5 erreurs courantes de débutants

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Chaque erreur que vous faites à la table de poker vous coûte de l'argent. Malheureusement, la plupart des débutants ont du mal à apprendre d'une erreur, jusqu'à ce qu'elle leur coûte leur tapis entier.

Plus souvent que l'inverse, les erreurs que vous faites vous coûteront un pot, votre contribution à ce qui ne sera qu'une fraction de votre stack à s'envoler. De nombreux débutants échouent à prendre en compte ces pots perdus, et négligent l'évaluation de la magnitude de leurs erreurs.

De telles erreurs, bien que moins coûteuses que des bévues entraînant la perte du stack entier, arrivent plus souvent, ce qui signifie qu'elle sont en fait plus coûteuses sur le long terme.

Les choix que vous faites à la table sont le radeau sur lequel vous flottez. Toute fuite, la plus petite qui soit, va commencer à vous faire couler. Vous pouvez passer tout votre temps à écoper furieusement, ou vous pouvez prendre maintenant le temps de réparer les fuites une fois pour toutes.

1) Espérer les Coin Flips

Cette faille provient typiquement des joueurs qui regardent trop le poker à la télé, et ne passent pas suffisamment de temps à étudier le vrai jeu. Le poker télévisé, bien que divertissant, est rarement une bonne manière d'apprendre un solide jeu stratégique pour un débutant, notamment si vous essayez de jouer en cash game.

Les coin-flips sont partie courante et intégrante du poker de tournoi.

Andrew Feldman
Les coins flip sont partie courante au poker

Une occurrence constante dans les tournois de poker télévisés est de voir les joueurs rechercher les coin-flips. Les téléspectateurs sont bombardés de ce spectacle de joueurs tout excités prenant des coin-flips dans une tentative désespérée de prolonger leur vie dans le tournoi.

En poker de cash game, il n'est quasi jamais correct d'aller à la recherche d'un coin-flip pré-flop. Souvent, face à une mise à tapis, un joueur débutant avec A-K fera le call, selon la logique suivante :

* Je suis devant n'importe quelle main qui ne soit pas une paire.

* Je suis en coin-flip contre toute paire inférieure aux KK.

* Je suis seulement derrière KK et AA, et j'ai même trois outs contre KK.

Avec ce raisonnement, faire le call semble presque une bonne idée ici.

Malheureusement pour ces débutants, le poker en cash game est différent du poker de tournoi. Dans les derniers niveaux d'un tournoi, notamment la table finale (qui fait la vaste majorité de tout le poker télévisé), les joueurs recherchent souvent une main avec quelque valeur à l'abattage pour se mettre à tapis avec, pré-flop.

Cela peut inclure tout as, et n'importe quelles deux cartes, faisant d'un call avec A-K une décision très facile dans cette situation.

En cash game, c'est une situation très différente. Outre de rares occurrences de joueurs en super-tilt ou juste pressés de rentrer à la maison, les seules mains avec lesquelles les joueurs vont pousser le tapis pré-flop seront presque exclusivement constituées de pocket paires et A-K.

Cela signifie qu'en dehors de ces rares scénarios, suivre avec A-K vous met en bonne posture un très faible pourcentage du temps, légèrement derrière une pocket paire (55-QQ) une décente partie du temps, et derrière KK ou AA le reste du temps. C'est un jeu à perte que de jouer dans l'espoir d'un coin-flip pré-flop en cash game.

2) Sur-jouer des mains

Une autre erreur courante faite par les débutants est de sur-jouer leurs mains. Regardez les joueurs qui sont tout nouveaux dans le jeu ; nombre d'entre eux ne coucheront jamais quelque chose égal à ou meilleur que la top paire. S'ils ont une paire d'as, ils n'envisageront même pas de la coucher, puisque les as sont la plus haute paire qu'il est possible d'avoir.

Plus vous jouez au poker, moins vous serez à l'aise avec les mains de force marginale. Le contraste entre l'affectation émotionnelle d'un débutant floppant les deux paires basses et un pro floppant ces deux mêmes paires basses, est comme le jour et la nuit. Un débutant sera empli de joie en floppant une main aussi haute que deux paires, tandis que le pro comprend que c'est un pari jobard.

