Andre Akkari : « 40% des Brésiliens veulent voir le Brésil perdre la Coupe du Monde. »

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Le joueur de poker brésilien Andre Akkari.

Si le poker reste le principal sujet de conversation des WSOP, la Coupe du Monde de football lui fait sérieusement concurrence cette année. Des joueurs de poker du monde entier sont présents et certains font partager leur amour du football.

Le Brésil accueille la Coupe du Monde, mais tout n’est pas rose au pays du football.

Bien qu’ils soient heureux de pouvoir mettre en avant leur pays et de voir affluer les touristes, la corruption endémique supposée entre la FIFA, le gouvernement et les entrepreneurs jette un froid.

Andre Akkari, qui compte un bracelet WSOP à son palmarès, est à Vegas avec de nombreux autres joueurs brésiliens et il comprend tout à fait l’ambivalence de cette Coupe du Monde.

Le football est une religion au Brésil,” explique Akkari. Le problème, c’est que ça a été fait n’importe comment. L’argent, les politiciens, la FIFA... C’est n’importe quoi.


Des nouvelles infrastructures utiles, mais des dépenses inconsidérées

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"Je ne peux pas ne pas soutenir le Brésil. Je n'ai pas honte de mon pays, mais des politiciens qui le dirigent."

On a beaucoup parlé de l’impact négatif du mondial sur les populations les plus pauvres du Brésil. Akkari comprend le problème, mais estime qu’à long terme tout le monde en tirera profit.

Même les plus pauvres bénéficieront de la Coupe du Monde, car on a construit de nouvelles infrastructures dans tout le pays. Par exemple, ils ont construit un stade tout neuf à Itaquerao. C’était une région très pauvre du Brésil et donc un investissement très intéressant. C’est bien, ça aide les plus pauvres.

Et puis le Brésil accueille beaucoup de touristes qui dépensent de l’argent, c’est toujours une bonne chose,” ajoute la joueuse brésilienne Maria Mayrinck. “Mais je ne pense pas que le Brésil était prêt à accueillir la Coupe du Monde.

Akkari explique : “Ils ont dû construire énormément de choses : le métro, les stades, les routes et autoroutes... Ils refont aussi les rues autour des stades. C’est une bonne chose, mais ils dépensent dix fois plus d’argent que nécessaire. C’est comme ça qu’une bonne idée devient mauvaise.

Pour Akkari, la Coupe du Monde pose deux problèmes majeurs : la corruption et les dépenses. Il semblerait qu’un certain nombre de stades, en plus d’Itaquerao, ait dépassé le budget prévu de manière significative.

Le problème, ce n’est pas de construire un stade, c’est que le stade d’Itaquerao aurait dû coûter 300 000 000 R$ et qu’ils ont finalement dépensé 1,5 milliard. C’est n’importe quoi. Même si ça servira aux gens sur le long terme, ça n’aurait pas dû se passer comme ça. C’est ça qui est triste.

Je suis ami avec l’ingénieur en chef du nouveau stade de Sao Paulo, c’est un gars honnête. Il m’a dit qu’il n’avait vu passer que 200 000 000 R$, pas plus, et qu’il ne sait pas où va l’argent.


Akkari : “Je ne peux pas ne pas soutenir le Brésil”

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Comme de nombreux brésiliens, Akkari reste très critique sur l'organisation de cette Coupe du monde.

Le moins qu’on puisse dire c’est que le gouvernement n’a pas fait grand chose pour empêcher cela, probablement à cause des élections nationales qui auront lieu prochainement.

Beaucoup de Brésiliens sont même prêts à souhaiter la défaite de leur équipe pour décrédibiliser le gouvernement en place.

Ils utilisent la Coupe du Monde à des fins politiques,” explique Akkari. “Ils veulent que le Brésil perde car si on gagne la Coupe du Monde, la présidente Dilma Roussef sera réélue et personne ne veut voir ça.

Mais moi je ne peux pas ne pas soutenir le Brésil, même si je n’apprécie pas Dilma. J’espère que les gens auront le bon sens de ne pas la réélire en octobre même si on gagne la Coupe du Monde.

La Coupe du Monde a commencé depuis presque une semaine et nul doute que les Brésiliens continueront d'être scotchés devant leur écran à chaque match de la Seleçao. Et si Akkari aurait aimé que les choses se passent différemment, il n’en reste pas moins fier d’être brésilien.

Je n’ai pas honte de mon pays, j’ai honte des politiciens qui le dirigent. Les Brésiliens sont des gens géniaux,” conclut-il. “Je serai tellement heureux si on gagne.


A. R.

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