Cinq grands moments de poker de 2015

Optimized NWM celluloid

Une autre année touche à sa fin... Déjà ?! Entre les deux volets de notre rétro, jetons un regard à la fois nostalgique et amusé sur l’année écoulée.

Pour faire court : on a passé une année géniale ! Des tournois fantastiques, des records battus, de nouveaux millionnaires et, malgré les pires prédictions des rabat-joie, le poker est toujours bien vivant, que ce soit en ligne ou en live.

Au contraire, certains tournois ont même été toujours plus gros et plus impressionnants que jamais auparavant. D’autres méritent qu’on s’y intéresse de plus près, et certains ont même été complètement oubliés.

Et puis nous citerons aussi quelques-uns des pires moments de l’année.

1) Le Main Event

Impossible de faire une rétrospective sans le Main Event des WSOP, alors autant commencer par là. Il s’agit évidemment du tournoi le plus important et le plus prestigieux du poker, et du titre le plus convoité.

Les WSOP sont tout simplement le cœur du poker, son centre de gravité, le Championnat du monde.

Alors en effet, il ne s’agit plus du tournoi le plus grand (supplanté par le Colossus, dont nous parlons ci-dessous), ni de celui avec le rendement le plus impressionnant (supplanté par le Big One), mais il reste le rêve de tous les joueurs de poker dès l’instant où ils effectuent leur premier dépôt d’argent.

Optimized NWM neuville 3

Cette année, 6 420 joueurs ont tenté de réaliser leur rêve. Et comme vous le savez, Joe McKeehen s’est imposé.

Si la table finale n’était pas la plus palpitante de l’histoire des WSOP (celles-ci sont rarement le meilleur moment du tournoi), le casting était par contre le plus intéressant depuis 2009, lorsqu’il y avait Phil Ivey d’un côté de la table et Darvin Moon de l’autre.

Cette année, Neil Blumenfield et Pierre Neuville étaient là pour secouer un peu les professionnels présents. Blumenfield, 61 ans, brasseur et icône de la mode de San Francisco d’un côté, et Pierre Neuville, le fou de poker de 72 ans venu de Belgique, ont donné un peu de piquant à cette finale.

On n'aura jamais entendu Norman Chad, commentateur pour ESPN, aussi enthousiaste et incrédule que lorsqu’il a découvert que le chipleader du Main Event avait 72 ans.  

Bon, dans les faits Neuville est quasiment professionnel, mais l’histoire retiendra quand même qu’il a dépassé des milliers de « petits jeunes » et qu’il est le plus vieux joueur à avoir atteint la table finale. De quoi faire réfléchir ceux qui répètent que le poker est pour les jeunes. Un véritable vent de fraîcheur.

Malheureusement, le destin n'aura pas été de son côté, et Neuville a finalement terminé 7è. Mais il n’a pas tardé à rebondir et son programme pour 2016 est plus dense que celui de beaucoup de joueurs qui ont 50 ans de moins que lui.

Alors bravo à Pierre Neuville, qui s’est également vu décerner un trophée pour l’ensemble de sa carrière aux European Poker Awards au mois de mars. Il est certainement la meilleure chose qui soit arrivée au poker cette année.

2) Les tournois à petit buy-in

La grande majorité des joueurs de poker dans le monde aiment regarder le Main Event... mais ne peuvent pas se permettre d’y participer.

Optimized NWM BOM field Day 1a 2

Mais en 2015, comme jamais auparavant, les joueurs ont eu l’opportunité de jouer. Artur Kurvits l’évoque sur PokerListings Russie :

« Le Colossus, la Battle of Malta et le Championnat norvégien sont les meilleurs exemples du futur du poker amateur. Ce genre de tournois permet de renforcer le statut du poker en tant que jeu de l’esprit. Le poker doit séduire les joueurs loisirs. »

Avec 1 804 joueurs à Malte, 1 974 joueurs à Oslo et 22 374 joueurs à Las Vegas, c’est incontestable.

Arved Klöhn de Pokerolymp.com aura aussi noté le Colossus parmi ses meilleurs moments de l'année : « C’était, de très loin, le plus grand tournoi jamais organisé. La garantie de 5 millions de dollars a été largement dépassée, et plus de 11 millions ont été distribués entre les joueurs. »

Les organisateurs ont enfin compris ce que veulent les joueurs, et les tournois à petits buy-in se multiplient comme des champignons après la pluie.

