David Williams : « J’aime être le centre de l’attention et faire parler de moi. »

david williams 3
David Williams : un joueur qui aime le feu des projecteurs.

Dix ans après sa deuxième place dans le Main Event des WSOP qui avait contribué à lui faire un nom et lancer sa carière, nous avons récemment rencontré David Williams pour parler avec lui de sa vie, du GPI, ou encore d'autres actualités du poker.

 





Dix ans se sont écoulés depuis ta deuxième place au Main Event des WSOP 2004 derrière Greg Raymer. Peux-tu nous raconter ce qu’il s’est passé depuis ?

Vite fait ? D’accord.

Alors j’ai gagné un bracelet aux WSOP. J’ai gagné le WPT World Championship. Je n’ai pas encore gagné sur l’EPT. Je me suis marié, j’ai eu une petite fille, qui a maintenant trois ans. Ca a été dix années bien remplies. Je suis très heureux.

IMG1267
Un titre de champion WPT ne fait jamais de mal.

Il n’y a que le Grand Final de l’EPT pour t’attirer en Europe on dirait...

Je viens parfois en Europe, en général pour les tournois de l’EPT. Mais ça ne m’a pas beaucoup réussi jusqu’à présent.

Comme je préfère participer uniquement au Main Event et pas au festival entier, j’arrive la veille, et si je sors rapidement - ce qui m’est souvent arrivé -, je repars directement. Du coup, parfois je suis parti avant qu’on se rende compte que j’étais là.

Cette fois, on aura un peu parlé de moi dans le Main Event, donc c’est un peu différent. (David a finalement terminé 24ème de cet EPT Grand Final NDLR)

Je ne fais pas de séjours prolongés à cause de ma fille. Elle a trois ans, elle commence à aller à l’école, elle a besoin que je sois là. Quand je pars, elle me réclame tout le temps, donc j’essaye de ne pas partir trop longtemps.

Tu es donc joueur professionnel depuis 10 ans.

Oui, j’ai signé un contrat après les WSOP 2004 et j’ai représenté Bodog.net pendant cinq ans.

Ce premier contrat s’est terminé juste après ma victoire au WPT Championship en 2010. J’ai ensuite signé chez PokerStars, et c’est tout simplement génial. C’est vraiment un rêve de représenter les meilleurs du marché.

Comment fais-tu pour durer aussi longtemps en tant que pro ? Très peu de joueurs y parviennent au final.

Je fais du mieux que je peux. Si mes résultats ne sont pas à la hauteur, je m’arrange pour qu’on parle quand même de moi.

david williams 29294
Un cure-dents en diamants : ça aide aussi.

J’ai une image de marque à maintenir. Je fais tout pour faire parler de moi, même quand il n’y a pas de controverses. Par exemple on a beaucoup parlé de moi quand j’ai déchiré des cartes pendant le NBC Heads-Up Championship (voir vidéo en fin d'article). J’étais évidemment vraiment en colère, mais je savais aussi que c’était un tournoi télévisé, et les producteurs veulent un peu de spectacle.

Deux mecs qui se fixent dans le blanc des yeux, ça ne les intéresse pas. Donc je me suis dit que c’était le bon moment pour amuser un peu la galerie. Ça n’a pas d’impact sur le jeu, ça ne le ralentit pas, et de toutes façons j’allais me faire sortir.

Une autre fois, j’avais un cure-dents en diamants. Ça a beaucoup fait parler.

Tout ça permet de continuer à faire parler de moi.

Donc finalement être en table télévisée ne te met pas vraiment la pression, c’est plutôt l’occasion de te montrer.

Oui j’adore être le centre de l’attention, alors être à la table télévisée, ce n'est que du bonheur. J’étais très heureux d’y passer tout le Day 3.

En tant que joueur, que penses-tu de l’idée d’instaurer un système de chronomètrage en tournois ?

Je trouve que c’est une excellente idée. Moi j’ai tendance à jouer très vite, donc j’essaye plutôt de temporiser, de me forcer à prendre mon temps.

Je déteste quand mes adversaires ralentissent le jeu, donc je suis évidemment favorable à ces chronomètres. Certains joueurs jouent beaucoup trop lentement, ça casse le jeu.

Quel est l’intérêt stratégique de faire cela ? En quoi cela aide-t-il les joueurs qui le font ?

david williams 1732
Toujours un enfant de "Magic".

Honnêtement, je ne vois pas trop à quoi cela sert. Peut-être qu’ils cherchent juste à énerver leurs adversaires, ou peut-être qu’ils réfléchissent trop. Je ne comprends pas vraiment.

Moi j’ai toujours joué vite. Si tu revois mes parties de 2010, je jouais à toute vitesse. Tout à l’instinct, sans réfléchir.

Pas question non plus de ralentir le jeu à Magic: the Gathering. Tu joues toujours ?

Tout à fait. Il est fort probable que j’aille à Atlanta avec mes amis pour le circuit international. Magic est le meilleur jeu du monde.

Je ne joue évidemment pas à Magic pour l’argent, ça n’a rien à voir avec le poker. J’adore le poker aussi, mais si je devais choisir, je crois que je choisirais Magic.

A ton avis, le Global Poker Index est-il un outil efficace pour mesurer la qualité d’un joueur ?

Je trouve que le GPI est excellent. Je suis assez bas au classement, mais j’ai bien l’intention de progresser. D’ailleurs, j’étais récemment dans ce centre de développement personnel avec Antonio Esfandiari et Daniel Negreanu, où nous avons suivi la même formation. Et l’un des objectifs que je me suis fixé est justement d’intégrer le top 100 du GPI !


Williams et son "déchirage de cartes" lors du NBC Heads-up Championship :


Derniers Blog Posts »