Comment craquer les As

pocket aces
Craquer les as, une si agréable sensation...

Après avoir littéralement tout couché ou limpé durant ces trois dernières heures, la serrure du bout de la table ouvre le pot avec une large relance en début de parole.

Il s'agit de l'un de ces quelques scénarios où vous pouvez quasiment être sûr que le joueur a les as.

Bien que ce soit extrêmement rare, la légende du joueur qui ne joue que les as part de là. Il existe réellement des joueurs qui ne jouent que les toutes meilleures mains, et parfois même seulement s'ils ont la position.

Malgré que cet article soit justement spécialement à propos du jeu contre ces fossiles, il ne se limite pas à ceux-ci. Il existe également de nombreuses occasions où vous pourrez être on ne peut plus sûr que le joueur en face de vous a les as ou les rois.
Même si les dames, valets ou as-roi seront aussi dans son éventail, dans l'optique de cet article nous ne prendrons pas en compte ces possibilités - et vous ne devriez pas non plus à la table.

Lorsque vous jouez pour craquer les as, vous espérez que le joueur les ait réellement, indépendamment de qu'il a en réalité.

L'Objectif

Lorsque vous jouez pour craquer les as, votre objectif est simple : sortir de la main à moindre coût, ou prendre le stack entier de votre adversaire.
Tout ce qui se trouve entre les deux ou à mi-chemin devrait être considéré comme une erreur, et une coûteuse pour sûr.

Quelques Pourcentages

Voici un éventail de quelques mains et de comment elles se comportant face à A A tout au long des 5 rues du tableau (ou des trois tours de jeu) :

  • A Q - 8%
  • A K - 12%
  • T 5 - 13%
  • 2 3 - 16%
  • 6 8 - 17%
  • K K - 17%
  • K Q - 18%
  • 4 4 - 18%
  • J J - 18%
  • 7 8 - 23%

Ce qui doit ressortir de cette liste est la tendance générale de comment ces mains s'en tirent face aux as. Les pires atteignent les 8%, tandis que les meilleures grimpent à 23%.

En valeur intrinsèque, vos cotes sont faibles.

Tout est affaire de cotes implicites

Etant donné que le meilleur pourcentage que vous puissiez avoir avec cinq cartes à venir est en-dessous des 25%, ils vous est presque garanti de ne pas avoir les cotes nécessaires pour rendre le call profitable.

Même si cinq joueurs suivent pré-flop avec vous, les chances pour que chacun d'eux suive toutes les mises jusqu'à la river sont très minces, pour ne pas dire inexistantes.

La raison pour laquelle vous jouez contre les as n'a rien à voir avec les cotes du pot, vous ne jouez ici que pour les cotes implicites.

Avant même de penser à jouer votre main, vous devez vous assurer de quatre choses :

1. Votre adversaire a beaucoup de jetons (nous parlons de 100 grosses blinds au minimum)

2. Vous avez beaucoup de jetons (idéalement plus que votre adversaire)

3. Votre adversaire est prêt à se ruiner avec les as

4. Vous avez une main qui peut se faire payer

Sans toutes ces conditions, vous perdez votre temps et de l'argent rien qu'en imaginant jouer la main.
Mais si tous ces éléments sont réunis, vous avez le double feu vert pour aller voir un flop.

Sélection de la Main

Certaines mains auront plus de probabilité de se faire payer par les as que d'autres. Vous devez vous assurer que votre main vous rapportera réellement de l'argent si elle touche.

Vous allez ainsi chercher à jouer des cartes qui peuvent toucher une très grosse main mais qui sera bien dissimulée.

Quelques exemples :

Votre Main Le flop Serez-vous payé ?
4 4 7 4 T Oui
T J 7 8 9 Non
K Q K Q 6 Non
6 8 5 7 9 Oui

Les pocket paires sont toujours de très bonnes options pour essayer de craquer les as. Lorsque vous jouez une pocket paire, vous essayez essentiellement de faire du "set mining", en cherchant à toucher un brelan au flop.

Lorsque vous le trouvez, vous obtenez un gros jeu et bien caché. Et lorsque vous manquez, c'est un fold facile.

Même des mains telles que 6 8 (connecteurs assortis à un trou) sont excellentes. Lorsqu'elles touchent une quinte ou deux paires, il est difficile pour n'importe qui de vous mettre dessus. En d'autres mots, vous serez payé.

Une main telle que T J ou K Q est de l'autre côté plus encline à vous causer des problèmes.
Pour la première, lorsqu'elle touchera suffisamment pour craquer les as, ce sera sur un tableau à tirages sur lequel la plupart des joueurs n'iront pas se ruiner avec juste une paire.
Pour la seconde, si vous avez tort et que votre adversaire a les rois, toucher les deux top paires avec K Q vous conduira à la ruine.

Seules les mains qui conservent une chance raisonnable d'être payées devraient être jouées. Jetez le reste à la défausse.

Jouer le Flop

Lorsque vous jouez pour craquer les as, le flop est de loin la rue la plus importante. Et vous allez rechercher le flop parfait ou presque.

Sur ce flop se dessineront trois scénarios possibles :

1. Vous manquez

2. Vous touchez gros (au minimum deux paires, dans l'idéal une quinte ou un brelan)

3. Vous touchez un gros tirage

Lorsque vous manquez le flop, le poker est facile : couchez-vous et attendez la prochaine main. Vous en aller à moindre coût est ce que vous allez chercher à faire 90% du temps.

Lorsque vous touchez gros au flop, votre seul objectif est de pousser votre adversaire à mettre le plus d'argent possible dans le pot. Vous devez trouver l'équilibre entre ne pas faire céder et continuer de construire un pot suffisamment gros pour garantir que les as iront à tapis d'ici la river.
De nombreux joueurs avec les as supposeront qu'ils ont la meilleure main et essaieront de vous faire des value bet. Ils feront des petites mises en essayant de vous appâter.
Le plus souvent, la taille de la mise d'un joueur sera directement proportionnelle à la taille du pot. Ainsi si vous ne faites que check-caller les petites mises, le pot ne grossira jamais assez largement pour garantir un all-in à la fin.

Lorsque vous floppez un gros tirage, la façon dont vous allez jouer la main ne tient qu'à vous.
De manière générale vous allez essayer de conserver le pot petit et peu cher jusqu'à ce que vous touchiez. Si vous floppez un tirage quinte flush par les deux bouts, vous vous retrouverez en bonne posture pour remporter le pot, mais seulement la moitié de vos outs vous verront vous faire payer.
Les couleurs effraient les gens. Et parce que votre adversaire en aura peur, vos cotes implicites sur votre tirage pourraient ne pas être aussi élevées que vous voudriez.

A moins que vous sachiez que vous pourrez être payé quel que soit votre out qui sorte, vous devez garder le pot petit jusqu'à ce que vous ayez la main maître.
Une fois que votre tirage rentre, et que vous avez les nuts (ou une main suffisamment grosse pour être considérée comme telle), votre seul but sera de presser le pot comme un citron jusqu'à la dernière goutte, et surtout de prendre le tapis entier de votre adversaire.