Bio joueur : Erik Seidel

Erik Seidel

Peu importe le nombre de tournois qu'Erik Seidel a remporté - et il en a gagné un paquet - il lui restera sans doute toujours en tête sa défaite dans le Main Event des World Series of Poker 1988 face à Johnny Chan.

Même si Seidel a dit qu'il avait presque effacé cette partie de sa mémoire, le moment vivra pour l'éternité dans les rush utilisés pour le film Rounders (Les joueurs). Et près de deux décennies et huit bracelets plus tard, les gens continuent d'en parler.

Pourtant si quelqu'un mérite qu'on le laisse tranquille avec ça, c'est bien Seidel. Déjà il s'agissait alors de sa première participation aux WSOP, et sur une mauvaise série de neuf éliminations dans des tournois antérieurs au Main Event dans ces WSOP.

Et le relativement novice joueur de poker avait plutôt bien dû s'en tirer pour parvenir en heads-up contre l'un des meilleurs pros du monde.

Aujourd'hui, après avoir gagné ses galons au cours de nombreuses années à avoir arpenté les tournois et le jeu en cash game, Seidel peut s'enorgueillir de sept titres WSOP à son palmarès.

La vie avait pourtant commencé très simplement pour Seidel, né le 6 novembre 1959 à New York City. Jeune garçon il aimait déjà les jeux, et se montrait déjà un compétiteur doué. Seidel a même fait une apparition dans le désormais défunt jeu télévisé « To tell the Truth » (Pour dire la Vérité) lorsqu'il avait 12 ans.

Ses talents au jeu ne commencent cependant pas à payer avant qu'il ne se mette au backgammon tandis qu'il fréquente le Brooklyn College.
Nous sommes dans les années 70, et Seidel voit alors des réelles opportunités dans le jeu ; il lâche ainsi l'école et commence à voir l'affaire sous un angle professionnel.

Erik prend ses quartiers au Mayfair Club, une salle de cartes légendaire de New York où les joueurs de backgammon et de bridge avaient toujours moyen de trouver une partie.
Le manège dure près de huit ans, avec quelques voyages à travers les Etats-Unis pour participer à des tournois entremis. Mais au fil du temp, de plus en plus de gens commencèrent à se tourner vers le Mayfair pour jouer au poker.

Seidel avait un peu joué au Hold'em durant ses séjours à Las Vegas et commença ainsi par hasard à intégrer ces parties. Bien qu'une carrière professionnelle pouvait commencer à se faire sentir, se mit pourtant en quête d'un boulot classique avec revenu stable. En 1985 il commence à travailler en tant que courtier, avec ses gains de parties de poker du soir au Mayfair pour compléter son salaire.

Mais Seidel n'était pas destiné à un travail routinier. En 1987 le marché s'écroule, et Erik s'en retrouve sans travail avant de revenir vers le Mayfair. Depuis, certains grands du poker d'aujourd'hui, dont Dan Harrington et Howard Lederer, avaient fait leur apparition aux tables du club. Un petit monde que Seidel finit vite par rejoindre.

Son jeu de poker s'améliore alors rapidement, et en 1988 Seidel se sent suffisamment en confiance pour demander à des amis d'investir sur lui dans pour ses premières World Series of Poker. Cette fameuse année, il s'inscrit pour 10 tournois, mais est éliminé dans neuf d'entre eux... avant le Main Event.

Parvenu en table finale, le relatif nouveau-venu finit par se retrouver en heads-up contre Johnny Chan, le champion en titre.

Dernière main de la partie : Seidel, short stack, se retrouve à la grosse blind avec Q-7, qui trouve sa paire sur un flop Q-10-8. Mais ce qu'il ne savait pas, c'était qu'avec un J-9 son adversaire détenait la quinte max...

Chan sous-joua sa main par une série de calls, et lorsque la turn et la river affichèrent toutes deux des briques, Seidel poussa son tapis. Tout était alors fini.
Avec le recul, Seidel déclara plus tard que cette partie était une expérience surréaliste pour laquelle il n'était totalement équipé.

Mais inutile de dire que l'homme rebondit bien vite.

Après cette déception Erik retourne à New York pour travailler à Wall Street et continue de jouer au poker à hauts enjeux, sans oublier de s'asseoir aux tables de tournois.

