Carlo Citrone : Le fils d’une légende du body-building fait son nid dans le poker

carlo citrone

S’il y a bien une compétence qui n’est pas nécessaire dans le poker, c’est bien la force physique.

La force mentale ? Évidemment. L’endurance ? Bien sûr. Mais il n’y a certainement pas besoin d’être forçat de la musculation pour arriver à jeter ses cartes ou à transporter ses jetons d’une table à l’autre.

Cela dit... Être le fils d’un homme couronné huit fois Mister Univers et les prédispositions génétiques qui vont avec doit forcément être un avantage.

L’Anglais Carlo Citrone s’est récemment fait remarquer du côté de l’EPT Malte, et il y a plusieurs raisons à cela.

Premièrement parce qu’il est allé très loin dans le Main Event avant de sortir en 12ème position pour 44 500 €, sa meilleure performance depuis 2009 où il avait remporté 57 000 $ à Vegas.

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John Citrone et Arnold Schwarzenegger

Et deuxièmement parce que son père, la légende du body-building britannique John Citrone, dominait la foule de spectateurs de la tête et des épaules alors qu’il suivait la performance de son fils.

Pour ceux qui ne seraient pas familiers avec le body-building, voici quelques-uns des faits d’armes de John Citrone :

- Membre du Hall of Fame du body-building ;

- Couronné Mister Grande-Bretagne dans trois catégories d’âge différentes ;

- 8 titres de Mister Univers ;

- 2 titres de Mister Monde.

PokerListings a donc eu la chance de rencontrer Carlo, qui n’a pas à rougir de son CV poker avec un million de dollars de gains en tournois, pour évoquer avec lui son père, sa vie de joueur et la main qui lui a permis de jouer le Main Event gratuitement.

Carlo, est-ce que tu te considères comme un joueur professionnel ?

Disons que je gagne ma vie en jouant au poker.

Je ne suis pas fan du terme “professionnel”, parce que dans les faits, n’importe qui peut s’asseoir à une table, commencer à jouer et se dire “joueur professionnel”.

Donc je ne sais pas vraiment ce que ça veut dire d’être joueur professionnel, mais oui, je gagne ma vie en jouant au poker. Je préfère répondre comme ça.

Ton nom sonne italien. D’où vient ta famille ?

Oui, ma famille est originaire d’un petit village à côté de Rome, mais je suis né au Royaume-Uni.

Ton père était un body-builder très connu. Est-ce que tu fais aussi beaucoup de sport ?

Mon père a gagné 8 titres de champions du monde et beaucoup d’autres trophées. J’ai moi-même commencé le body-building à 19 ans.

J’ai commencé à avoir de bons résultats au bout de trois ans, j’ai notamment remporté le British Championship en 1985 ou environ.

J’étais génétiquement prédisposé à ça, grâce à mon père, donc j’ai pu atteindre le niveau international assez rapidement. Malheureusement, j’ai ensuite eu un grave accident de moto qui a failli me tuer et m’a forcé à mettre un terme à ma carrière.

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Carlo Citrone aux WSOP 2005.

C’est très important pour moi d’être en forme, même si je dis ça une cigarette à la main. J’ai même eu une salle de sports à une époque. J’ai réussi à en faire une petite chaîne de 13 salles de sports, puis j’ai tout vendu il y a 12 ans pour me lancer dans le poker.

Est-ce que tu suis un régime particulier ?

J’aimerais dire oui : je reste en forme, je fais du sport.

Malheureusement, depuis trois mois, je ne fais rien de tout ça.

Je suis en surpoids, hors de forme et ma préparation pour ce tournoi est à peu près la pire que vous puissiez imaginer. Le jour de l’inscription au Main Event, je venais de faire 30h de cash game d’affilée.

Sur toute la semaine, j’ai joué 90 heures avec à peine quatre ou cinq heures de sommeil. Et pourtant je me suis quand même inscrit, comme un idiot !

Quelle serait la journée de tournoi idéale pour toi ?

Les tournois, c’est 80% de mental et de forme. Quand je vais aux WSOP, je suis un régime très strict.

Je vais à la salle de sports à 7h du matin, je déjeune à 9h, je vais nager de 9h45 à 10h30.

Je me repose pendant une heure, je prends une douche, et je vais jouer. Et c’est comme ça tous les jours.

Je suis un régime pauvre en glucides et riche en protéines. Après le tournoi, tout ce que je veux c’est aller me coucher.

Je ne suis pas très fêtard, ça n’a jamais été mon truc. Je ne vais pas en boîte, ni dans les bars. Je ne prends pas de drogues. Je suis plutôt famille.

Et puis de toutes façons, après un tournoi je suis complètement épuisé mentalement. Je dors très bien.

Tu as énormément de bons résultats, mais pas de “gros” résultat.

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Une vie de joueur rythmée entre chance et malchance !

Oui, je suis en quelque sorte un spécialiste de la barre transversale.

Je suis souvent allé loin dans de grands tournois, mais il y a toujours une main malchanceuse qui me démolit.

Je ne pense pas vraiment que ce soit une question de chance. C’est récurrent, ça fait partie de mon jeu et je fais tout pour que cela s’arrête.

(Carlo a été éliminé en 12ème place avec A-V contre R-V, un roi est sorti au flop, ndlr)

Est-ce que ce tournoi était particulier pour toi ?

C’est presque comme n’importe quel autre tournoi, sauf qu’ici j'ai joué “gratuitement”. Il y a eu une main cruciale lors du Day 2. Benny Spindler a relancé, j’ai suivi et le bouton aussi. J’avais une paire de dix et le flop était 10-3-2 avec deux trèfles. Le bouton mise, Spindler se couche et je pars à tapis. Il suit avec A-2 de trèfle.

Le truc, c’est que la croupière distribuait les cartes de manière très agressive, très rapidement. Et quand elle a voulu distribuer le turn, la carte s’est envolée et est tombée par terre, retournée. Après le turn et la river, j’ai récupéré la carte. Je lui ai demandé ce qu’on devait en faire, elle m’a dit qu’elle était brûlée. C’était la dame de trèfle.

Sans cette erreur de la croupière, je me serais fait sortir à ce moment-là. Je n’avais alors plus rien à perdre.