Maria Ho : « La clé du bonheur est de le partager avec d'autres. »

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Le poker peut parfois faire oublier que derrière les cartes se cachent de riches et belles personnalités. Et Maria Ho est sans aucun doute l'une de celles-ci.

Maria Ho est loin de n'être que l'une des meilleures joueuses de poker, mais aussi une jeune femme touche-à-tout et nantie de nombreux talents, dont certains moins connus.
C'est aussi une adepte de spiritualité et pour qui les valeurs de partage et de bonté sont importantes.

Présentatrice de la Battle of Malta 2014, nous avons eu la chance de passer un moment avec elle pour parler de sa carrière et de sa vie. L'une de ces rencontres enrichissantes et sources d'inspiration.


Maria, tout d'abord, comment t'es-tu mise au poker ? J'ai cru comprendre que ta famille n'y était pas très favorable...

J'ai découvert le poker à l'université, avec des amis. Ils jouaient au poker pour s'amuser, après les cours. Je leur ai demandé si je pouvais jouer, mais ils n'acceptaient pas les filles. Ça m'a vraiment énervée et surtout encore plus donné envie de jouer, alors que je ne connaissais rien au poker. Un soir, j'ai ramené quelques bières et je leur ai dit : « hé, je vous ai amené des bières, laissez-moi jouer. »

Il se trouve que j'ai gagné les deux ou trois premières fois où j'ai joué, du coup j'ai tout de suite été persuadée que j'étais géniale et que le poker était super facile. Je m'y suis alors mise à fond et lorsque j'ai commencé à vraiment comprendre le jeu, j'ai trouvé que j'avais naturellement un bon instinct pour le poker.

À la fac je jouais plusieurs fois par semaine et j'ai fini par gagner pas mal d'argent comme ça. Quand j'ai fini mon diplôme, je me suis dit que ça valait le coup d'essayer d'en faire mon métier.

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Maria et les WSOP, une histoire qui marche.

Depuis, tu as eu beaucoup d'excellents résultats mais pas encore de titre majeur. Est-ce quelque chose qui te tracasse ?

J'ai terminé deuxième d'un event des WSOP et évidemment j'aimerais non seulement gagner un grand titre, mais surtout gagner un bracelet WSOP. Ça serait vraiment très spécial pour moi.

Je suis passée si près, j'y repense souvent.

Ceci dit, plus je joue au poker, plus je comprends que le fait de ne pas encore avoir gagné de grand titre ne signifie en aucun cas que je n'ai pas le niveau pour le faire. Beaucoup de grands joueurs n'ont jamais gagné de grand titre.

Bien sûr que c'est quelque chose que j'aimerais accomplir avant la fin de ma carrière, mais disons que je n'ai pas le sentiment d'avoir besoin de ça pour prouver que j'ai eu une bonne carrière. J'ai eu beaucoup de bons résultats donc je suis quand même contente de ce que j'ai pu faire jusqu'à maintenant.

Tu évoques la fin de ta carrière, ça veut dire que tu y penses déjà ?

Disons que je ne me vois pas jouer professionnellement et à plein temps pour encore très longtemps. Peut-être que d'ici 5 ans je passerai à autre chose.

Je jouerai toujours au poker, je participerai toujours au Main Event des WSOP par exemple, mais je ne pense pas pouvoir continuer à suivre le train de vie de joueuse professionnelle indéfiniment. Au bout d'un moment, c'est vraiment épuisant.

Qui sont les joueurs qui t'impressionnent le plus ou pour qui tu as le plus de respect ?

J'ai évidemment énormément de respect pour Daniel Negreanu, surtout pour sa personnalité et son travail d'ambassadeur du poker. C'est un très grand joueur, mais je pense que ce qu'il fait pour le poker est bien plus important que ce qu'il a gagné ou le nombre de bracelets qu'il possède.

Daniel nous aide à faire grandir le poker en communiquant avec les gens et en rendant le poker plus fun. C'est ça qui donne envie aux gens de jouer.

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"J'aime rencontrer des gens et profiter de ces moments de partage."

Je respecte aussi beaucoup Phil Ivey. Il a une super présence à table. J'ai eu la chance de jouer avec lui quelques fois et je suis toujours très impressionnée de voir à quel point les autres joueurs sont intimidés.

Il a l'air si concentré et si sérieux, c'est très compliqué de jouer contre quelqu'un qui est aussi confiant. Phil peut s'asseoir à table et tout d'un coup tous les autres joueurs ont l'impression de ne plus savoir jouer.

J'ai lu que tu as un diplôme de droit et communication. Tu fais également beaucoup de choses différentes : commentatrice, coach, journaliste, etc. Qu'est-ce que tu préfères dans tout ça ?

