Roger Sanchez : « Il faut persévérer et ne pas avoir peur de l'échec. »

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"La musique n'a pas de date de péremption."

Le DJ Roger Sanchez, récompensé aux Grammy Awards, est une star du monde de la nuit en Europe. A Barcelone à l'occasion du 100è EPT de l'histoire, il a été convié pour animer la grande soirée des joueurs.

DJ résident à Ibiza depuis 2000, il possède sa propre maison de disque et on ne compte plus ses remix (de Diana Ross à Maroon 5). C'est incontestable, Sanchez a d'ores et déjà marqué le monde de la house music.

Quel rapport avec le poker ? Il n'y a pas que les soirées VIP, les grosses piles d'argent ou les tables finales palpitantes. En coulisses, il y a aussi beaucoup de travail si on veut arriver au sommet, quel que soit le jeu auquel on joue.

PokerListings a pu rencontrer le DJ star de la soirée des joueurs à l'EPT100 de Barcelone juste avant son set pour parler avec lui du succès, dans quelque domaine que ce soit.


Tu es un grand DJ, très renommé. Qu'est-ce qui t'amène ici, à un tournoi de poker ?

Les organisateurs de chez PokerStars voulaient que les joueurs puisse apprécier une véritable expérience de clubbing. J'ai trouvé l'idée intéressante.

Personnellement, bien que je ne sois pas vraiment un joueur de poker, c'est un jeu que j'aime beaucoup. J'adore la compétition.

Les joueurs de poker doivent avoir certaines compétences bien particulières pour réussir. C'est pareil dans la musique ?

Pour moi, l'essentiel c'est l'amour et la passion pour ce que je fais. Il faut aussi persévérer et ne pas avoir peur de l'échec.

Il faut être régulier et apprendre de chacune de ses erreurs pour pouvoir réussir.

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"Je fais partie des pionniers de la house et j'ai énormément de chance d'être toujours là." (photo et suivante : PokerStars)

J'imagine que toi-même tu as dû commettre quelques erreurs...

Je crois que tout le monde fait des erreurs, moi y compris.

À ton avis, pourquoi rencontres-tu plus de succès en Europe que dans ton pays d'origine, les États-Unis ?

La musique dance a d'abord débuté en Europe.

Au début, c'était assez confidentiel, donc peut-être que ce n'est jamais vraiment devenu grand public. Même si elle est née aux États-Unis, c'est en Europe qu'elle a véritablement explosé. Les choses sont un peu plus équilibrées maintenant. Avant, je passais presque tout mon temps en Europe, aujourd'hui c'est moitié-moitié.

Tu as un diplôme d'architecture...

Non. J'ai étudié l'architecture mais je ne suis pas allé au bout, l'appel de la musique était trop fort.

Enfin disons que tu es allé à l'université et qu'aujourd'hui, à 47 ans, tu es un poil plus vieux que le DJ moyen. C'est une éclosion tardive ?

En fait, je suis arrivé dans la musique très jeune et j'ai fait partie des pionniers de la house. J'ai énormément de chance d'être toujours là.

Alors comme au poker, peu importe l'âge quand on est DJ ?

Je pense que l'essentiel c'est l'état d'esprit, pas l'âge physique. Tant que vous aimez la musique, ou le poker, et que vous avez l'énergie nécessaire, vous ferez une longue carrière.

Ça s'applique à la musique et au reste. Et ce qui est sûr, c'est que la musique est éternelle.

Avoir une telle carrière de DJ (ou de joueur de poker), ça fait rêver. C'est vraiment aussi incroyable ?

À partir du moment où je peux vivre de ma passion, c'est un rêve. Mais ça demande aussi beaucoup de travail. Les gens pensent qu'il suffit de venir, que les disques se jouent tout seuls et que tout n'est que filles et soirées. Mais je travaille énormément.

C'est un phénomène qu'on retrouve beaucoup dans le monde du poker. Les gens ne voient que les tables finales avec les grands joueurs qui gagnent beaucoup d'argent et les soi-disant filles. En réalité, la plupart des joueurs de poker ne recommanderaient pas à un jeune de devenir joueur car c'est loin d'être aussi glamour et facile que ça en a l'air.

La différence, c'est que moi je leur dirais ce que disait mon père : « Suis ton cœur. »

Si quelqu'un me dit qu'il est passionné par la musique ou le poker, je lui dirais de se lancer. Lorsqu'on est passionné, il faut tout faire pour vivre ses rêves, on ne sait jamais ce qu'il peut se passer.

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"La plus grande réussite ce n'est pas l'argent, mais d'être heureux dans ce qu'on fait."

Au poker, il y a des millions de joueurs qui ne passeront jamais à la télévision. C'est un peu la même chose dans la musique. À ton avis, quelles sont les chances d'avoir du succès ?

Pour moi, ce n'est pas par les chiffres qu'on mesure le succès en musique. La réussite, c'est de faire ce qu'on aime.

En tant que DJ, on ne se produit jamais devant 10 000 ou 100 000 personnes, mais si tu peux gagner ta vie en faisant ce que tu aimes, c'est ça la réussite.

Y a-t-il vraiment une autre réussite que d'être heureux ? Gagner de l'argent c'est bien, mais l'essentiel c'est que la musique te rende heureux.

Lorsque tu te produis devant des joueurs de poker, qui ne sont donc pas ton public habituel, est-ce que tu l'approches différemment ?

Je pense qu'il est important de jauger le public, de voir un peu qui ils sont. Il faut accorder beaucoup d'importance à leurs retours et savoir s'adapter selon les sets.

La capacité d'adaptation est également essentielle au poker. Est-ce que tu t'adaptes pendant un set ou tu fais toujours ce que tu as prévu ?

Je suis constamment en train de m'adapter, c'est ça être DJ. Chaque public est unique.

Un vrai bon DJ arrive à s'adapter tout en restant fidèle à lui-même, à son son et à ce qu'il aime faire.


D. O.

 

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