Gaëlle Garcia Diaz : « Le poker me permet de me canaliser. »

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Présentatrice, modèle, et surtout joueuse... : la Belge Gaëlle Garcia Diaz est une jeune femme qui vit à 100 à l'heure. Interview d'une véritable passionnée de poker, à la personnalité parfois loin de l'image qu'elle peut renvoyer.




Gaëlle, tout d'abord tes impressions sur cette Battle of Malta à laquelle tu as pris part ?

Ce qui m'a surtout impressionnée, c'est d'abord le succès populaire du tournoi. Il y a énormément de joueurs, c'est vraiment bien pour PokerListings.

Et puis les gens sont très sympa, c'est quelque chose qu'on ne retrouve pas toujours sur les circuits. L'endroit est aussi très agréable, l'hôtel Hilton à côté super pratique. L'organisation est extraordinaire, notamment par rapport à d'autres tournois.

Certes les enjeux ne sont pas forcément ceux d'un Main Event de l'EPT, mais avec un prizepool de 700 000 €, ce n'est quand même pas rien.

A propos de mon tournoi je n'ai pas eu beaucoup de chance, c'est dommage. J'étais mal partie, je suis bien remontée mais ça n'a pas suffi.
C'est difficile de ne pas se frustrer quand on a un mauvais départ comme ça d'autant que c'est ensuite difficile de jouer un bon poker, mais j'ai beaucoup progressé sur ce point-là.

NDLR : deux jours après l'interview Gaëlle aura réussi une belle performance dans le tournoi annexe Siege of Malta, en terminant 14è sur 593.

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"Quand j'analyse la façon dont je jouais il y a trois ans, j'étais vraiment nulle !"

Préfères-tu jouer au poker, ou le présenter ?

Jouer ! J'ai longtemps préféré présenter, parce que je n'étais pas bonne au poker. Et puis il y a quelques années j'ai commencé à jouer sur Internet, à lire des livres, à aller sur les forums, à beaucoup parler avec des gros joueurs comme Davidi Kitai, Matthias et Christophe De Meulder, Kevin McPhee, Jeff Madsen, ... qui sont vraiment devenus de très bons amis à moi. Ces mecs te donnent des conseils en or que tu ne retrouves pas dans les bouquins, et tout ça permet de progresser énormément.

Le poker est vraiment plus qu'un sport pour moi, c'est ma passion, ma vie : je présente du poker, je joue au poker, j'écris sur le poker, je lis sur le poker... Je ne vais pas me coucher avant d'avoir fini ma session de grind de quatre ou cinq heures par exemple.

À force d'accumuler les heures de jeu sur Internet, je comprends mes erreurs, mes faiblesses. Quand j'analyse la façon dont je jouais il y a trois ans, j'étais vraiment nulle !

Ce qui est bien avec le poker, c'est que quand tu penses que tu es bon, tu es en fait extrêmement mauvais. C'est le jour où tu commences à douter de tes capacités que tu veux t'améliorer et que tu es en train de progresser.

L'humilité semble essentielle dans le poker, pourtant beaucoup de joueurs paraissent très sûrs d'eux, jusqu'à tomber dans la prétention.

On dirait qu'ils ont quelque chose à prouver. Personnellement, je n'ai absolument aucune gêne à dire que je suis mauvaise. Ca fait quatre ou cinq ans que je joue, c'est évident que je ne fais pas partie des meilleurs joueurs. Mais je me débrouille.

L'essentiel c'est que je prenne du plaisir à jouer, et il y a énormément de joueurs qui ont perdu cette notion de plaisir parce qu'ils ne pensent qu'à l'argent.

C'est vrai on joue tous pour la gagne, mais il faut rester humble. Regarde Daniel Negreanu, c'est juste l'un des meilleurs joueurs du monde, si ce n'est le plus grand. J'ai passé quelques week-ends avec lui cet été à Vegas, et pas une fois on a parlé poker ! Le poker reste une passion pour lui, mais il a une vie à côté, d'autres passions, il va faire de la boxe, de l'escalade, du cheval, du tir à l'arc...

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"Devant l'objectif ou une caméra, je ne suis plus Gaëlle Garcia Diaz."