J'aime beaucoup présenter des événements et être une ambassadrice en général. J'adore rencontrer des gens, leur parler, c'est vraiment ce que je préfère dans le fait de jouer au poker dans le monde entier. Tu rencontres des gens très différents de toutes les origines, et c'est ça la vie : rencontrer des gens et profiter des moments de partage. Je suis très heureuse d'avoir la chance de pouvoir faire ça.

Ici par exemple, à la Battle of Malta, énormément de gens sont venus me voir et m'ont raconté des histoires extraordinaires, et pas juste à propos du poker, mais sur leur vie aussi. Je me sens tellement connectée aux gens dans ces cas-là.

Quel est le meilleur souvenir de ta carrière ?

Je pense que c'est lorsque j'ai terminé 77è et meilleure femme au Main Event des WSOP cette année. Être la meilleure femme, je m'en fiche, mais la première fois que j'ai réussi cette performance c'était en 2007, et être toujours là sept ans plus tard et accomplir à nouveau quelque chose d'aussi difficile... C'était génial.

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"C'est toujours agréable d'aller loin pour montrer que les femmes peuvent bien jouer."

J'étais encore loin de la table finale, mais terminer dans le top 100 du Main Event me confirme que je n'ai fait que progresser régulièrement et que je fais tout pour être en bonne position dans les tournois. J'ai la sensation de continuer à grandir.

Si on regarde en arrière, beaucoup des joueurs qui étaient là en 2007 ont disparu, donc ça prouve que ma carrière a une certaine longévité, et peu de gens peuvent en dire autant.

Et puis c'est toujours agréable d'aller loin pour montrer que les femmes peuvent bien jouer.
Je pense que le titre de meilleure femme peut permettre d'attirer des joueuses, parce que c'est quand même fou qu'en 2014 les femmes ne représentent toujours que 3% des joueurs en tournoi. Cela n'a aucun sens.

Pourquoi à ton avis ?

Honnêtement, il y a plusieurs raisons à cela. Par définition, la société n'encourage pas les femmes à être agressives ou à prendre des risques, et ce sont deux choses essentielles pour bien jouer au poker.

On n'encourage pas du tout les femmes à jouer au poker et à avoir ce style agressif. Je pense que c'est pour cela que certaines femmes pensent que le poker n'est pas fait pour elles.

En vérité, c'est un jeu génial, peu importe si vous êtes une femme ou un homme. Pour être honnête, je pense même que les femmes ont un petit avantage par rapport aux hommes dans le poker car je pense que nous avons un bon instinct. C'est dur pour un homme de mentir à une femme, non ? J'ai l'impression de toujours pouvoir voir quand un homme me ment.

Toi qui voyages beaucoup, as-tu constaté certains pays où les femmes sont peut-être plus encouragées à jouer au poker ?

Peut-être pas des pays, mais je l'ai remarqué dans certaines régions des États-Unis.
À Los Angeles par exemple, dans le Sud de la Californie, il y a plus de femmes que d'hommes dans certaines des plus grandes parties en high stakes.

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""Ma plus grande fierté, c'est d'avoir mené ma vie et ma carrière d'une manière dont je peux être fière."

Je pense que dans des endroits comme ça, où les femmes sont moins attachées aux rôles traditionnels qu'on leur attribuent, beaucoup plus de femmes jouent au poker. Il faut vraiment avoir une grande force d'esprit et être très sûre de soi pour faire ça. Il fait être solide pour jouer au poker.

Nous avons évoqué ton meilleur souvenir. Et quel est le pire ?

Je ne sais pas si j'en ai un.

Ce n'est pas vraiment un mauvais souvenir, mais ma 2è place aux WSOP m'a vraiment marquée. Ce n'est pas un mauvais moment en soi : j'ai gagné beaucoup d'argent et c'était une expérience géniale. Mais de passer si près d'un bracelet... Tu ne sais jamais quand tu auras une autre opportunité. C'était en 2011 et je n'ai jamais jamais réussi à aller aussi loin depuis, même si j'ai fait une autre table finale. Tu finis par te demander si c'était ta seule chance d'y arriver.

Je ne veux pas paraître ingrate, mais à ce moment-là je n'en avais rien à faire de l'argent, tout ce que je voulais c'était le bracelet.

De quoi es-tu la plus fière dans ta carrière ? De tes titres de meilleure joueuse aux WSOP ?

Non, ce n'est pas ma plus grande fierté parce que je n'aime pas insister sur la séparation des hommes et des femmes dans le poker. Utiliser cela pour mettre les femmes en avant a ses limites.

Ma plus grande fierté, c'est d'avoir mené ma vie et ma carrière d'une manière dont je peux être fière. Au poker, il y a toujours des scandales, il y a beaucoup d'argent en jeu... Mais grâce à mon éducation, j'ai toujours joué avec une totale intégrité. Je respecte ce jeu et je n'ai jamais menti, triché ni volé qui que ce soit pour arriver là où j'en suis. J'ai tout fait toute seule, sans jamais écraser personne. Je pense que c'est ce dont je suis la plus fière, et peu de gens peuvent en dire autant parce que l'argent fait parfois faire des choses un peu folles.

