon joueur français : mon tirage couleur max devient une quinte max backdoor et bat son overpaire !

Il ne me connaît pas, mais moi je sais qui il est : le passage au .fr m’a permis de changer de pseudo. J’ai d’ailleurs 4 pseudos différents sur les différents sites pour ne pas me faire "repérer". Mais je peux reconnaître un joueur sur toutes les rooms où je joue. D’ailleurs, je n’ai pas trop de rapports avec les joueurs online : en live, je rencontre plus de monde. Quand je jouais au Cercle Concorde (aujourd’hui Cercle Cadet) il y a quelques années, j’avais une bande de potes, des joueurs parisiens que je retrouvais souvent là-bas, car on y jouait tout le temps.

Après avoir été actif sur Clubpoker et sur un chat IRC de grinders, je ne poste quasiment plus sur les forums. J’y vais surtout pour me tenir au courant de l’actu et des sujets intéressants concernant la stratégie en Omaha. En plus, je ne veux pas trop dévoiler mes "thinking process" aux autres joueurs.

Concernant ma vie quotidienne, il m’est parfois arrivé de passer plusieurs jours devant mon écran sans voir personne. Mais il faut éviter de s’enfermer, sinon tu n’as pas de vie sociale. Quand je vois des amis du monde du poker, on ne parle pas de jeu : on est plus dans la déconne, il vaut mieux en profiter pour décompresser !
Faire partie d’une team ? Ça ne m’intéresse pas spécialement, c’est plutôt bénéfique pour des joueurs de tournois. »

 

~ Samedi 5 mars 

Bankroll management et mental : des qualités indispensables


« Le bilan de la journée est mitigé : j’ai joué sur Winamax, FullTilt et Pokerstars une longue session de 20h30 jusqu’à 3h30, mais je ne gagne que 350€.

Généralement, je cashout une fois tous les deux mois en évitant les gros transferts d’argent, pour ne pas avoir de problèmes vis-à-vis du fisc : je mets entre 4000 et 5000 euros de côté.
Sur Pokerstars, j’ai quasiment 100 caves de cash-game sur mon compte. J’ai retenu les leçons du passé, même s’il m’arrive de faire des shots sur des limites supérieures.

Je ne suis pas trop dépensier, ce qui me permettra d’assumer un gros bad run et pourquoi pas de créer ma boite à l’avenir, dans le poker ou ailleurs. Mais pour l’instant, je n’y pense pas trop, je n’ai pas de diplôme et je pense jouer pendant encore très longtemps.

Je pense posséder quelques qualités indispensables pour être un joueur gagnant en cash-game online, et en premier lieu un très bon mental : je pars très rarement en tilt. C’est capital en cash-game : en une session, on peut foutre en l’air une semaine de grind !

Il est également très important de savoir multitabler, faire du volume est indispensable. Si tu ne peux jouer que deux tables, tu mettras cinq fois plus de temps pour gagner la même somme. Ce n’est pas forcément compliqué : en Texas Hold’em, j’ai mis 6 mois pour passer de 6 à 20 tables. Il ne faut cependant pas se fixer d’objectifs en terme de gains, sinon ton jeu se dégrade. J’ai plutôt des objectifs de volume, environ 2000 mains par jour au minimum. Et quand j’ai perdu 10 caves, j’arrête de jouer. »


Propos recueillis par Maxime Arnou

- Episode 1
- Episode 2
(4ème et dernière partie dans deux semaines)

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