Fernando Pons, un Espagnol à la pêche au titre mondial

Le joueur de poker espagnol Fernando Pons aux WSOP.

Le mois dernier, Fernando Pons est devenu le deuxième Espagnol à atteindre les November Nine. Mais il ne veut maintenant pas s’arrêter là, et remporter le titre de champion du monde.

PokerListings Espagne a eu la chance de parler avec celui qui sera la tête d’affiche du poker ibérique pour cette seconde partie d’année.  

Beaucoup ont déjà fait de Pons le « nouveau Moneymaker » en qualité de semi-amateur qualifié sur Internet, mais l'Espagnol est bien conscient que pour justifier ce surnom, il devra remporter le Main Event des World Series of Poker 2016 en novembre prochain.

Et c’est avec le plus petit nombre de jetons au redémarrage de la table finale qu’il tentera d’écrire l’histoire. Si cela devait arriver, cela pourrait entraîner un nouveau boom du poker.

Qui aurait en effet pu imaginer qu’un satellite à 30 € lui permettrait d’envisager de remporter 1 000 000 € ? Et pourtant, c’est ce qu’a d’ores et déjà accompli Pons. Un véritable exploit.

« Un rêve devenu réalité »

« Je viens de réaliser le rêve de tout joueur de poker, un rêve devenu réalité », nous confiait Fernando.

Il se décrit dans sa mini-bio Twitter comme un « Travailleur, père, mari et passionné de poker dans mon temps libre » (@nandito1312). Un travailleur qui a dû expliquer à son boss ce qu’il vient de se passer au Rio All-Suite Hotel & Casino de Las Vegas.

« En vérité, je ne lui ai pas dit ce que je faisais. Je lui avait simplement dit que j’étais aux États-Unis, pas que je jouais. Je lui en ai parlé quand je suis arrivé à Majorque, mais il était évidemment déjà au courant. »

Aujourd’hui, Pons envisage de prendre une année sabbatique pour profiter de sa performance.

Fernando Pons
Fernando signe pour la postérité.

« J’ai demandé un congé pour pouvoir profiter de cette année et consacrer plus de temps au poker, bien que cela reste un hobby », explique le Majorquin. Pons a commencé le poker « presque comme tout le monde, à la maison avec des amis, avant de m’intéresser au poker en ligne parce qu’il y avait des satellites pour le casino de Majorque. En dehors du poker, j’ai toujours aimé la pêche et le sport en général. »

À la pêche aux jetons

La tâche de Fernando Pons en table finale du plus prestigieux tournoi de poker au monde sera loin d’être facile. Il devra utiliser tout son talent pour "pêcher" énormément de jetons au tout début de la partie et espérer survivre, même s’il préfère ne pas évoquer sa tactique.

« Je ne vais pas parler publiquement de ce que j’ai prévu de faire, parce que j’espère bien que cela me permettra de doubler mon tapis plusieurs fois », explique-t-il.

Pons est en tout cas bien conscient des facteurs à prendre en compte en table finale du Main Event. « Dans mon cas, c’est très simple : je dois bien choisir les mains et avoir un peu de chance. Si je réussis à marquer quelques points, je reprendrai mon jeu. »

Autour de la table finale se trouveront des joueurs comme Gordon Vayo, Cliff Josephy, Michael Ruane, Griffin Benger ou Kenny Hallaert. L’Espagnol a déjà un favori en tête. « Logiquement, ce devrait être Cliff Josephy pour l’expérience et pour son avance, mais à une table finale, tout peut arriver. »

Andoni Larrabe
Andoni Larrabe, le dernier finaliste espagnol il y a deux ans.

Il pourra en tout cas se préparer pendant plusieurs mois pour prendre la relève des deux Espagnols déjà arrivés en table finale du Main Event des WSOP : Carlos Mortensen, champion en 2001, et Andoni Larrabe, 6è en 2014. « Je ne les ai pas contactés, et comme je ne les connais pas personnellement, je pense que ce ne sera pas le cas, à moins que je les croise », confie t-il lorsqu’on lui parle de ses prédécesseurs.

D’ici là, Pons participera notamment au tournoi 888Live local qui aura lieu au Casino de Bilbao, mais pas seulement. « J’irai aussi à Barcelone pour l’ESPT et l’EPT, ensuite je pense participer à quelques étapes des circuits nationaux », confirme-t-il.

« L’effet Pons »

En 2003, Chris Moneymaker a lancé l’âge d’or du poker au niveau mondial. Il était parti de tout en bas pour arriver au sommet du poker mondial. Une histoire qui pourrait ici se répéter pour 888poker et Fernando Pons.

« C’est un honneur d’être comparé à Moneymaker, mais pour que la comparaison soit valable, il faut que je remporte le Main Event. J’espère pouvoir le faire et avoir le même effet sur le poker espagnol que Moneymaker à l’époque. »

Cependant, comme nous le confiait Adrián Mateos dans une interview récente, le problème du poker espagnol est principalement qu'il s'agit d'« un système à deux vitesses ». Mateos ne vit plus en Espagne, mais Pons habite à Palma de Majorque. Il connaît donc bien le sujet.

9 finalistes WSOP 2016
Vers un nouvel effet Moneymaker ?

« Aujourd’hui, il est quasi-impossible de vivre du poker en ligne en Espagne. Je crois qu’on peut compter sur les doigts d’une main les joueurs qui le font, et c’est à cause de la législation espagnole. C’est totalement injuste de devoir donner le moitié de ses gains à l’État. Tout ce que cette loi réussit à faire, c’est faire fuir presque tous les joueurs professionnels. »

Mais Pons recommanderait tout de même à tous ceux qui veulent se lancer de le faire.

« Tout dépend de la situation de chacun, mais si tu veux te mettre au poker à plein temps, émigrer est la meilleure solution. »

Avec un million de dollars déjà garantis et versés (en attendant peut-être plus et jusqu'à 8 millions), Pons abordera le mois de novembre avec l’espoir de remporter son premier titre majeur à Las Vegas. Il nous a tout de même confié qu’il profitait déjà un peu de son prix.

« Je n’ai pas encore réfléchi à comment je le dépenserai, mais je suis quelqu’un de plutôt prudent et j’ai encore largement le temps d’y penser. Mais j’ai déjà assouvi quelques caprices. (rires) »