Je pense que mes parents seraient très fiers de la façon dont j'ai mené ma barque dans le poker, surtout au milieu des personnes un peu louches qu'on croise.

Il y a vraiment tant de joueurs « louches » que ça ?

Je pense que oui. Après, il y a aussi beaucoup de gens géniaux dans le poker.

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"L'ambiance des tournois de Mahjong m'a vraiment rappelé celle des tournois de poker."

Mais c'est un jeu très individuel, très égoïste, et il y a beaucoup d'argent en jeu. Ça pousse les gens à prendre mauvaises décisions.

Tu n'es pas qu'une joueuse de poker puisque tu as aussi participé au World Mahjong Tour. Tu y joues toujours ?

Dans la culture chinoise, on apprend très tôt à jouer au mah-jong. J'y ai toujours joué pour m'amuser, mais pour ce tournoi, ils voulaient inviter quelqu'un qui était professionnel d'un autre jeu mais qui savait aussi jouer au mah-jong.

C'était très intéressant parce que même si le mah-jong et le poker sont des jeux très différents, l'ambiance m'a vraiment rappelé celle des tournois de poker.
Les joueurs se connaissaient tous, ils avaient tous leur stratégie et c'était évident qu'ils avaient déjà tous joué les uns contre les autres et qu'ils connaissaient leur manière de jouer respective.

Je joue toujours pour m'amuser mais je suis bien loin d'avoir le niveau des joueurs de mah-jong de haut niveau. C'est le jour et la nuit.

Est-ce qu'il y a beaucoup d'argent en jeu ?

Pas dans les tournois. C'est plutôt dans les parties privées qu'il y a de l'argent, comme dans certaines parties de poker privées.

Qu'as-tu appris de ton expérience dans The Amazing Race (émission américaine similaire à Pékin Express NDLR) ?

C'est la chose la plus difficile que j'ai faite de ma vie, physiquement et mentalement. La principale leçon que j'en ai tirée, c'est que je suis beaucoup plus coriace que ce que je croyais.

J'ai fait tellement de choses que je n'avais jamais faites auparavant, il y a eu tellement de moments où j'ai eu envie d'abandonner... Mais je me suis rendu compte que lorsque tu persévères, tu peux dépasser tes limites. Je ne pensais pas que c'était possible.

Lorsqu'il y a un million de dollars en jeu et que des millions de gens te regardent à la télé, tu ne veux pas abandonner.

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Maria Ho et Tiffany Michelle, amies et partenaires lors de l'Amazing Race.

Je n'ai jamais été très douée pour tout ce qui est physique, je n'ai jamais fait beaucoup de sport, donc toute l'émission a été un véritable défi pour moi. Je n'ai pas été la meilleure et on n'a pas gagné, mais j'ai tout fait et je n'ai jamais eu peur d'essayer des choses que je n'avais jamais faites.

Comme quoi ?

Il y en a eu tellement... Mais à un moment par exemple, nous étions dans le désert de Dubaï, il faisait 50°. Dans cette situation, n'importe qui serait au bord de la folie. On devait déterrer des gourdes, on a mis 3 ou 4 heures... C'était épuisant. Dans ces moments-là, il faut que l'esprit prenne le pas sur le reste. Physiquement, tu es toujours au bord de l'évanouissement, mais tu continues quand même.

Qu'est-ce qui t'a poussée à te dépasser dans ces moments-là ?

Ma principale motivation pour ne pas abandonner, c'était Tiffany (Michelle). Quand tu as un coéquipier, tu ne veux pas abandonner et le priver de la chance de gagner. Si j'avais été toute seule, ça m'embête de l'admettre, mais j'aurais peut-être abandonné. Mais je ne voulais pas la décevoir.

Vous êtes très proches Tiffany et toi. Qui gagne quand vous jouez au poker ?

En fait, on ne joue jamais au poker ensemble. Peut-être parce que si on jouait, on se disputerait tout le temps. (rires)

Donc on ne saura jamais qui est la meilleure...

N'exagérons rien, je pense quand même que c'est moi la meilleure joueuse des deux. (rires)

Tu es aussi une excellente chanteuse, tu as d'ailleurs participé à American Idol (Nouvelle Star en France). Est-ce que tu pourrais envisager faire carrière ?

J'adorerais. La musique, c'est ma passion, encore plus que le poker. J'adore la musique et j'aime chanter plus que jouer au poker.

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Maria a aussi une belle voix (et une belle âme).

Mais c'est un rêve. Mon côté réaliste est conscient que c'est une carrière très difficile. C'est un milieu très dur.

