Neil Johnson, PokerStars : « Je pense qu’il n’y aura pas de Grand Final en 2017 »

Neil Johnson PokerStars
Neil Johnson

Directeur des tournois live pour PokerStars, Neil Johnson revient sur les nouveaux tournois PokerStars Live (PokerStars Championship et PokerStars Festival), les changements par rapport à l'EPT, et ce qui attend les joueurs dans le futur.

Le tout premier tournoi organisé sous la bannière PokerStars Live, le PokerStars Championship Bahamas, s’est terminé il y a quelques semaines.

Le format adopté fut un peu différent de feu la PokerStars Caribbean Adventure de l'EPT : le Jour 1 a notamment commencé une heure plus tôt et la structure était légèrement différente, avec des paliers plus longs.

Autre changement, moins enviable : le Main Event a attiré un peu plus de 700 joueurs, soit 200 de moins que l’année dernière.

Est-ce un présage ? Le programme et la structure de ces tournois vont-ils changer ?

Neil Johnson, directeur des tournois live pour PokerStars, nous a accordé un peu de temps à l'Atlantis pour évoquer les perspectives pour 2017.

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Neil Johnson : Nous avons voulu donner au Main Event la structure des anciens EPT. Mais les choses sont toujours un peu différentes aux Bahamas.

Le Super High Roller, par exemple, est programmé avant le Main Event et plus simultanément. Et puis le tournoi a toujours été plus court que les autres grands festivals européens, comme à Barcelone.

Tournoi de poker PCA aux Bahamas
Les choses sont toujours différentes aux Bahamas.

Il faut aussi prendre en compte les spécificités régionales. Aux Bahamas, les restaurants ferment souvent assez tôt, donc on essaye de terminer de jouer avant 21 h pour que les gens puissent sortir dîner.

En général, on veut que les gens soient conscients que c’est ce à quoi il faut s’attendre sur un nouveau circuit, qu’on soit à Macao, au Panama ou aux Bahamas

Les tournois ne démarreront pas partout à 11h, évidemment, mais en termes de structure et de longueur, ce sera le standard.

Nous avons un peu modifié les prix et les rakes, et la longueur des tournois a été standardisée. Peu importe où vous jouez, toutes les étapes auront le même format.

Les paiements vont changer ?

Je ne pense pas qu’il y aura d’autres changements, non. Que ce soit à Prague, à Malte ou dans le New Jersey, nous n’avons pas eu de retours négatifs. Il semble que nous ayons réussi à établir un format qui fonctionne grâce aux commentaires des joueurs.

Nous utiliserons l'échelle basse de places payées pour les tournois à 10 000 $ de buy-in ou plus, et nous opterons pour 20 % de joueurs payés pour les plus petits tournois en termes de droit d'entrée, avec 1,5 fois le montant du buy-in au premier échelon de gains.

PS Championship
Nouvelle identité.

Les seuls retours un peu négatifs sont venus des joueurs de high stakes à Barcelone l’année dernière. Et même eux ont admis que c’était mieux pour les tournois à faible buy-in. Ils ne voulaient simplement pas que ce soit appliqué aux tournois high rollers, donc nous y avons travaillé.

Je ne dis pas que tout le monde est content du système actuel, mais la grande majorité s’en satisfait. Le seuil de 20 % était surtout problématique parce que c’était justement un seuil et pas un plafond.

Je pense que les joueurs comprennent mieux notre système maintenant. Si vous regardez attentivement les données, vous verrez que ces 20 % ne signifient pas qu’on paye 21,5 % des joueurs, mais qu’on paye 18 %.

Nous avons aussi réglé le problème de la double bulle et les prix sont plus justement distribués maintenant.

Récemment, vous avez déclaré que le changement de nom ne devrait pas entraîner énormément de changements sur le fond. Pourtant, il y a eu beaucoup moins de joueurs sur le Main Event de ce PokerStars Championship aux Bahamas.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette baisse : moins de joueurs qualifiés qui viennent, le taux de change du dollar, un facteur important pour les joueurs d’Amérique latine, le fait que certains joueurs aient préféré aller en Australie pour les Aussie Millions cette année, etc.

ElkY
ElkY a aussi débuté par des satellites.

Je ne crois pas que le changement de nom ait quoi que ce soit à voir avec cette baisse. La baisse est indéniable, mais je n’ai pas encore vu de statistiques détaillées donc je ne peux pas donner de réponse plus précise.

Ce que je sais, c’est que j’ai vu beaucoup de nouveaux joueurs, et ça, c’est rare. Je crois que c’est grâce aux satellites qualificatifs en Spin & Go.

On a commencé à les introduire l’année dernière à Monaco. Avec plus de joueurs, on avait l’impression de retrouver la bonne époque : quand les joueurs ont vu qu’il y avait de plus en plus de tournois qualificatifs à 10 dollars, ils ont moins hésité à se lancer.