À côté de ça, c'est dommage de voir quelques joueurs prendre la grosse tête parce qu'ils ont fait une table finale d'un gros tournoi.

Moi, on me connaît un peu, pas parce que je suis une bonne joueuse mais parce que ça fait 5 ans que je parcours le circuit EPT et j'ai présenté pas mal d'émissions partout en Europe. Mais jamais je ne laisserais ça me monter à la tête.

Peut-on faire un parallèle entre le mannequinat et le poker ? Dans les deux cas, il s'agit un peu de jouer un rôle...

Ce que tu dis n'est pas faux oui ! Disons qu'on joue un personnage dans les deux cas. Quand je suis devant une caméra, je ne suis plus Gaëlle Garcia Diaz. Je suis la fille qu'on veut que je sois : la fille sexy, la croqueuse d'hommes, ... Alors que je ne suis pas du tout comme ça dans la vraie vie.

Le problème, c'est que ça me donne une image de greluche parce que je suis dénudée, voire de connasse qui a pris la grosse tête... Mais non je ne suis pas comme ça. C'est juste que j'aime faire ça. Le temps d'une séance photo, d'une journée, je m'évade complètement de moi-même. Et puis ça me permet de me trouver jolie, ce qui n'est pas le cas au quotidien.

À côté de ça, le poker c'est un domaine dans lequel je sais que je n'ai pas besoin d'être canon pour faire ce que j'ai à faire, de me maquiller, je peux m'habiller comme je veux... Parce que l'important c'est ma stratégie et mon cerveau.

Ce qui n'empêche pas de jouer un rôle : hier par exemple, j'ai joué la greluche qui n'y connaissait rien. Parfois je m'habille super sexy aussi. C'est triste, mais ça marche parce que tu joues sur cette faiblesse des mecs, et qui du coup ne veulent pas t'éliminer.
Après ça ne marche pas avec tout le monde notamment les pros, et ça fonctionnait aussi mieux avant quand on me connaissait moins. (rires)

Tu n'es jamais gênée parfois justement par tous ces regards masculins ?

Bizarrement, pas quand je suis joueuse. Je trouvais ça très dur quand je présentais les EPT, quand tu débarques en petite robe de soirée dans une grande salle de 1000 joueurs pleine de testostérone. C'était assez désagréable, surtout pour mes petits copains de l'époque.

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"Le poker m'a permis de me détacher des couvertures de magazine."

C'est peut-être aussi pour ça que quand je joue je m'habille de manière assez discrète. Au quotidien déjà je n'aime pas forcément attirer le regard, ça peut vite devenir pénible pour une femme.

Au poker, on me regarde surtout quand on se demande si je ne suis pas Liv Boeree ou Leo Margets (rires). Ça m'arrivait souvent, surtout quand j'étais brune. Une fois, j'ai même dit oui, "yeah it's me, it's Liv." (rires)

Sur Internet, c'est assez drôle parce qu'on me prend souvent pour Gaëlle Baumann à cause de mon pseudo, GaelleGD.

L'objectif des caméras ou des appareils photos est-il une sorte de drogue pour toi ?

Ça l'a été pendant longtemps. En 2012, j'ai fait 30 couvertures sur l'année, après avoir fait Playboy Benelux en 2011 qui avait été un travail remarquable avec des photos magnifiques qui ont même été vendues en galerie d'art.

C'était un peu n'importe quoi. Ensuite, j'ai appris à faire le tri. Il faut être très rigoureux.

Ce qui m'a permis de m'en détacher ça a été de découvrir une nouvelle passion : le poker. Depuis deux ans je ne fais plus beaucoup de séances photos, uniquement quand c'est un projet ou un photographe qui m'intéresse vraiment.

J'apprécie vraiment cette liberté-là, c'est essentiel pour moi.

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"Les échecs font partie de la vie, mais il faut toujours savoir rebondir."

Tu as participé à l'émission la Maison du Bluff, qui a fait un peu le buzz. Tu penses que cette émission a pu nuire à ton image ?

Je ne souhaite à personne ce qui m'est arrivé là-bas. Je le dis et je le répète, ce qui a été diffusé n'aurait jamais dû l'être parce que tout s'est passé en off. C'est une énorme « erreur » de l'équipe technique, probablement parce que ça les faisait rire et qu'ils savaient que ça ferait le buzz.

