Bio joueur : David Ulliott

David Ulliott

Dans le monde du poker professionnel, David Ulliott est sans doute celui qui aura le plus ressemblé à James Bond : un accent anglais - même si du Yorkshire - , et des arrivées dans les tournois internationaux dans un pimpant costume noir ou smoking, avec les cheveux plaqués en arrière et quelque bijoux en or au poignet.

Peu importe que Bond soit encore un cran au-dessus quand il s'agit des voitures, du danger et des jolies filles : au rang des surnoms, 007 est en tous les cas battu. Ulliott s'est en effet fait connaître sous celui du Devilfish (un poisson venimeux qui peut tuer s'il n'est pas préparé correctement) depuis qu'il a battu Men "The Master" NGuyen dans un tournoi de Las Vegas en 2007.

La route d'Ulliott vers les sommets d'une large communauté de joueurs de poker toujours croissante s'est tracée après des années de pratique et de vie dure. Et Ulliott est assurément l'un des quelques pros de la scène poker à avoir eu une vie qui colle bien à la sordide histoire parfois attribuée au jeu.

David voit le jour le 1er avril 1954 à Hull en Angleterre. Et guère plus tard, il jouait déjà aux cartes. Enfant il s'asseyait pour suivre les parties se déroulant sur la table du salon de ses parents, pendant qu'à l'école il dédiait ses pauses déjeuner à jouer contre d'autres élèves, récoltant leur argent de poche dans l'affaire.
A 16 ans, Ulliott trouve sa voie dans un casino local et commence à jouer au 3-card brag, avant de devenir accro au poker quelques années plus tard.

A cette époque Dave s'était déjà lassé des études depuis un moment, et lâcha finalement l'affaire pour partir travailler (des boulots manuels divers et variés), trempant à côté de ça dans les paris sportifs et les parties de poker.
C'est alors en partie pour subvenir à ses besoins nés de ses habitudes de jeu, qu'Ulliott se lia à un groupe de malfaiteurs braquant les coffre-forts d'entreprises.
Après s'être fait attraper par la police avec l'un de ses collègues, Ulliott fut envoyé en prison pour neuf mois.

Mais il n'en ressortit pas dans la peau d'un homme neuf pour autant. Au cours des années qui suivirent, il fut de nouveau arrêté pour braquage à mains armées et rixes sur la voie publique, se voyant ce coup-ci condamné à un an et demi dans une prison fédérale.

Une fois libéré, Ulliott finit cette fois par se mettre à marcher droit.
Puis il se maria. Le couple ouvrit une boutique de prêts sur gage, qu'ils transformèrent ensuite en une bijouterie.

A côté de ça, Ulliott continuait de gagner de l'argent dans les parties de poker. Ses jours de criminel œuvrèrent d'ailleurs à son avantage le jour où il tomba sur des voleurs voulant le délester de ses gains au poker, l'homme n'ayant pas peur de la bagarre.

Ce n'est donc pas le brigandage qui fit d'Ulliott un homme riche. Il devint en effet tellement bon au poker que personne ne voulait plus de lui dans ses parties ; c'est ainsi qu'il dut se tourner vers le circuit du poker professionnel.

Nous sommes alors au début des années 90. Ulliott commence sa carrière en tournois à deux pas de chez lui, en participant principalement dans des épreuves disputées à Londres. Et bien qu'il lui arrivait occasionnellement de faire le déplacement vers les Etats-Unis, ce ne fut pas avant sa bataille de 1997 contre NGuyen dans le Pot-Limit Omaha Four Queens Poker Classic à 500$ de Las Vegas, qu'il éclata à l'international.

La même année, il participe à ses premiers World Series of Poker, au cours desquelles il décroche un bracelet en or dans l'épreuve de Pot-Limit Hold'em à 2 000 $.
Il parachève son année 1997 avec quelques tables finales réussies dans des tournois aux Etats-Unis, aux Pays-Bas, en France, et au Royaume-Uni. Une présence constante dont il continue de faire montre dans les tournois européens les années d'après, en continuant d'enregistrer des tables finales et en remportant même parfois les épreuves.

Mais Ulliott a aussi connu sa part de crève-cœur au poker. Toujours durant les WSOP, il échoue à la bulle dans l'épreuve de Pot-Limit Hold'em à 3 000 $ en 1998, à celle du No-Limit Hold'em à 2 000 $ en 2000, et à la fois à celles du Pot-Limit Hold'em à 2 000 $ et du Pot-Limit Omaha à 1 500 $ en 2001.

Avec plusieurs victoires en tournois à son actif, Ulliott se lance dans le World Poker Tour No-Limit Hold'em Championship à 10 000 $ en 2003, "empoisonne" la concurrence, et récolte son plus gros gain en tournoi de l'époque en remportant le tournoi, soit un butin de 589 000 $ (il a depuis battu ce chiffre avec une 3ème place dans le Doyle Brunson Five Diamond World Poker Classic de 2007).

A son actif également depuis, une 72ème place dans le Main Event 2004 remporté par Greg Raymer, et plusieurs autres nouvelles places payées et tables finales dans les WSOP chaque année ou presque.

Aujourd'hui Ulliott ne bouge plus guère de sa ville natale de Hull en Angleterre, où il vit avec sa femme et sept enfants. Durant son temps libre il apprécie la musique - à la fois en écouter et en composer en jouant du piano et de la guitare - , ainsi que s'entraîner au combat et au lever de poids.

Mais Ulliott est toujours sacrément présent sur le circuit du poker international et dans les parties d'argent annexes. Il est d'ailleurs bien connu pour son jeu agressif et pour sa capacité aiguisée à lire ses adversaires à la table.
Et bien qu'il soit souvent reconnaissable à ses tenues stylées, ses concurrents n'ont pas besoin de regarder plus loin que ses phalanges pour savoir à qui ils ont affaire : si la main du joueur leur faisant face porte une paire de bagues en or estampillées 'Devil' et 'Fish', ils sauront en effet que les jetons risquent bien d'aller s'empiler de l'autre côté de la table.

Divers et anecdotes

* Marié, sept enfants (de plusieurs unions)
* A passé plus de deux ans en prison après avoir été condamné pour braquages et vols à mains armées
* S'est classé second de quatre épreuves des World Series of Poker, et détenteur d'un bracelet en or
* Sujet de la biographie poker britannique "Swimming with the Devilfish" (Nager avec le Devilfish)
* Son autobiographie est sortie en 2010, sous le titre "The life and times of a poker legend".

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