RedBet et Unibet en organisent énormément, mais rien n’égale les tournois 888poker Live!, des tournois à 400 € avec de nombreux moyens de se qualifier, et une journée supplémentaire consacrée aux activités sportives ou culturelles.
Cette année, 888poker a ainsi envoyé des joueurs faire du ski en Autriche, du golf à Marbella, et visiter Tallinn.

3) Le poker online

2015 a été l’année des réveils pour le poker en ligne.

« Les salles de poker en ligne ont enfin compris que l’écosystème du poker n’est plus viable et ont commencé à y remédier avec des offres destinées aux joueurs loisirs ou en interdisant les HUD, par exemple. Il s’agit de mesures très positives pour le poker », estime Jeroen van Dijk de PokerListings Pays-Bas.

Optimized NWM hud elementi

Le meilleur exemple reste les changements apportés par PokerStars à son système VIP.

Bien que celui-ci ait été beaucoup critiqué (et qu’il doive probablement être ajusté), il est évident que les salles de poker en ligne tentent désormais de protéger les joueurs amateurs. Ce qui va aider le monde du poker en ligne.

Il ne faut pas oublier que le poker reste un loisir pour la plupart des joueurs online. Et s’ils ont l’impression de ne pas avoir « leurs chances » et de perdre de l’argent rapidement, alors ils vont partir et n’amèneront pas de nouveaux joueurs.

Évidemment, beaucoup de problèmes disparaîtraient quasi instantanément aussi si les États-Unis ouvraient à nouveau leur marché, mais cela ne semble pas à l’ordre du jour pour l’instant, ou en tout cas pour l’année à venir.

4) Innovations

Dans le poker, il y a des gens qui sont toujours à la recherche de nouvelles manières de rendre le poker plus attractif pour les nouveaux joueurs.

Parmi ceux-là, on retrouve Alex Dreyfus et son projet, la Global Poker League.

Ses efforts sont ambitieux, et même si ce ne sont pas toujours de grands succès, ils apportent toujours une nouvelle perspective et permettent d’être optimiste quant au futur du poker.

alex dreyfus3

Peu de gens, en dehors de Dreyfus, semblent comprendre en quoi consiste la GPL, et c’est probablement cette complexité qui pose le plus de problèmes. Et il semble que la majorité de la communauté poker soit sceptique quant au succès de la GPL, même si tout le monde souhaite ce dernier.

On a également beaucoup débattu en cette fin d’année du comportement des joueurs à table, surtout envers les joueuses.

De nombreuses personnalités en vue ont ouvertement évoqué ce qu’elles ont vécu ou ce dont elles ont été témoins, ce qui a permis d’attirer l’attention sur ce problème.
Si vous vous vous dites qu’on devrait justement arrêter de parler de ça, vous avez raison. On devrait arrêter d’en parler parce que cela ne devrait pas exister, mais on en parle parce qu’il le faut.

Denni Balic pense cependant que le futur est prometteur : « Cette année, l’industrie du poker a fait beaucoup d’efforts pour mieux accueillir les joueuses. On a également beaucoup parlé de féminisme et de sexisme, ce qui est une bonne nouvelle.
On avance enfin, et l’égalité semble à portée de main. La prochaine étape ? Se débarrasser des Ladies Events pour montrer que le poker est un jeu aussi bien pour les hommes que pour les femmes. »

Le jour où les Ladies Events disparaitront, le sexisme disparaîtra avec... Bon, ce n’est peut-être pas si simple, mais ce serait un début.

5) Les pires moments

Toute médaille a un revers. Pour la majorité de la communauté poker, comme pour l’équipe PokerListings, les moments les plus tristes de l’année étaient celui-ci :

Et celui-là :

Parce que ce sont les deux joueurs que l’on voulait voir en découdre en heads-up pour le titre de champion du monde...


Et pour vous, quels ont été les meilleurs et pires moments de l'année sur la planète poker ? Dites-le nous en commentaires !

Veuillez correctement remplir les champs requis !

Erreur !

Vous devez attendre 3 minutes avant de pouvoir poster un nouveau commentaire.

Aucun commentaire