Faraz Jaka : « Les meilleurs savent profiter de leurs coups de chance. »

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Faraz Jaka est un nomade du poker. Le circuit international est sa maison, et il passe donc la majorité du temps « chez lui ».

De Berlin à Prague, en passant par la République Dominicaine ou Amsterdam, voilà quelques un des endroits où vous pourrez le retrouver cette année.

De notre côté, nous avons rencontré Jaka lors de l’EPT Malte alors qu’il venait de s’installer en tant que chip leader après deux pots remportés... pas tout à fait uniquement grâce à son talent.

Il a malheureusement été éliminé un peu plus tard, mais entre temps, l’aimable et inspirant joueur a évoqué avec nous l’importance de la chance dans les tournois de poker, le fait de perdre du temps à table, les WSOPE à Berlin et la raison pour laquelle les November Nine restent un mystère pour lui.

Il y a longtemps à Prague, tu nous a confié avoir passé l’année à voyager. Récemment tu disais que tu continuais de voyager avec seulement un ou deux bagages. Est-ce que tu as un « chez toi » aujourd'hui ?

Non, rien n’a changé. Je suis continuellement sur le circuit et j'organise mes voyages en conséquence.

Faraz Jaka, joueur de poker nomade.
Faraz Jaka, un homme qui ne s'arrête jamais de voyager.

Peut-être que c’est pour cela que tu réalises toujours d’aussi bonnes performances en tournois - tu n’as nulle part d’autre où aller.

(rires) Non, il y a toujours des endroits intéressants à visiter à proximité des tournois, où des amis à voir.

J’ai la chance d’avoir des amis dans le monde entier, donc j’ai toujours de quoi faire.

C’est une question qu’on ne pose généralement jamais, mais selon toi, quel rôle joue la chance dans une grosse performance en tournoi ?

La chance est évidemment un facteur très important. Dans la plupart des tournois que j’ai gagnés, il y a eu des sortes de coups du destin en ma faveur.

Ce qui fait la différence, c’est que les meilleurs joueurs savent profiter de leurs coups de chance. Les joueurs plus mauvais aussi ont de la chance parfois, mais il n’en tirent pas assez profit.

L’inverse est également vrai. Quand un bon joueur subit de la malchance, il parvient à minimiser ses pertes.

Cette semaine, on a beaucoup parlé des joueurs qui tentent de gagner du temps à la table (et de la possible instauration d'un chronomètre). Qu’en penses-tu ?

Je n’ai pas grand-chose à dire sur ce sujet. Sur le principe, je ne suis pas forcément contre, mais je pense que ça devrait être limité.

Parfois, c’est franchement ridicule, et ça peut vraiment avoir un impact très négatif sur la façon dont certains joueurs vont vivre le tournoi et peut les décourager de revenir.

Est-ce que ça t’ennuie lorsque ça arrive à ta table ?

Faraz Jaka
"Il faut savoir profiter de la chance."

Pas vraiment, non.

Tu as aussi participé aux WSOPE à Berlin, qui ont été assez critiqués. Comment les as-tu vécus ?

Je me souviens qu’ils ont changé l’heure de début d’un tournoi. Selon moi, c’est une grossière erreur qui a mis beaucoup de gens en colère.
Il n’y avait pas beaucoup de joueurs, donc ils l’ont repoussé, mais ceux qui étaient présents n’ont pas apprécié.

Personnellement, je pense que c’est normal de faire des erreurs la première fois. Ce qui m’importe, c’est de voir comment ils vont redresser la situation pour résoudre ces problèmes et s’améliorer.

Donc tu ne penses pas que ça ait été particulièrement indigent.

Non. Ils ont évidemment une certaine marge de progression, mais les gens ont tendance à exagérer dès lors qu’il s’agit de se plaindre.

Et puis les gens comparent les WSOPE aux tournois PokerStars, mais c’est assez injuste quand on sait que ce dernier est un énorme site de poker en ligne qui vaut des milliards de dollars. Ils ont d’autres moyens que la plupart des autres circuits.

Pourquoi les WSOP organisés en Europe et en Australie sont-elles aussi modestes par rapport à celles de Vegas ?

C’est juste une question de branding. Les WSOP ont été lancés aux États-Unis, c’est là-bas que la marque est la plus forte.

Il ne faut pas s’attendre à ce que les versions « exportées » aient la même envergure. Les choses seraient peut-être différentes si les WSOP étaient présents sur Internet en Europe.

Qui est ton favori pour le November Nine ?

Pour être honnête, je ne sais même pas qui participe aux November Nine et je n’ai absolument pas suivi le Main Event.

Faraz Jaka à l'EPT de Malte.
"Je ne sais pas qui sont les November Nine."

Je ne suis pas vraiment le poker. Quand je ne joue pas, j’aime autant m’occuper autrement. C’est ma façon à moi de garder un certain équilibre dans ma vie.

Peut-être que je devrais être un peu plus attentif, certains joueurs sont intéressants et pourraient m’apprendre pas mal de choses.

Es-tu tout de même au courant que John Juanda et Jen Harman ont fait leur entrée dans le Hall of Fame ?

Oui, c’est très intéressant.

Les joueurs européens se plaignent d’être écartés du Hall of Fame. Estimes-tu que le processus de sélections soit biaisé ?

On peut le voir comme ça, mais il ne faut pas oublier que le poker est bien plus profondément ancré aux États-Unis qu’en Europe où le boom est encore assez récent.

Du coup, c’est assez normal de voir que la plupart des joueurs honorés sont américains. Ils ont de l’avance, en quelque sorte.

Aujourd’hui, il y a de vraies grandes stars qui intégreront probablement le Hall of Fame d’ici 10 ou 15 ans, mais pour l’instant c’est normal qu’il n’y ait quasi que des Américains.

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