Normalement, c'est impensable de diffuser quoi que ce soit qui suggère une activité illicite par exemple, ou ne serait-ce qu'un peu sexuelle. On avait deux heures par jour en privé, où on faisait ce qu'on voulait, et c'était pendant ces deux heures-là. Diffuser ça sur Internet, sachant que les gens peuvent enregistrer... Sur le moment j'étais anéantie, parce que jusque là j'avais réussi à garder une image propre malgré les photos un peu sexy que j'avais pu faire. Là, on s'est servi de ma vie privée, de mes moments off, pour faire le buzz, et ça a failli ruiner ma carrière.

Heureusement au final je suis passé au-dessus et ce n'est pas la fin du monde.

Quelle est ton actualité du moment en dehors du poker ?

Je joue dans la saison 4 de la série Hollywood Girls, tournée aux Etats-Unis, et qui va être diffusée en France fin novembre sur NRJ12, et en décembre en Belgique sur Plug RTL.

C'est un peu la version française de Ugly Betty... et ce sera moi Betty. Ce sera diffusé tous les jours en fin d'après-midi pendant trois mois.

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Plutôt joueuse pro qu'actrice à Hollywood.

Je joue, je fais du théâtre, du mannequinat toujours, du poker, les commentaires des émissions de l'EPT en Belgique en français, flamand ou néerlandais avec Matthias et Christophe De Meulder. Et puis il va bientôt y avoir la promo pour Hollywood Girls.

J'ai aussi tourné dans une série hollandaise sur le poker qui s'appelle Bluff, dans laquelle je joue mon (faux) propre rôle. C'était très très drôle à tourner, surtout qu'on a tourné un peu partout : Monte-Carlo, Amsterdam, etc.

Je joue beaucoup aussi. Le championnat de Belgique arrive à grand pas et je me prépare très sérieusement, psychologiquement et stratégiquement, parce que c'est un format de tournoi dont je n'ai pas l'habitude : un heads-up invitational à 1000€, où seuls les 32 meilleurs joueurs de Belgique seront présents. C'est déjà extraordinaire de faire partie de ces 32 joueurs, mais j'aimerais vraiment aller loin. Il y aura aussi le Main Event et puis j'enchaînerai juste après avec le webcast de l'EPT Prague.

Un programme vraiment chargé !

Oui, après tout ça me passionne, donc ça va. De toutes façons, dans le poker, il impossible de tenir le rythme plus de six mois si tu n'es pas passionné. C'est tellement à part.

C'est beaucoup de travail, beaucoup de mon temps libre qui part en fumée, je vois très peu mes amis. Mais c'est comme ça, tu es obligé de voyager, ça fait partie du boulot.

Entre le poker, le mannequinat et ton travail d'actrice, tu voyages du coup énormément.

Oui, ça fait partie des avantages. Cette liberté de faire ce que je veux et d'aller où je veux, c'est important pour moi. Je m'ennuie très vite, j'ai besoin d'être toujours occupée. J'ai besoin d'action, d'adrénaline, constamment.

Qu'est-ce qui te fait avancer dans la vie ?

Je pars du principe que le travail appelle le travail.

Le fait d'être ici, que tu le veuilles ou non, crée des connexions avec des gens. La vie fonctionne comme ça. Quand je pense à tous les boulots que j'ai faits pour en arriver là, c'est hallucinant. Par exemple, j'ai commencé à travailler pour PokerStars parce que j'ai fait la couverture d'un magazine. Ce sont deux domaines complètement différents. Et c'est comme ça que 5 ans après je travaille pour le groupe de poker numéro 1. C'est quand même fou.

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"Je m'ennuie très vite, j'ai besoin d'être toujours occupée."

Pour la petite histoire à l'époque ils cherchaient une fille pour faire des photos pour un workshop avec Marcel Luske au moment du Belgian Open Poker Championship, à Namur. Comme j'avais fait pas mal de couvertures de magazines en Belgique à l'époque, ils ont pensé à moi. Mais Je ne connaissais absolument rien du poker à l'époque.

Pendant le shooting, on m'a installée sur une table de poker, au milieu de montagnes de jetons, de cartes. C'était génial à faire.