Voici un exemple de pourquoi ce contraste existe :

Flop:

Main:

Le débutant voit cette main et sait qu'il a une grosse main sur ce flop. Il n'y a pas de quinte ou de couleur sur le board, voulant donc dire qu'il y a des chances qu'il ait la meilleure main. Les débutants vont vouloir aller au bout du monde sur ce tableau.

Le professionnel voit le même tableau et comprend qu'il n'y a que trois options : Ses adversaires n'ont rien, et il remporte le pot au flop, un peu plus que les blinds ; ses adversaires ont une paire, et peuvent vouloir suivre une simple mise ; ou ses adversaires ont un brelan, ou deux paires supérieures.

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Les As sont un cadeau qu'il faut parfois savoir jeter

Le professionnel sait qu'il gagnera un petit pot, ou que quelqu'un qui voudra mettre de l'argent dans ce pot le bat vraisemblablement. La seule main contre laquelle le professionnel peut faire de l'argent est un scénario de top paire, gros kicker, où le joueur avec cette main la sur-jouera lui-même. Malheureusement, il n'est pas possible pour le professionnel de savoir si le joueur sur-joue une top paire, ou joue normalement un brelan.

En dehors d'une exception occasionnelle, si vous avez quoi que ce soit de moins bon que la fin haute de la suite, vous avez une main marginale, et ne devriez pas envisager de jouer un très gros pot. Ce n'est que lorsque vous avez le jeu max, ou un monstre absolu, que vous devriez chercher à envoyer la sauce et vous farcir le pot.

Toutes ces erreurs sont évitables ; éliminez-les de votre jeu résultera en un boost instantané de vos profits de sessions, et augmentera grandement votre rendement à long terme.

Vous ne devriez pas seulement franchir les échelons pour éviter de commettre ces erreurs, vous devriez également essayer de forcer vos adversaire à les faire.

3) Tirer sur des Tableaux Dangereux

Lorsque vous jouez une main à tirage, vous jouez pour le toucher, et embarquer le pot lorsque c'est le cas. Vous ne jouez pas une main à tirage pour toucher et checker. Pour cette raison, une fois que vous avez touché votre tirage (couleur ou quinte), vous êtes engagé à mettre de l'argent dans le pot. Cet argent pourra être quelque chose entre un petit montant jusqu'à votre tapis intégral.

Lorsque vous payez pour un tirage sur un tableau dangereux, toucher est parfois la pire chose qui puisse vous arriver. Le plus simple exemple de ceci est de tirer pour une couleur sur un tableau avec paire. Une fois que vous aurez touché votre couleur, quiconque allant miser gros dans le pot a une chance très décente d'avoir un full house.

Il n'y a rien de pire que de payer en étant drawing dead (perdant avec 0 chance de remporter le coup), et d'y aller de tout votre tapis lorsque vous pensez venir de toucher une bonne carte. Lorsqu'il y a une réelle chance pour que toucher votre tirage vous laisse avec la seconde meilleure main, vous voulez garder le pot aussi petit que vous pouvez. A moins que vous ne puissiez d'une manière ou d'une autre avoir une lecture selon laquelle votre main est meilleure, vous ne voudrez jamais juste être dans l'expectative ou espérer.

4) Jouer Scared Money (avoir peur de perdre son argent)

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Si vous jouez en ayant peur de perdre votre argent, c'est très mauvais.

Doyle Brunson a dit « La clé du No-Limit... est de pousser un homme à prendre une décision pour tous ses jetons. » En d'autres mots, vous devez être prêt à mettre vos adversaires à tapis, et à faire vous-même un call pour un tapis, à tout moment. De nombreux débutants jouent au poker avec un petit capital, ou même sans capital du tout.

En raison de cela, ces joueurs jouent en sachant qu'ils ne peuvent simplement pas se permettre de perdre leur argent qu'ils ont en jeu. C'est un phénomène connu sous l'appellation de jouer en « scared money ». Si vous n'êtes pas capable ni prêt à risquer votre stack entier, vos adversaires utiliseront cette peur pour vous marcher dessus.

