De quoi parlons-nous quand nous parlons de poker ?

Jetons de poker2

En tant que journalistes poker, joueurs de poker - professionnels comme amateurs - et fans de poker, nous en parlons beaucoup.

On parle de mains. De bad beats. De bonnes séries. De HU4rollz.

Mais quel que soit l’aspect du poker qu’on évoque, il y a toujours quelque chose derrière.

Alors de quoi parle-t-on vraiment lorsqu’on parle de poker ?


La condition humaine

Nous parlons du jeu

Des jetons. Des cartes. De l’argent. Du besoin de s’amuser, de la compétition et de ce besoin intime de recréer les émotions ressenties lorsqu’on jouait à la guerre avec nous amis.

Nous parlons de la famille

Nous parlons des neuf personnes autour de la table comme s’ils étaient nos frères et sœurs. Nous les regardons se ronger les ongles, trembler de nervosité, arborer un grand sourire. Et nous les aimons.

Argent de poker
Plus que des jetons, des cartes et de l'argent.

Nous parlons de soutien

Nous parlons de ces moments où nous ne savons pas quoi faire. Nous parlons de ces neuf personnes qui foncent sur nous pour nous sauver de nous-mêmes.

Nous parlons d’une leçon de finance

Nous parlons d’argent. De ces bouts de papier qui nous font faire n’importe quoi. Ah, la condition humaine.

Nous parlons du prêt demandé à des amis parce que nous avons perdu beaucoup, mais que l’attraction du jeu est trop forte.

Nous parlons de ce même prêt quand nous sommes entourés de sharks. Nous parlons de révolutionner les cours de mathématiques.

Nous parlons de service

Nous parlons de donner aux autres. Nous parlons de Robin des Bois. Nous parlons d’associations comme Raising for Effective Giving (REG) et de ce qui est le plus important, entre un don de 5 % et le câble.

Nous parlons du One Drop, de la Fondation WPT et de toutes les autres associations caritatives du poker qui travaillent à rendre le monde moins terrible.

Nous parlons d’intégration

Philipp Gruissem en Ouganda
Le monde du poker sait aussi donner.

Nous parlons de David Bowie, s’il avait été un joueur de poker. Nous parlons de Ziggy Stardust et sa guitare.

Nous parlons de lesbiennes, d’homosexuels, de transsexuels, de manchots, de culs-de-jatte, de gros et de maigres.

Nous parlons des peaux de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Nous parlons des agoraphobes et des voyeurs, des paumés et des avocats. Nous parlons des athées et des bonnes sœurs, et de tous les autres.

Nous parlons de l’ombre

Nous parlons du côté sombre. Est-ce qu’on veut savoir d’où il vient, ce besoin d’en avoir toujours plus ?

Nous parlons de cette ombre qui ne sort que lorsqu’elle entend le bruit des jetons qui s’entrechoquent. Nous parlons de fuir. Nous parlons de tout garder. Nous parlons de ne jamais rembourser.

Nous parlons d’amour

Nous parlons du coup de foudre. Nous parlons de valeurs et de convictions. Nous parlons de l’amour du jeu.

Nous parlons de gants en fourrure de Venise et d’une grande partie de tennis. Nous parlons d’une seule des couleurs : elle est rouge et bat en nous.

Nous parlons d’aventure

Nous parlons d’une vie de vagabond. Nous parlons des vies. Nous parlons de l’expérience. Nous parlons de sortir de cette bulle claustrophobe et de trouver une fleur à polliniser.

Daniel Cates et les dauphins

Nous parlons de vitamine D et de notre utopie. Nous parlons d’être assis au bord de l’océan avec des amis qu’on n’aurait jamais rencontrés sans le poker.

Nous parlons d’éducation

Nous parlons de QI. Nous parlons de QE. Nous parlons du besoin de mentors, de groupe Skype et de forums.

Nous parlons de mémoire photographique. Nous parlons d’un apprentissage constant, de progression et de devenir quelqu’un de meilleur.

Nous parlons de ce qui nous a sauvé la vie

Nous parlons du passé. Nous parlons d’une vie difficile et d’un médecin qui a su trouver en nous notre cœur et le relancer.

Nous parlons de conditionnement social, de la caverne de Platon et du besoin de faire partie d’un groupe. Nous parlons des masses.

Nous parlons d’être ce club de golf trimballé partout par le caddie. Nous parlons de purée de petit pois, de tourte et de frites, de perfusions et de lèvres gercées.

Voilà de quoi je parle quand je parle de poker. Et vous ?