Dan Shak : « Les propriétaires innocents de Full Tilt doivent passer un accord. »

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Si Dan Shak n'a pas d'informations venant ''de l'intérieur'', il possède une expérience suffisante du poker et du monde des affaires pour comprendre la situation.

Les noms de quatre des propriétaires de Full Tilt Poker ont été ajoutés à la plainte du Ministère de la Justice américain, mais d'après Dan Shak, les dix-neuf autres seraient bien avisés de ne pas traîner et de conclure un accord avec le gouvernement américain.

Ancien gestionnaire de ''hedge funds'' (fonds de placement spéculatifs), vainqueur de tournois à des buy-ins allant jusqu'à 100.000$, le joueur pro américain Dan Shak est d'avis que les propriétaires, bien que n'étant pas au courant des pratiques de l'entreprise, ne sont pas à l'abri de voir le Ministère de la Justice se pencher sur les bénéfices de leurs investissements.


Un
accord préférable à une bataille judiciaire interminable

« Je pense sincèrement que la majorité des propriétaires ne savaient pas ce qui se passait, et s'ils prennent des décisions raisonnables, j'ose espérer que le gouvernement les traitera en conséquence », nous a ainsi confié Shak à l'occasion des WSOP Europe 2011 à Cannes la semaine dernière.

« Donc s'ils arrivent à un accord à l'amiable avec l’État qui leur permette de garder assez d'argent et une perspective de carrière, je pense que le gouvernement se montrerait compréhensif. Vu les frais qu'engendre une bataille judiciaire face à l’État, c'est en tout cas ce que moi je ferais. »

Pour rappel, d'après la plainte déposée plus de 440 millions de dollars auraient été distribués aux directeurs et autres propriétaires de FullTilt Poker durant les quatre années précédant le 15 avril 2011.
Les accusations vont plus loin puisque pendant que les propriétaires drainaient des millions hors de l'entreprise, celle-ci était déclarée insolvable.

On estime le montant dû aux clients à 390 millions au 31 mars 2011 alors qu'à ce moment-là l'entreprise possédait moins de 60 millions en actifs.

Si Shak s'est empressé de nous préciser qu'il n'a pas d'information venant ''de l'intérieur'' et que son avis est simplement basé sur ce qui a été rendu public, il a tout de même une idée assez claire de la situation.

« Je pense que si les propriétaires font le premier pas et proposent de rendre l'argent, l’État se montrera clément, mais s'ils se font trop prier, le Ministère de la Justice ne les épargnera pas », avertit-il.

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Tom Dwan s'est d'ores et déjà proposé de restituer tout l'argent qu'il a gagné grâce à Full Tilt Poker.
« L'entreprise n'a clairement pas gagné ces 440 millions, ou du moins ils n'auraient pas dû recevoir ces 440 millions, donc l’État va vouloir les récupérer. »

« Mais le but du gouvernement n'est pas de ruiner les gens, donc ça devrait mieux se passer s'ils font le premier pas, font des offres raisonnables et proposent de rembourser des sommes décentes après avoir fait l'inventaire de leurs biens », ajoute-t-il.


Les profits des propriétaires pourraient servir à rembourser les joueurs

Pour l'instant, le gouvernement américain n'a pas encore intenté d'action contre le reste des propriétaires de Full Tilt Poker, mais il y a quelques raisons de penser que cela ne saurait tarder.

« Je pense que les joueurs vont récupérer leur argent, parce qu'en fin de compte, ce que veut le gouvernement, selon la somme qu'ils arriveront à rassembler, c'est rembourser les joueurs aussi entièrement que possible. »

Mais l'argent des joueurs va devoir venir de quelque part, et les actifs de l'entreprise ne couvrant qu'une infime partie ce de qui est dû, les propriétaires vont être la cible principale de l’État. D'autres paramètres sont cependant à prendre en compte. En particulier cette offre du Groupe Bernard Tapie qui a signé un accord conditionnel pour l'acquisition de FTP qui permettrait aux joueurs de récupérer leur argent.

« Pour moi, le problème avec cette offre c'est qu'elle demande 300 millions, mais qu'ils ne veulent pas les investir. Ils veulent que le Ministère de la Justice retourne l'argent saisi à l'entreprise et ils veulent financer le reste. Ça m'étonnerait que ça se passe ainsi », poursuit Shak.

« Ça m'embête de critiquer cette offre, mais honnêtement je ne pense pas que vendre l'entreprise soit une solution viable », ajoute-t-il, allant plus loin que l'offre du GBT. « À mon avis, la seule vraie valeur de Full Tilt, c'est son logiciel. »

« Je ne suis pas sûr de ce que peut être la valeur du programme aujourd'hui, mais la valeur de la marque doit être négative, et la base de joueurs aussi.

Le site a perdu toute sa crédibilité et malheureusement maintenant leur nom n'évoque qu'un business désastreux, une direction désastreuse et des joueurs en colère, donc je ne vois pas l'intérêt de garder le nom de Full Tilt, il n'a plus d'autre valeur que celle d'être connu. »

« Le software existe toujours, donc au final, même s'il y a faillite, l’État va vendre le programme à quelqu'un, une raison de plus qui fait qu'une vente me paraît peu probable. Si quelqu'un veut vraiment ce logiciel, il y a de grandes chances qu'il pourra l'acquérir pour moins cher dans une enchère », conclue Shak.


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