Interviews exclusives des November 9 : Neil Blumenfield

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Nouvelle de nos interviews exclusives des November Nine, avec cette semaine le deuxième senior finaliste à l'honneur.

Aujourd'hui : Neil Blumenfield.

A 61 ans, Neil Blumenfield aurait pu devenir le nouveau recordman du plus vieux finaliste du Main Event. Malheureusement pour lui, Pierre Neuville aura choisi cette même année pour réussir l'énorme performance de faire partie des November Nine.

Troisième en jetons, il faudra en tout cas surveiller cet américain qui semble déjà très heureux d'être déjà là et ne pas se mettre plus de pression qu'il n'en faut.


Neil, la joie n'est sans doute pas retombée, mais qu'est-ce que cela fait de se retrouver parmi les November Nine ?

La première chose, j'ai eu comme un flash en allant au lit la nuit après la qualification, comme si j'allais me réveiller le lendemain et que tout ça n'avait été qu'un rêve, et que je m'étais en fait fait éliminer lors du Jour 2 avec les rois contre les as.

Mais ce qui est arrivé est donc bel et bien la réalité, c'est exceptionnel. C'est l'accomplissement que toute personne qui joue à ce jeu aimerait réaliser, donc c'est très spécial. Je prends beaucoup de plaisir, mais j'en prends en fait déjà énormément depuis le Jour 4.

Ma meilleure performance jusque là avait été de parvenir au Jour 4, aussi mon objectif était très simple : parvenir au Jour 5. Du coup depuis c'est un vrai freeroll, et une vraie fête.

Comment as-tu débuté au poker, et qu'est-ce qui t'a amené à disputer ce Main Event ?

Au niveau de mon parcours, j'ai beaucoup joué quand j'étais gamin, des parties régulières quand j'étais au lycée. Ensuite je n'ai pas vraiment tant joué que ça, avant que je ne commence à jouer des tournois il y a 8 ans. J'ai commencé avec des petits tournois locaux, et puis les World Series pour la première à la même époque, où et je pense que je n'ai joué que le Seniors Event.
L'objectif était alors juste d'arriver en table finale de ce tournoi Seniors, ce que je pensais pouvoir faire.

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"Je ne savais pas si je pouvais vivre du poker - en deux semaines j'ai eu la réponse."

Au fil des ans j'ai disputé de plus en plus de tournois. J'en ai joué 4 l'année dernière.
Je joue aussi un peu en cash games, mais principalement en tournois. J'ai régulièrement travaillé mon jeu et ça a payé.

Quelle est ta profession en dehors ?

Je suis dans les logiciels depuis une trentaine d'années. J'ai travaillé principalement avec des start-up et c'est ce qui m'a aidé pour la bankroll.

Ce qui est intéressant c'est qu'il y a un mois, j'ai pris une décision, celle de quitter ce secteur et de me consacrer à ce que je veux faire avec ma vie, dont le poker.

Je vivais avec l'idée en tête de savoir si je pouvais en vivre, ou au moins gagner assez d'argent pour survivre. Et en deux semaines la question a été répondue !

Tu es déjà sûr de gagner au moins un million de dollars, mais tu peux gagner bien plus. Qu'est-ce que cet argent va représenter pour toi ?

L'une des choses que j'aime faire est de voyager, et ce qui est beau c'est que je peux voyager et jouer au poker en même temps.

Je brasse aussi de la bière, et ça fait longtemps que je ne l'ai pas fait. Je fais aussi de la photographie, mais ça j'en ai assez fait.
Je veux juste faire des choses plus amusantes pour moi. Du vélo par exemple.

Donc cette performance, quel que soit le résultat final, va vraiment me permettre de faire les choses dont j'ai envie et comme je veux.

Toi et Pierre Neuville représentez en quelque sorte les plus vieux joueurs de poker, les "seniors". Quel sentiment cela procure-t-il ?

Je pense que c'est quelque chose d'excellent que Pierre et moi soyons là. En fait je suis un peu énervé car sans lui j'aurais battu seul le record du plus vieux finaliste des November Nine. Du coup je vais maintenant devoir revenir dans 12 ans et le faire à nouveau (sourire).

Neil, sous les yeux de Pierre Neuville.

Je crois que Dan Harrington a un jour dit que personne de plus de 40 ans ne remporterait ce tournoi, et il y a une raison à ça. C'est une longue quête, 70 heures de poker sur 7 jours.

J'espère d'ailleurs qu'ils ne vont pas montrer deux mains à la fin du Jour 5, parce que j'ai fait n'importe quoi comme j'étais très fatigué.
J'ai complètement mal joué une main contre Daniel Negreanu, qui m'a coûté beaucoup de jetons, et une autre contre Matt Jarvis.

C'est ça le problème : c'est une longue bataille pour accumuler les jetons, et tu les perds en un battement de cils. (...)
Pierre a beaucoup plus d'expérience que moi. Il a déjà gagné des tournois, donc je pense que tout ça lui est plus familier.

A quel point tout ceci va être mémorable pour toi ?

C'est évidemment un rêve qui devient réalité d'être ici. C'est un conte de fées.
J'avais déjà imaginé de temps en temps ce que ça ferait d'être de retour à San Francisco après avoir atteint les November Nine, et d'en discuter avec mes amis.

J'ai eu 5 groupes de personnes différents qui m'ont suivi durant le tournoi. Mes amis du poker, ma famille... Ça a été un véritable carburant pour moi. Et revenir pour la finale est encore plus spécial.

J'ai des sœurs à Chicago, et une petite amie à San Francisco. Pour ceux que ça intéresse et qui passeraient dans le coin d'ailleurs, elle a un super magasin pour les amateurs de mode, qui s'appelle Pascaline Paris, pour les hommes et les femmes.


Retrouvez l'interview complète (en anglais) en vidéo :

Episodes précédents :


Retrouvez aussi notre présentation des November Nine.