On a évidemment supposé que les joueurs qualifiés étaient moins bons, mais l’un d’entre eux a terminé 4è, donc c’était une généralité.

Il ne faut pas oublier que des joueurs comme ElkY, Mike McDonald et Kevin MacPhee ont un jour été issus des qualifications. Le problème, c’est que les Américains ne savent même pas ce qu’est un Spin & Go à cause de l’interdiction du poker en ligne, donc on ne peut pas avoir le même effet qu’en Europe.

Est-ce que cette baisse est une tendance globale ?

À Barcelone et à Prague, on a eu plus de joueurs, donc je ne crois pas. Il y a beaucoup trop de facteurs à prendre en compte pour donner une réponse catégorique.

Par exemple, les tempêtes sur la côte ouest pourraient avoir un effet, une promotion en cours aussi, la construction d’un nouveau casino comme au Maryland, etc.

Mais imaginez qu’on ait eu 1 000 joueurs l’année dernière et 750 cette année : ce qui m’importe, c’est de savoir combien de ces joueurs sont là pour la première fois. C’est comme ça qu’on voit les tendances.

À l’inverse, les tournois high rollers ont l’air d’être de plus en plus courus. À Prague, il y a même eu des tournois ajoutés alors qu'ils n’étaient pas prévus. On dirait presque que les tendances s’inversent.

C’est intéressant de voir comment tout cela évolue. Je pense que le premier high roller a été organisé pendant l’Aussie Millions 2008.

Poker Prague
Prague avait fait le plein.

Ensuite, Full Tilt s’est investi sur le circuit Onyx, puis PokerStars s’y est mis aussi. Pendant longtemps, les gens ont eu des appréhensions. Nous n’étions pas sûrs de vouloir que les joueurs paient 100 000 $ de buy-in, voire plus en cas de re-entry.

Mais les choses ont évolué, et maintenant il y a un groupe d’une centaine de joueurs qui n’ont aucun problème à jouer pour des sommes à 5 ou 6 chiffres. S’ils ont le choix entre un tournoi à 2 000 $ avec 500 joueurs ou un turbo à 10 000 $ avec 50 joueurs, ils choisiront le deuxième, c’est plus intéressant pour eux.

Ils veulent remporter des titres, mais des tournois qui durent des jours ne les intéressent pas. Au début, on n’imaginait pas que les high rollers feraient partie intégrante de PokerStars, mais nous avons dû sous-estimer la croissance de ce marché.

Parlons de l’année à venir. Est-ce qu’il y aura des innovations au Panama ou à Macao ?

Pas cette année, mais à long terme, oui. Nous voulons lancer le Mah-Jong et le Go, de la même manière que nous avons rassemblé le poker et les échecs.

Ce sera toujours un marché de niche, mais je pense qu’il est important de travailler sur les sports de l’esprit pour mettre en avant le poker. Et même si ces tournois sont petits, ils permettront d’attirer des joueurs qui n’auraient jamais participé à un tournoi de poker.

Combien de joueurs attendez-vous pour les premiers PokerStars Championships au Panama et à Macao ?

Au Panama, je pense que 500 joueurs est un objectif raisonnable. Le tournoi aura lieu juste après le LAPC et le Bay 101, donc tout dépendra si les joueurs sont plutôt motivés ou épuisés.

Tournois High Roller
Les High Rollers ont le vent en poupe.

Il fera beau, Panama est une belle ville... Je pense que ce tournoi a beaucoup d’atouts. Quant à Macao, c’est un spot déjà bien connu et plus rentable que Vegas.

C’est tout près de la Chine et de Hong Kong, ce qui ouvre énormément de possibilités. Les Européens aiment aller en Asie, mais pour les Américains, jouer à Macao c’est l’équivalent de l’Aussie Millions pour les Européens.

Ce n’est pas une voyage qu’on peut faire tous les ans, mais c’est quand même un incontournable. J’ai passé trois semaines à Macao en 2016 et c’était génial.

Il y aura environ 80 tournois, dont plusieurs high rollers. Donc de quoi satisfaire tout le monde. Je pense que ce sera un peu plus important qu’au Panama en raison de la proximité avec la Chine.

Quoi qu’il en soit, 500 joueurs me semble plutôt pas mal. Ce sont les attentes de base pour un PokerStars Championship.

Maintenant que la saison démarre en janvier, qu’adviendra-t-il du Grand Final ?

Je pense qu’il n’y aura pas de Grand Final en 2017. Par le passé, les saisons de l’EPT et du WPT se terminaient juste avant le début des World Series of Poker. Il s’agissait donc de marquer le coup.

Maintenant, les choses sont différentes. Le buy-in à Monaco ne sera pas plus élevé qu’ailleurs, et la structure sera la même. Les choses ont changé.

Merci Neil Johnson.

Pour plus de détails sur les changements au niveau des paiements, lisez le message de Johnson sur le forum 2+2.