Suite à cela, ils m'ont proposé de venir à l'événement... Je n'avais même pas 21 ans à l'époque, j'ai pu participer au workshop parce qu'il était à l'extérieur du casino, sinon je n'aurais pas pu rentrer.

J'ai fini par faire un petit tournoi, j'ai terminé 16ème – la chance du débutant – mais surtout j'ai trouvé ça génial. J'ai un peu oublié le poker pendant 6 mois, puis le directeur de PokerStars Belgique m'a recontactée pour me proposer de me coacher, de m'apprendre le poker.

J'ai ensuite beaucoup lu de bouquins, mais ce qui m'a le plus fait progresser c'est quand on m'a proposé de présenter les EPT. Commenter les tables avec les meilleurs joueurs, c'est terriblement enrichissant. Tu assimiles sans même t'en rendre compte.

Et cinq ans plus tard, me voilà ici. Mon rêve, c'est de gagner un EPT. Pour ça, je vais devoir jouer des milliers de mains, lire des bouquins, discuter, revoir mes mains... Il faut être proactive dans ce milieu, on ne va rien t'apporter sur un plateau.

Par contre c'est vrai que mon côté perfectionniste peut être épuisant. J'ai envie de tout réussir et c'est impossible.
J'ai aussi connu des échecs, mais il faut savoir rebondir, toujours. Surtout au poker, où il y a par définition beaucoup plus d'échecs que de succès.

Tu as aussi fait des études de communication et relations publiques. Tu avais une autre carrière en tête ?

En fait je voulais suivre le même chemin que ma mère qui travaille pour le service communication de Volvo Belgique. Dans l'automobile ou dans un autre domaine.

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"La liberté est quelque chose d'essentiel pour moi."

Au tout début je voulais faire une école de théâtre, au conservatoire, et réussir à gagner ma vie en tant qu'actrice. Mais mes parents, qui sont assez axés sur la carrière professionnelle, n'étaient pas vraiment pour et voulaient absolument que j'aie un diplôme.

Pour un acteur la communication c'est quand même ce qui se rapproche le plus de ce que tu aimes, surtout que j'ai aussi fait un peu de radio, de technique de présentation, ...
Donc j'ai eu mon diplôme, avec brio, et j'ai réussi à faire ce que je voulais et bosser à la télé.

Au final, je ne le regrette pas, parce que même aujourd'hui, ça m'aide. Par exemple sur PokerStars j'écris des articles, et c'est quelque chose que j'ai appris à l'école. Comme quoi, tout est bon à prendre !

Quels sont tes objectifs de carrière justement ?

D'abord, j'aimerais faire une véritable table finale. Pour l'instant j'arrive souvent à casher en live, de plus en plus régulièrement. Je veux continuer sur cette lancée.

Il faut avoir des objectifs réalistes, je ne vais pas te dire que mon objectif c'est de faire partie du November Nine l'année prochaine.

C'est drôle, quand on parle de carrière tu parles spontanément du poker et pas du mannequinat ou de la télévision et du cinéma.

En fait, j'ai deux vraies envies. Dans dix ans, en rêvant, je me vois actrice hollywoodienne. Mais c'est un rêve de petite fille. Dans dix ans je me vois aussi avec quatre titres EPT (rires).

Si je dois choisir ? Ce serait de devenir joueuse professionnelle de poker.

Plutôt un bracelet WSOP qu'un Oscar alors ?

Oui. Vraiment.

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Un jour tu seras mien !

Mais on y arrive pas sans rêver. Si tu ne te dis pas qu'un jour tu vas y arriver, laisse-tomber.

C'est drôle j'en discutais avec Daniel Negreanu cet été à Vegas. Il me disait qu'à chaque tournoi qu'il a gagné, à chaque table finale qu'il a faite, il s'était dit dès le début du tournoi qu'il irait loin. Ou de se mettre dans la tête d'être le numéro 1. Ca a pris 15 ans mais il y est arrivé.

C'est la psychologie qui prend le dessus sur tout le reste. Quand tu es persuadé que c'est TON tournoi, tu fais tout pour gagner et ne pas faire d'erreur. Si tu te dis « on verra bien », ce n'est même pas la peine de jouer.

