Alexandre Dreyfus : « Le poker, c'est du show-business. »

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Depuis son lancement il y a deux ans, le Global Poker Index a pris une ampleur incroyable en si peu de temps.

Il est d'ores et déjà devenu le plus grand système de classement des joueurs de poker du monde, et la plupart des joueurs de poker le considère comme le système de classement le plus viable.

Depuis le rachat de la base de données Hendon Mob en juillet 2013, le GPI est également devenu la plus grande base de données de poker du monde.

Au lieu de se cantonner à un seul type de classement, le GPI intègre désormais deux classements supplémentaires : celui du « Joueur de l'année »  et la « Challenger Cup ».

Cette dernière se concentre sur les tournois à buy-in bas/moyen (jusqu'à 2000$) pour mettre en avant les meilleurs joueurs qui n'ont pas les moyens de participer à des tournois plus coûteux.

Ainsi, les meilleurs « challengers » d'Europe, d'Amérique du Nord et d'Asie seront présentés lors de la cérémonie annuelle des European Poker Awards et recevront des packages pour les plus grands tournois du monde.

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"Nous avons voulu trouver un moyen de montrer qui était le meilleur des joueurs de poker."

Un concept qui rencontre un grand succès, puisque de nombreux sites internet ont adopté le GPI et l'ont intégré via des widgets. Par ailleurs, près de 1500 casinos dans 90 pays différents transfèrent directement les résultats des tournois qu'ils organisent au GPI.

« Nous voulions trouver un moyen de savoir qui sont les meilleurs joueurs de poker » explique Alex Dreyfus, PDG du GPI.

« Nous sommes arrivés à la conclusion qu'il s'agit des joueurs qui ont eu les meilleurs résultats sur les trois dernières années en prenant en compte les buy-in et la taille du tournoi. »


Régularité et reconnaissance

En théorie, les tournois à partir de 1$ sont enregistrés. Plus le buy-in est élevé, plus les joueurs remportent de points.

Le buy-in maximal est fixé à 20 000$, afin que des tournois particuliers comme le Big One for One Drop à 1 million de dollars ne faussent pas le classement.

Auparavant, ce genre de classement était toujours écrasé par les vainqueurs du Main Event des WSOP, même lorsqu'ils n'avaient pas remporté d'autres tournois. Or le GPI fait en sorte de minimiser l'impact que peut avoir un seul tournoi.

« Le temps entre aussi en compte. Tous les deux mois, la valeur des points marqués sur un tournoi diminue avant de disparaître au bout de 36 mois » explique Dreyfus.

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Des joueurs tels que Dan Smith, qui gagnent souvent sur le long terme, obtiennent la reconnaissance méritée.

Résultats, les joueurs réguliers qui signent de bons résultats sur une longue période de temps sont les plus favorisés, pas ceux qui remportent un seul gros tournoi.


Les joueurs veulent être reconnus, les casinos veulent faire parler d'eux

Si le GPI a remporté un tel succès si rapidement, c'est en partie grâce à une caractéristique essentielle de l'espèce humaine : la vanité. Non pas que ce soit un problème.

Les casinos veulent être médiatisés. Ils veulent que leurs résultats soient publiés et les envoient donc spontanément au GPI.

Le GPI n'a donc pas beaucoup d'efforts à fournir en terme de « collecte » des résultats pour obtenir de nombreuses données. Mais cela ne s'arrête pas là.

Dreyfus ajoute : « Chaque jour, nous recevons des plaintes de certains joueurs disant que tel ou tel résultat n'a pas été publié. »

D'un autre côté, il y a également beaucoup de joueurs qui ne souhaitent pas que leurs résultats apparaissent sur le site, qu'ils aient peur du Fisc ou qu'ils veuillent préserver leur réputation.

Dreyfus répond sans équivoque : « Nous recevons énormément de demandes de ce type, mais nous ne supprimons jamais les résultats. Les tournois de poker sont des événements publics : lorsqu'on participe à un tournoi de poker, on doit accepter que les résultats soient connus. Si vous ne souhaitez pas que votre nom apparaisse, ne participez pas.

Cependant, nous ne publions pas le retour sur investissement des joueurs. Notre but n'est pas de causer du tort aux joueurs.

Le poker, c'est du show-business. On a besoin d'histoires et de médiatisation. Si l'on veut attirer les médias grand public, il faut qu'il y ait un système de classement unique, comme au golf ou au tennis.

Eux aussi préféreraient peut-être ne pas parler d'argent, mais cela n'empêche pas que les résultats sont publics. »

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Attribuer des récompenses fait partie des autres étapes importantes.


Des American Poker Awards en 2015

Des histoires, c'est peut-être ce que permettront de mettre en avant les tout nouveaux American Poker Awards.

Le GPI ayant racheté les European Poker Awards, ils ont désormais le droit de reproduire ce modèle dans le monde.

Les American Poker Awards seront donc organisés pour la première fois en 2015 à Los Angeles. Les organisateurs espèrent à cette occasion attirer l'attention des magazines et chaînes de télévision (outre ESPN).

Autre exemple, la possibilité de l'organisation d'une série de tournois de sit-and-go appelée les Global Poker Masters. On y verrait s'affronter les quatre meilleurs joueurs de l'année et les neuf pays les plus performants afin de déterminer le meilleur pays de l'année.

On devrait rapidement en savoir plus sur cette nouveauté.


Les tournois comme Battle of Malta attirent les amateurs vers le poker live

Entre le WPT, le Deepstack Poker Tour et d'autres circuits nord-américains moins connus, le GPI a déjà conquis beaucoup d'organisateurs de tournois.

La dernière innovation du GPI est la création de trois classements différents pour l'European Poker Tour : or, argent et bronze.

Encore une fois, les classements sont basés sur différents types de buy-in (<600€, 600€-2000€, >2000€). Ils ont été lancés lors de la première étape de la saison 11 de l'EPT, à Barcelone.

Les trois premiers leaders sont Marcelo Gustavo Caceres (bronze), Gleb Kovtunov (argent) et Fedor Holz (or).

Pour Dreyfus, la priorité est désormais de convaincre les académies et sites de coaching comme celui de Phil Ivey. Dreyfus est optimiste puisqu'il estime que ces partenariats pourraient apporter aux deux parties.

Par ailleurs, ces différents types de classements permettent d'attirer l'attention sur des joueurs de limites basses et moyennes :

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"Je soutiens absolument des tournois à 550€ de buy-in tels que le Deepstack tour et Battle of Malta."

« Je suis un fervent supporter des tournois à 550€ comme la Battle of Malta ou le Deepstack Tour, ils permettent d'attirer les amateurs vers le poker live. »

Ainsi, le vainqueur de la Battle of Malta réalisera par exemple une excellente opération à la Challenger Cup.


Le GPI en pôle

Les critiques accusent souvent le GPI de chercher à avoir un monopole, mais ce n'est pas réellement une menace.

Les médias poker comme Card Player ou Bluff Magazine conserveront toujours leurs propres classements pour désigner leur Joueur de l'année.

Quant au poker en ligne, PocketFives s'appuie sur une communauté solide et un système de classement bien implanté.

Il n'y a donc aucune raison pour que tout ce beau monde ne puisse pas cohabiter. Cependant, en ce qui concerne le live, il semble que le GPI soit définitivement en pôle position.

 

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