André Akkari : « Les Jeux Olympiques sont une lueur d'espoir »

Andre Akkari EPT Barcelone

Qui de mieux qu'un joueur brésilien pour revenir avec nous sur les Jeux Olympiques 2016 qui viennent de s'achever à Rio, avec son lot de polémiques ? Rencontré lors de l'EPT qui se tient actuellement à Barcelone, André Akkari nous parle également de la situation actuelle au Brésil.

Le Brésil est l'un des marchés qui grandit le plus à travers le monde. Et une chose est sûre : André Akkari ne se lasse jamais de promouvoir le poker et son pays.

Akkari est devenu si populaire au Brésil que des gens le reconnaissent aujourd'hui dans la rue. Le comité olympique lui a même demandé de porter la flamme olympique dans les rues de Taubaté, non loin de sa ville natale de Sao Paulo.

A présent à Barcelone pour disputer la première manche de la saison de l'European Poker Tour, il nous donne d'abord son sentiment sur l'organisation des Jeux Olympiques de Rio par son pays.
Et pour lui, en dépit des controverses, cet évènement aura rappelé à sa terre natale quelque chose qu'elle avait presque perdue.

André Akkari : Ils m'ont invité à prendre la torche après avoir organisé un sondage avec différents noms de joueurs de sports d'esprit. J'ai récolté 90% des voix.

Ca a été une superbe expérience. Les gens criaient mon nom sur le bord de la route, c'était absolument incroyable.

Andre Akkari porte la flamme olympique
Plus qu'un joueur de poker, désormais un véritable porte-drapeau pour son pays.

J'ai porté la flamme sur quelques 200 mètres, donc ça ne représente que quelques minutes. J'ai pris mon temps pour avoir un peu plus de temps.

Si l'on regarde en arrière sur ces deux semaines de compétitions et les controverses qui sont nées autour, penses-tu que ces Jeux ont été un succès ?

Je pense qu'ils ont été géniaux. Mais il y a toujours deux faces à la médaille au Brésil.
La première face c'est la politique, la corruption, l'économie. On semble toujours très bons pour prendre les mauvaises décisions dans tous ces domaines.

L'autre face de la médaille ce sont les gens. La manière dont nous avons pris soin des athlètes, à la fois les nôtres et les autres, dont nous avons fait la fête... Même l'organisation des épreuves était bonne, et les volontaires qui sont venus du quatre coins du monde notamment ont été fantastiques. Ils ne gagnent pas d'argent mais ils sont tellement concernés, je n'avais jamais vu quelque chose de semblable auparavant.

C'est important pour moi de séparer ces deux faces de la médaille - l'argent et les politiques d'un côté, la population de l'autre.

Lorsque le Brésil a gagné le droit d'organiser ces Jeux en 2009, les choses s'annonçaient bien. Le président Lula déclarait que cela allait permettre au Brésil de passer "du rang de pays de deuxième classe à un pays de première classe". Mais quand les épreuves ont débuté, le pays était englué dans toutes sortes de problèmes, dont une campagne de mise en accusation de la présidente Dilma, ou la démonstration de la police à l'aéroport avec une pancarte disant "Bienvenue en enfer."

C'est pas loin d'être la pire chose que j'ai pu voir (il secoue la tête). "Bienvenue en enfer"...

André Akkari
"Ces Jeux Olympiques ont été un succès."

Mais toutes ces mauvaises choses qui sont arrivées ces deux dernières années au Brésil sont toujours là. La corruption, la crise économique...

La plus grosse surprise de ces Jeux Olympiques est la façon dont tout s'est bien déroulé malgré tous ces soucis que nous avons connus. Avant les Jeux personne ne croyait que ça serait possible, mais ce fut le cas.

Ca valait donc tout cet argent dépensé d'amener les Jeux au Brésil ?

Je le pense. Les problèmes ont anéanti l'esprit des gens durant ces trois dernières années. Je crois que beaucoup de Brésiliens ont perdu leur amour pour leur pays, ils ont perdu leur fierté et leur passion.

Ces Olympiades nous ont ramené un peu de tout ça. Les gens se sont mis à reporter du jaune et du vert, et ils sont supporté nos athlètes avec passion.

Nous verrons s'il sera possible de canaliser cette nouvelle énergie dans la bonne direction. Ces prochains mois vont être cruciaux parce que nous sommes toujours dans une situation terrible.

Il est à peu près sûr que d'autres gouvernements ont tendance à faire la même chose, utiliser des évènements sportifs pour leur propre intérêt. Ce n'est probablement pas spécifique au Brésil.

Oui, mais lorsqu'ils font ça en Angleterre ou en Allemagne, le pays est toujours solide. Une mauvaise décision ne serait pas cruciale pour le futur du pays.

Au Brésil nous en sommes à un stade crucial. La violence augmente, la pauvreté augmente, c'est vraiment critique.
Mais en ce qui concerne l'amour et la fierté, les Jeux auront été magnifiques.

Drapeau du Bresil aux WSOP
Un pays sur le fil du rasoir et qui a besoin de retrouver ses couleurs.

Les fans brésiliens sont traditionnellement de nature passionnés, mais durant ces Jeux de nombreux athlètes et spectateurs se sont plaint de leur manque de sportivité. As-tu vu les choses de la même manière ?

Non. Je suis allé voir la cérémonie de Michael Phelps et la finale de football (victoire du Brésil contre l'Allemagne aux tirs au but NDLR), et il y avait beaucoup d'applaudissements pour tout le monde.

Ce qui est arrivé au sportif français en saut à la perche (Renaud Lavillenie) n'était pas bien, et peut être un peu désespéré, car personne n'aurait imaginé qu'un Brésilien pouvait gagner.

Mais je pense que c'était une exception.

Cela reflète t-il le fil du rasoir sur lequel se balance la nation brésilienne en ce moment ?

C'est un signal. Cela montre à quel point le peuple est dévasté. C'est pourquoi les derniers jours étaient si importants, lorsque le Brésil a remporté les tournois de football et de volleyball.
Le volley est le sport numéro 2 au Brésil, et cela aurait été un désastre si on avait perdu ces deux épreuves.

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