Aux WSOP de 1991, il se classe une nouvelle fois second dans l'épreuve de Limit Hold'em à 5 000 $, mais connait l'or les années suivantes lorsqu'il termine premier dans l'épreuve de Limit Hold'em à 2 500 $ de 1992 et dans celle d'Omaha Eight-or-Better à 2 500 $ de 1993.

En 1994 Seidel confirme que le Hold'em était son bel et bien son jeu lorsqu'il remporte un nouveau bracelet dans l'épreuve de Limit à 5 000 $. Suffisant cette fois pour le convaincre qu'il était temps de devenir pro. En 1995 Seidel et sa femme déménagent de ce fait à Las Vegas.

Erik ne re-goûte pas à la victoire dans les WSOP avant 1998, Series au cours desquelles il accroche à son tableau le Deuce-to-Seven Triple Draw à 5 000 $.
L'année d'après il se retrouve en terrain familier : la table finale du Main Event. Cette fois Seidel n'allait pas parvenir jusqu'au tête-à-tête final, sorti en quatrième place pour un prix d'environ 280 000 $.

L'argent pouvait lui continuer de couler à flots. Dans l'épreuve de No-Limit Hold'em à 3 000 $ de 2001 Seidel empoche un nouveau bracelet et 411 000 $ pour la victoire. Le Jack Binion World Poker Open à Tunica, dans le Missouri s'est également montré lucratif pour lui, avec 258 020 $ d'ajoutés à sa bankroll en dépit de sa deuxième place.

Aux WSOP 2003, Seidel participe aux events de Pot-Limit Omaha à 1 500 $ et de No-Limit Hold'em à 3 000 $, pour s'y classer respectivement premier et troisième.
La même année, Seidel confirme aussi son abonnement aux deuxièmes place dans l'épreuve de No-Limit Hold'em de l'United States Poker Championship à 9 800 $.

Mais Festa Al Lago II et III furent tous les deux de biens meilleurs souvenirs pour Seidel en 2004, lorsqu'il y conclut ses participations par des victoires dans les épreuves du No-Limit Hold'em à 2 500 $ et du No-Limit Hold'em Final Day à 3 000 $. Il enregistra également cette année-là une quatrième place dans le Doyle Brunson No-Limit Hold'em Poker Championship. En 2005, Seidel célébra son septième bracelet dans l'épreuve de No-Limit Hold'em à 2 000 $, lui rapportant 611 795 $.

Et son huitième succès vint à la fin d'une édition 2007 des WSOP presque décevante, où Seidel remporta le dernier tournoi avant le Main Event : le No-Limit Deuce-to-Seven Triple Draw Lowball avec re-buys, une nouvelle victoire grâce à laquelle Seidel engrangea 538 835 $.

A noter depuis : une deuxième place aux Aussie Millions 2008, et un premier titre du World Poker Tour dans le Foxwoods Poker Classic la même année, pour ce qui sont ses deux plus gros gains en tournois (879 028 $ et 992 890 $ respectivement) à ce jour.
Erik a également confirmé ses bonnes prédispositions pour les WSOP, avec 5 places payées en 2009 dont 3 tables finales (avec une jolie 8ème place dans l'Event de HORSE à 50000$), et 4 nouvelles places payées en 2010 dont 3 tables finales (dont pour chaque année l'une acquise dans le Charity Event).
Ses gains en tournois s'élèvent fin 2010 à plus de 10 millions de dollars.

Tant de succès auront bien évidemment permis à Erik de connaître d'autres honneurs et avantages, dont un sponsoring par Full Tilt Poker, pour qui il est apparu dans une série de publicités télévisées.

Seidel est marié et a des enfants. Durant son temps libre il joue au tennis, regarde des films indépendants, et est un fanatique de musique. Son site web personnel inclut d'ailleurs une rubrique musique avec des centaines d'albums personnellement recommandés et qu'il a téléchargé dans son iPod.

Il ne fait cependant pas de doute que la vraie passion d'Erik reste le poker. Et du fait de son talent désormais indéniable et de toute cette expérience accumulée, l'on pourrait bien se demander de quelle différente manière pourrait aujourd'hui se jouer cette fameuse partie du Main Event 1988.

Divers et anecdotes

* Est devenu le seul joueur des World Series of Poker à avoir gagné des titres trois années consécutives.
* En vedette dans le film Rounders (Les joueurs), dans des images d'archives du Main Event des WSOP 1988.
* A travaillé à Wall Street.
* Ancien joueur professionnel de backgammon.

 

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