Doyle Brunson : « Ce sont peut-être mes derniers WSOP. »

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Doyle Brunson dispute les WSOP depuis leurs débuts en 1970.

40 ans de participation aux WSOP, 10 bracelets. Voilà le CV de Doyle Brunson. Mais à 78 ans, l'une des légendes vivantes du poker pense disputer ces derniers WSOP cette année.

« Ce seront probablement mes tout derniers WSOP. Ça dure trop longtemps », nous a t-il confié à Las Vegas. « J'aime bien jouer 7 ou 8 heures, et je peux jouer un peu plus longtemps, mais aux WSOP les journées sont beaucoup trop longues pour moi. »

Double champion du monde en 1976 et 1977, Brunson joue depuis quelques années de moins en moins de tournois aux WSOP, préférant se réserver pour des parties d'argent à hauts enjeux.

Texas Dolly participait ces derniers jours au Players' Championship à 50 000 $, face à d'autres légendes comme Phil Hellmuth et Phil Ivey, que beaucoup considèrent comme le meilleur joueur du monde.

L'esprit toujours aiguisé, Brunson se voit bien jouer au poker encore longtemps, mais plus aux World Series.

« J'ai toujours su que le poker serait toute ma vie, du moment que le mental et le physique suivent. J'ai de la chance, mes ancêtres ont vécu bien et longtemps », explique-t-il.

40 ans de souvenirs aux WSOP

Doyle Brunson faisait partie des sept joueurs qui avaient désigné Johnny Moss vainqueur lors des tout premiers WSOP en 1970.

L'homme au chapeau de cow-boy se confronte régulièrement aux meilleurs depuis plus de 40 ans, et est sans aucun doute le meilleur témoin de l'histoire du poker. En bref, Doyle Brunson est LE monstre sacré du poker, un statut justifié.

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"Ces histoires d'héritage ne m'intéressent pas. L'important c'est la vie et les vivants."

Mais pour sa part Doyle dit ne pas se préoccuper de son héritage.

« Ces histoires d'héritage ne m'intéressent pas. L'important c'est la vie et les vivants. Quand un mec meurt, les gens devraient juste dire : « C'était un mec bien. Bon, on mange quoi ce soir ? » », ajoute-t-il en riant.

Que cela l'intéresse ou pas, l'héritage que Doyle Brunson laissera au monde du poker sera énorme, que ce soit en tant que joueur, ambassadeur du poker, ou auteur de Super/System, la bible du poker. Mais si tout cela l'importe peu, ce n'est pas le cas de ses 40 ans de souvenirs.

« J'ai mes souvenirs. Pas juste ceux de cette année, ceux de mes 40 ans de WSOP », dit-il, « Le jeu est entre les mains de la nouvelle génération maintenant. Il y a tellement de jeune joueurs que je ne connais pas, tellement de très bons joueurs... Mais les meilleurs, ceux qui seront toujours là dans 20 ans, ce sont les Phil Hellmuths, les Phil Iveys, les Daniel Negreanus et les Erik Seidels. »

« Je suis particulièrement impressionné par ce que fait Phil Hellmuth, parce qu'on a tendance à ne pas le considérer comme un joueur très polyvalent. Alors même si Phil Ivey est manifestement l'un des meilleurs joueurs de tous les temps, Hellmuth a prouvé qu'il peut tout jouer, et il se donne tellement à fond pendant les tournois qu'il faut le saluer. »

En remportant son dixième bracelet en 2006, Hellmuth avait rejoint Brunson et Johnny Chan au classement. Depuis le "Poker Brat" a remporté deux bracelets supplémentaires et a terminé deuxième à trois reprises en 2011. Et si Brunson a beaucoup d'estime pour des joueurs comme Hellmuth ou Ivey, il est également attentif à ne pas sous-estimer ses autres adversaires, une leçon apprise en 40 ans de poker au plus haut niveau.

« Je ne sous-estime personne qui paye et s'installe à la table. Beaucoup de joueurs le font, mais pas moi. J'ai beaucoup de défauts, mais pas celui-ci. » La sagesse des champions.

 

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