Si j'avais la chance de pouvoir en vivre, ça serait merveilleux. Mais ce n'est pas quelque chose pour lequel je travaille activement... Enfin on ne sait jamais.

Tu es une personne très spirituelle, à ton avis quelle est la clé du bonheur ?

Je pense que la clé du bonheur est de le partager avec d'autres personne. Chaque jour, il faut choisir d'être de bonne humeur, être heureux, être gentil avec d'autres gens. Arriver à faire sourire quelqu'un me rend heureuse. La joie, ça se partage.

C'est très important, surtout à notre époque : les gens ont tendance à marcher sans regarder autour d'eux, ils sont très occupés, personne ne se parle... C'est une vie très solitaire.

Personnellement, je me sens beaucoup mieux lorsque je sais que j'ai un impact positif sur les autres.

Quel est ton but dans la vie ?

Je veux utiliser l'argent que je gagne dans le poker pour créer une association caritative ou pour soutenir une meilleure cause que mon addiction au shopping.

Pour moi, la meilleure façon de mener ma vie est d'améliorer celle de quelqu'un d'autre. Beaucoup de causes me tiennent à cœur : j'adore travailler avec les enfants, j'adore travailler avec les mères célibataires ou les femmes victimes de violences conjugales... J'aimerais trouver un moyen d'aider beaucoup de gens, que ce soit avec mon temps, mon argent ou les deux.

N'est-ce pas difficile d'être idéaliste dans un monde tel qu'il est aujourd'hui ?

C'est assez compliqué, surtout dans le poker. Je vois tellement de choses qui ne me correspondent pas à ma vision des choses, que parfois c'est difficile de continuer à évoluer dans le monde du poker lorsque certaines choses vont contre mes idées.

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"Je suis un peu idéaliste."

Comme tu le dis, je suis un peu idéaliste et j'aimerais qu'on ne soit pas tous assis autour d'une table à se prendre notre argent alors qu'il y aurait de meilleurs moyens de passer notre temps.

Il y a tellement de gens intelligent dans le poker, on pourrait faire tellement plus de choses. Surtout quand tu vois comment certains jeunes joueurs dépensent leur argent. Parfois, j'aimerais juste pouvoir leur parler et les aider à avoir un peu plus de recul.

C'est peut-être aussi pour ça que je ne pense pas pouvoir continuer à jouer au poker toute ma vie.

Pour toi, où le paradis sur terre ?

Honnêtement, le paradis c'est surtout où sont mes amis et ma famille, mais si je devais choisir un seul endroit où passer ma vie, je dirais Maui. Plus globalement, Hawaï est l'endroit le plus relaxant du monde. J'ai tellement de chance d'y avoir été plusieurs fois.

Le son de l'eau est tellement relaxant... Je crois que je pourrais vivre sur une plage.

Tu sembles très connectée à la nature.

Oui. Je pense que beaucoup de joueurs de poker commencent à se préoccuper de leur santé et à faire plus de sport.

J'adore faire de la randonnée, j'adore être dans la nature. Quand tu passes la journée dans un casino, tout ce que tu veux c'est prendre l'air.

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"Quand tu te lèves à 3h du matin pour aller au sommet du volcan Haleakalā pour le lever du soleil, Dame Nature te récompense avec ça."

Quand je sais que je vais jouer au poker, j'essaye toujours de commencer la journée par un grand bol d'air frais. Je me sens tellement mieux après.

Outre le poker, quelles sont tes addictions ?

Le shopping... (rires)

Je n'ai jamais assez de chaussures et de sacs. J'aimerais vraiment avoir une meilleure excuse que ça pour tout l'argent que je dépense, mais non c'est juste le shopping.

Ceci dit, j'ai quand même de la chance parce que les jeux comme le blackjack ne font pas du tout partie de mes addictions alors que je passe énormément de temps dans les casinos.

Ma seule addition, c'est le shopping, mais c'est vrai qu'elle est assez forte...

J'ai aussi entendu parler... des cornichons.

Oui, j'adore les cornichons, c'est vrai. (rires)

En fait je détestais ça quand j'étais petite, je trouvais que ça avait l'air dégoûtant. Mais il y a trois ans quand j'ai commencé à faire mes propres courses, j'ai voulu essayer. Maintenant, je peux manger tout un bocal de cornichons à moi toute seule.

Est-ce qu'il y a une question qu'on ne t'a jamais posée mais à laquelle tu aimerais répondre ?

Je pense que tu en as posé certaines. J'aime qu'on me pose des questions qui touchent à autre chose qu'au poker, comme ce qui me rend heureuse, mes idées ou ma spiritualité. Ma personnalité ne se limite pas à mon métier. Ce sont les choses qui comptent vraiment pour moi, et qui me définissent mieux que le poker.

 

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