Personnellement, quand je démarre un tournoi, je suis toujours à fond. Si je dois sortir, j'espère que ça sera à cause d'un bad beat, mais que j'aurais joué mon meilleur poker. Du moment que je joue mon meilleur poker, je ne peux pas m'en vouloir. Et un jour ou l'autre, ça paiera forcément. Obligatoirement.

Avant de faire ma première grosse performance en ligne – après trois ans de poker intensif quand même – j'ai eu une période où je n'en pouvais plus. On a tous eu ce genre de phase, où on a envie de tout laisser tomber, alors qu'en plus j'étais sponsorisée.

Mon boss m'a alors pris entre quatre yeux, il a sorti son iPad et a lancé une appli avec un dé électronique. Il m'a dit : « Lance-le. À chaque fois que ça tombe sur 5, tu cashes. »
Il a fait ça pour m'illustrer la chance, la variance dans le poker. Pour me montrer à quel point c'est compliqué de faire une place payée en live. Il a fallu qu'on lance le dé trente fois avant de tomber sur un cinq ! Tu vois ce que je veux dire ? C'est ça le poker.

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"Daniel est au-dessus, il a un don. Mais beaucoup d'autres excellents joueurs n'ont jamais fait de table finale."

Parfois tu vas jouer des années avant de faire un résultat. Et ce n'est pas parce que t'as jamais fait de table finale que tu n'es pas un bon joueur. C'est ça le pire. Et j'en connais beaucoup de ces joueurs.

Selon toi, qu'est-ce qui fait justement la différence entre ces joueurs-là et ceux, comme Davidi Kitai ou Daniel Negreanu par exemple, qui parviennent régulièrement à avoir de très bons résultats ?

Après ces très bons joueurs il ne fait pas oublier qu'ils jouent aussi des tournois où le field est moins important, par exemple des high rollers à 30 joueurs où tu retrouves 30-40% d'hommes d'affaires.

Sinon je ne sais pas vraiment, si c'est une question de chance ou s'il y a quelque chose en plus qu'ils ont compris. Ce sont aussi des joueurs à part, et mieux ils jouent plus les gens ont peur d'eux.

Daniel par exemple, il a une faculté exceptionnelle à lire les joueurs. C'est une espèce de don. Je pense qu'à chaque main, il sait dès le début tous les scénarios possibles, il écrit la route que sa main va suivre. Il est bien au-dessus.

Et pourtant il n'est pas forcément le meilleur joueur du monde. Il y a Dan Colman par exemple, ou encore les monstres qu'on voit apparaître régulièrement online, qui sont eux des véritables ingénieurs, des statisticiens. C'est triste, mais c'est efficace. Certains ne regardent même plus leurs cartes.

Quelle est ta meilleure arme au poker et dans la vie ?

Ma meilleure arme au poker, c'est ma patience, paradoxalement. J'ai vraiment une patience incroyable au poker, alors que dans la vie je ne le suis pas du tout et je suis complètement surexcitée.

Le poker est-il du coup une échappatoire ?

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"Ma meilleure arme au poker ? La patience, ce qui est tout le contraire de moi dans la vie."

Complètement. Le poker me permet de me canaliser, car on ne peut pas être comme ça à une table. Quand je passe des heures à jouer au poker, même après avoir été éliminée, je suis calme, je suis bien. C'est peut-être aussi parce que c'est très fatigant mentalement.

En plus je ne tilte plus du tout. Ça m'arrivait souvent au début, et puis après l'Estrellas de Marbella – où j'ai réalisé ma première vraie performance (40ème/720 NDLR) – j'étais tellement contente à ce moment-là que j'ai eu une espèce de déclic.

Est-ce qu'il y a une question qu'on ne t'a jamais posée et que tu aimerais qu'on te pose ?

(elle réfléchit) J'aimerais qu'on me demande où je me vois dans dix ans, mais pas au niveau professionnel, au niveau privé, personnel. C'est quelque chose qu'on ne me demande jamais.

J'aurai 37 ans. Je n'ai pas de vrai souhait d'avoir des enfants mais j'espère être mariée d'ici là, avoir une chouette maison à l'étranger, ... et avoir une vieille Porsche Targa S blanche.
Surtout la Porsche ! (rires)


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A lire aussi, le portrait de Gaëlle Garcia Diaz


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