Max Pescatori : « Il faut changer le processus de sélection du Hall of Fame. »

Max Pescatori

Max « le Pirate » Pescatori est né en Italie, mais a grandi en tant que joueur à Vegas. Et il a passé autant de temps à jouer dans les casinos californiens que dans les casinos d’Italie et d’Europe.

Il est le premier joueur européen à avoir remporté quatre bracelets WSOP, dont deux cet été. Ce qui devrait faire de lui le Joueur de l’année des WSOP... sauf cette année.

Grand voyageur, fasciné par le poker sous toutes ses formes, Pescatori est un touche-à-tout. Il a remporté ses quatre bracelets en Hold’em, PLO, Stud Hi-Lo et Razz. Et il a terminé deuxième du HORSE Championship à 10 000$.

Au Festival poker de Prague, Pescatori participe à de nombreux tournois et il a déjà atteint une place payée dans l’OFC Progressive Pineapple High roller à 10 000$. Nous l’avons retrouvé peu après.


Alors, est-ce que « le Pirate » est devenu fan du Pineapple ?

J’ai découvert ce jeu l’année dernière en revenant à Vegas après un tour en Europe.

Je suis arrivé au Rio pour les World Series et tout le monde jouait au pineapple, tout en jouant aussi sur leurs tablettes.
Il y avait 25 tables simultanées, et j’ai tout de suite été intrigué.

Max Pescatori

Je connais déjà le poker chinois, j’y ai beaucoup joué en Californie. En général, il n’y avait que des joueurs asiatiques et moi, mais l’Open Face et le Pineapple étaient encore tout récents.

Tout ça m’a tout de suite fasciné, je m’y suis lancé et je progresse constamment depuis. J’ai dû rater ce tournoi l’année dernière pour des raisons professionnelles, mais je suis content de pouvoir être à Prague cette année.

Tu étais assis aux côtés d’Alexandra Usoltseva. Elle avait l’air d’apprécier.

Oui. En fait on s’est rencontrés lors de mon premier tournoi d’OFC en Italie. Elle était bien meilleure que moi à l’époque, mais j’ai beaucoup progressé.

Lors de ce tournoi en Italie, j’ai eu beaucoup de chance et j’ai terminé deuxième. J’ai été battu par un Russe, évidemment.

Évidemment. D’ailleurs, félicitations, tu es le premier joueur européen à remporter quatre bracelets. Considères-tu cela comme une victoire personnelle, nationale ou européenne ?

Oui, merci. C’est une bonne question. Je ne dirais pas que c’est pour l’Europe, puisque les joueurs européens sont en compétition les uns contre les autres dans le classement.

C’est une victoire pour l’Italie, mais c’est surtout une victoire personnelle.

À l’époque où j’avais deux bracelets, il n’y avait que cinq joueurs européens qui en avaient autant, et aucun qui en avaient trois.

Puis j’ai passé plusieurs années sans en gagner aucun, et cette année tout s’est emballé.

Alexandra Usoltseva
Alexandra Usoltseva

Je sortais d’une assez mauvaise passe professionnellement et personnellement, c’était incroyable de revenir comme ça.

Savais-tu que selon les précédentes formules des WSOP tu aurais été Joueur de l’année ?*

Je sais ! C’est dégueulasse. Au final, le système a changé, comme l’état d’esprit des joueurs qui tentent de remporter ce titre.

Mais c’est quand même un peu dégueulasse d’avoir le même système pendant 10 ans et de le changer l’année où j’aurais pu gagner. Mais bon, qu’est-ce que j’y peux ?

Tu as 44 ans et tu es joueur professionnel depuis 1999. As-tu des chances d’entrer au Hall of Fame ?

Je pensais être nommé cette année. Je pense que si je continue à bien jouer, j’aurais mes chances dans les années à venir.

Et puis il n’y encore aucun Européen dans le Hall of Fame, ils vont bien devoir finir par en choisir un.

Ou peut-être qu’ils ne veulent pas d’Européens.

Je pense que c’est le système le problème. Le Hall of Fame n’a jamais vraiment été considéré comme le Hall of Fame. Les choses sont en train de changer.

Max Pescatori vainqueur de son deuxième bracelet aux WSOP.
Deux bracelets en 2015 pour le Pirate italien !

En Europe, le poker est encore plus diffusé qu’aux États-Unis, mais ils n’y font pas attention. Ils s’en fichent.
Regarde Late Night Poker par exemple. Ça marche très bien dans toute l’Europe et eux n’en ont jamais entendu parler.

Il devrait y avoir des journalistes plus qualifiés dans le jury. Et puis chaque joueur nommé n’a droit qu’à quatre lignes de présentation.

Qu’est-ce qu’on peut dire en quatre lignes ? Je joue au poker professionnellement depuis 16 ans. Je suis sûr que je ne sais pas non plus tout ce qu’ont accompli les autres joueurs parce qu’ils ne peuvent pas le résumer en quatre lignes.

Il faut changer le processus de sélection.

*(Note : En réalité, Pescatori n’aurait été Joueur de l’année que selon la formule utilisée en 2009. Des données incorrectes ont été utilisées au moment de l’interview)

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