Pour jouer un poker gagnant, vous devez dissocier l'argent en jeu avec l'argent de votre compte. Perdre un buy-in entier sur une table de No-Limit ne devrait pas être plus difficile pour vous que d'acheter un hamburger. Evidemment vous auriez préféré ne pas avoir dépensé l'argent, mais vous devez faire ce que vous avez à faire.

Jusqu'à ce que vous soyez vraiment capable de déconnecter de l'argent que vous devez mettre pour jouer, il n'est pas possible de jouer correctement au poker de No-Limit. Jouez des parties adaptées à votre capital, et entrez dans le jeu avec le bon mental pour jouer un bon poker. Rappelez-vous, faire de l'argent est un produit dérivé de gagner dans le jeu.

Vous n'allez pas à la table de poker avec l'intention de faire de l'argent, vous y allez avec l'intention de jouer un jeu de haute qualité. L'argent est quelque part simplement la façon pour les joueurs de conserver un résultat.

5) Tailles de mises illogiques (ou évidentes)

Si les mises que vous faites donnent à vos adversaires une image évidente de la main que vous détenez, alors ceux-ci ne commettront jamais d'erreurs. Si vos adversaire ne commettent jamais d'erreurs, vous n'allez pas faire le moindre argent.

Beaucoup de débutants vont penser à un seul aspect de la mise, ignorant les autres. A l'arrivée, leur apprêtage de mise devient un préjudice plutôt qu'un atout.

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Attention à la cohérence de la taille de vos mises.

Imaginez, si vous avez une main décente, telle que deux paires au flop. Vous êtes le premier à agir, et devez décider combien miser. Nombre de débutants ne penseront qu'au premier paramètre du montant de la mise.

« Je veux que mes adversaires suivent ma mise, comme ça je peux faire de l'argent sur la main, alors je devrais faire une mise suffisamment petite pour m'assurer qu'ils me payent. »

Vous misez 10$ dans un pot de 60$. Vous avez rempli avec succès votre premier objectif, mais maintenant vous offrez à tous vos adversaires une cote de 7 contre 1 (ou plus une fois que des joueurs auront suivi) pour tirer contre vous. En réalité, votre mise doit être suffisamment petite pour avoir un call, mais cependant suffisamment grosse pour couper les cotes de quiconque tirant pour une main meilleure que la vôtre.

Un autre exemple de cette affaire, vu fréquemment, et que je ne comprends toujours pas. Un débutant avec une main forte va faire une mise pour protéger sa main, mais d'une taille tellement irrationnellement grosse, qu'il ne fera jamais d'argent sur cette main. Exemple commun :

Partie à 1$/2$ ; le joueur débutant reçoit une paire d'as à la grosse blind. Un joueur limpe, un second relance à 10$ et tout le monde se couche jusqu'au débutant ; le débutant va à tapis pour 145$.

Il y a 15$ au pot, et il vient pas moins de relancer à 145$. Ce n'est presque jamais une bonne idée de relancer au-delà de 9,5 fois le pot. Ok, il a protégé sa main et remporté le pot, mais il n'a extrait que l'absolu minimum de valeur de celle-ci.

A chaque fois que vous jouez une main d'une manière qui extrait moins de valeur que ce qui est possible, vous faites une erreur et perdez de l'argent. Avec une paire d'as votre adversaire est un sérieux outsider face à votre main. Vous pouvez être devant d'une marge aussi large que 8 contre 1.

Cela signifie que vous voulez que votre adversaire suive votre sur-relance. Vous voulez faire une relance suffisamment petite pour se faire, mais aussi suffisamment grosse pour maximiser son erreur.

Si tout se déroule bien, votre adversaire va penser que vous bluffez, et va partir à tapis après vous. Si vous allez à tapis en premier, il y a des chances que cela ne se produise jamais. Vous devez produire la taille de vos mises d'une manière à maximiser les erreurs de vos adversaires.

Si vous aimeriez en apprendre plus à propos de la taille des mises, Dan Skolovy a écrit un excellent article sur ce sujet. Vous pouvez le lire ici : Ajustez proprement la taille de vos mises.