Javier Garcirreynaldos et le succès du Marrakech Poker Open

Javier Garcirreynaldos
Photo : Gema Cristóbal

Javier « Tsunamy » Garcirreynaldos est l’un des joueurs professionnels les plus connus d’Espagne. C'est aussi l'un des hommes qui contribuent au succès du Marrakech Poker Open, un tournoi et une destination toujours très prisés des joueurs français. Le Madrilène a répondu à nos questions pour nous permettre d'en savoir plus.

Javier Garcirreynaldos Barral est un habitué des casinos, et il a été l’un des joueurs espagnols les plus en vue parmi ceux présent à Vegas l'été dernier avec une 5è place sur 1477 joueurs dans l'Event 10 des WSOP.

Dans cette interview exclusive pour PokerListings, il évoque avec nous son expérience en tant que professionnel depuis tant d’années et surtout l’organisation du Marrakech Poker Open à laquelle il contribue. Un tournoi qui intéresse toujours autant de Français présents en nombre à chaque édition.


Comment Javier « Tsunamy » Garcirreynaldos est-il donc arrivé au Maroc ?

J’étais croupier au Casino de Madrid. Ensuite, je suis devenu vice-directeur du Casino de Ceuta, géré par la même entreprise. Je suis donc parti vivre là-bas.

Javier Tsunamy Garcirreynaldos
"Je suis parti à l'aventure au Maroc."(photo Joe Giron, WSOP)

Après trois ans passés à Ceuta, ils ont commencé à me parler du Casino de Tanger au Maroc. J’ai commencé à aller y faire un tour. Les tables étaient super softs. Quand je suis revenu à Madrid pour travailler, je ne gagnais pas très bien ma vie. J’ai alors décidé de repartir à Tanger pour partir à l’aventure et jouer.

C'était une belle idée en théorie, sauf que moi aussi j’étais mauvais.
Donc j’étais là-bas, à Tanger, avec une hypothèque sur les bras, mon fils, et pris dans des histoires pas possibles.

C’est comme ça que j’ai eu l’idée de faire venir des gens depuis l’Espagne.
J’en ai parlé avec les directeurs du casino, ils ont aimé l’idée. Et surtout, c’était très facile pour moi : J’avais les contacts nécessaires depuis le temps que jouais en ligne et en live. Là-bas, en tant que joueur étranger, tu as plein d’avantages : logement, repas... Tu n’as jamais ça en Espagne.

Le premier tournoi que j’ai organisé, il y avait douze personnes. C’était il y a huit ans. Depuis, on est passé à 160-170 personnes. Et pas que des Espagnols : des Portugais, des Français, des Anglais, des Belges, des Italiens...

Là-bas, la plupart des joueurs sont marocains ou français, aux deux tiers. Le troisième tiers, ce sont ceux que je ramène moi.

Pourquoi le Maroc est-il une destination prisée des Français ? En raison du niveau de jeu ?

C’est parfait pour les Français. C’est leur Amérique du Sud à eux. Si on avait la Colombie, l’Argentine ou le Venezuela à deux heures d’avion, on s’y précipiterait aussi.

Les plages sont magnifiques, les soirées aussi, le tout pour beaucoup moins cher qu’en France. Et en plus, ils parlent français, là où la barrière de la langue est un problème pour les Espagnols.

Marrakech Poker Open 2017
"Le Maroc, c'est l'Amérique du Sud des Français."

Mais le Maroc, c’est presque comme si c’était la France. Ils ne se rendent même pas compte qu’ils sont à l’étranger.

Le Marrakech Poker Open aura lieu dans un complexe comprenant un hôtel 5 étoiles et un autre encore plus prestigieux...

Oui, il s’agit du complexe du casino Es Saadi, où se trouve également la discothèque Theatro. Nous avons tellement grandi que nous cherchons d’autres hôtels alentour, mais ils seront vraiment tout près. On parle de moins de deux minutes à pied. C’est vraiment pratique.

À quel public s’adresse ce tournoi ? Des amateurs ou des pro ?

Au Maroc, en général on joue des mises assez élevées. Et encore, en ce moment c’est plus bas qu’à une époque. J’ai fait des tournois à 2 500 € avec rebuys : Tu ne verrais jamais ça en Espagne.

Mais la crise est passée par là. Avant, il y avait des parties à 10/20. Quand je suis arrivé à Marrakech, il y avait deux tables à 10/20 et une à 5/10, genre « pour les débutants ». Aujourd’hui, c’est un peu différent. Mais malgré cela, les tournois sont à 1 000 € ou 800 €.

C’est quand même pas mal quand on imagine qu’il y a 400 joueurs. Il y en a un peu moins au Marrakech Poker Open, mais on arrive à 300 joueurs.
Ce qui est bien à Marrakech, c’est que le festival dure 9 jours, donc c’est vraiment intéressant pour les joueurs. Parce que bon, il y aura forcément moins de monde s’il faut se déplacer pour un seul tournoi, surtout avec l’avion, l’hôtel, et tout ça. Mais avec un festival, on peut rentabiliser tout ça.

(une vidéo de présentation du MPO par Javier)

Si l’on en croit ce que dit HendonMob, tu as aussi joué au Sénégal. Le poker en Afrique ne se résume donc pas au Maroc ?

Eh oui. Mais il faut faire attention. Personnellement, je le recommande si vous connaissez quelqu’un là-bas. Parce que si vous partez à l’aventure, vous n’êtes pas à l’abri d’une surprise. Il ne vous arrivera rien, mais disons que c’est différent de ce à quoi on est habitué.

À Dakar, ça m’a fait un choc, même si j’ai passé un bon moment. Et pourtant, je venais du Maroc. Mais plus tu vas au sud, plus c’est pauvre.

Maintenant que tu es de retour à Madrid, on t’a vu du côté du CNP Valence et sur d’autres circuits. Quels sont tes objectifs ? D’autant qu’en Espagne on ne peut jouer que sur des sites en .es.

J’ai commencé à jouer en ligne en 2003. Mais malgré quelques bons résultats, ce n’est clairement pas mon point fort. Je ne joue en ligne que quand je m’ennuie chez moi et qu’il y a un tournoi. Mon objectif, c’est de participer au CNP, au CEP, au LNP et à tout le reste. Je crois que j’ai fait le tour de Marrakech, maintenant je veux rentrer en Espagne et nouer des contacts avec les nouveaux joueurs. Il y en a énormément et je ne les connais pas encore.

La nouvelle génération n’a aucune idée de qui est Javier « Tsunamy », et moi je ne les connais pas non plus. Mais je sais qu’ils voudront venir à Marrakech. Ils s’y éclateraient. C’est pour ça que je veux passer du temps en Espagne, sur les circuits.

(le programme complet du Marrakech Poker Open 2017)

Programme et Calendrier Marrakech Poker Open 2017

On suppose que tu seras également aux World Series of Poker, où tu as réussi l’une des plus belles performances de l’équipe espagnole l’année dernière.

J’y étais, oui. J’ai tout fait, tout joué. Je n’avais jamais joué autant dans ma vie. J’ai eu la chance de faire une table finale. Ensuite, tout s’enchaîne. Après 45 jours, j’étais clairement sur les rotules.

Te verra t-on à la Battle of Malta, qui aura lieu du 2 au 7 novembre au Casino Portomaso à Malte ?

On verra selon mon calendrier, mais pourquoi pas. J’en ai entendu parler l’année dernière déjà. Moi, j’adore voyager et découvrir de nouvelles destinations. Et je ne suis jamais allé à Malte. Tout dépendra de mon fils !


A lire aussi : Destination Poker : le Maroc