Interview November 9 : Sam Holden

sam holden

Un an après avoir débuté sa carrière poker, Sam Holden a son siège pour la finale du plus gros tournoi de poker au monde.

Il est peut être celui qui entrera en table finale du Main Event des WSOP 2011 en position de short stack, mais avec 24 big blinds restantes, Sam Holden ne cherchera pas seulement à tout pousser sur la première main avant de rentrer chez lui en neuvième position.

PL : Comment ça se passe pour toi depuis que tu fais partie des November Nine ?

SH : Plutôt cool évidemment. J'ai fait beaucoup d'interviews traditionnels ici en Grande-Bretagne mais ça se calme un peu et je commence à faire plus d'interviews poker. C'est généralement bien plus amusant parce que les questions tendent à être plus intéressantes.
Je suis aussi juste de retour de l'UKIPT d'Edimbourg. C'était vraiment le premier tournoi de poker live que je jouais depuis Vegas. C'était sympa de rejouer au poker.

PL : Quelle a été la réaction de tes amis et de ta famille quand tu es rentré au Royaume-Uni ? Ils devaient être particulièrement excités...

SH : Oui absolument. Ils ont suivi ça en ligne et j'avais donc même des réactions de leur part lorsque j'étais encore là bas. Tout le monde était donc très excité et aussitôt rentré j'ai reçu des tonnes de coups de fil. Ce fut super de revoir autant de personnes que possible, chacun avec leurs propres questions sur comment c'était.

PL : As-tu vu beaucoup d'amis que tu n'avais pas vus depuis un bail, sortis de nulle part pour venir te dire bonjour ?

SH : (rires) Non, pas tant que ça. Il y en a en quelques-uns sur Facebook desquels je n'aurais normalement pas eu de nouvelles, mais cela n'a été que des commentaires sympas.

PL : Tes amis poker ont-ils été assez surpris que tu fasses les November Nine ?

SH : Oui définitivement. Et puis pas mal d'entre eux avaient mis une pièce sur moi donc ils étaient très très contents. Evidemment c'est ce dont tout joueur de poker rêve, mais faire la table finale du Main Event n'est pas non plus quelque chose que chacun s'attend à faire.

PL : Peux-tu nous en dire plus sur tes études et sur l'endroit où tu as grandi ?

SH : Je suis né pas loin d'un endroit appelé Eastbourne dans l'East Sussex. Le village dans lequel j'ai grandi, Herstmonceux, était très petit, avec seulement quelques magasins.
Quand j'ai eu 18 ans, je suis allé à l'université à Canterbury. J'y ai vécu ces quatre dernières années.
J'ai eu mon diplôme en juin dernier, et je joue au poker en professionnel depuis. Mais évidemment je joue au poker depuis plus longtemps que ça.

PL : A quoi t'intéressais-tu en grandissant ? Des sports, des hobbies ?

SH : J'ai pratiqué beaucoup de sports en grandissant, notamment à l'école quand j'étais plus jeune. Sans être mauvais je n'étais pas particulièrement bon dans aucun sport, j'appréciais juste d'y jouer, la compétition comme beaucoup de gamins. Et puis j'en ai arrêté la plupart quand j'ai eu 18 ans car j'ai commencé à jouer au poker à cette époque.

PL : Comment en es-tu arrivé au poker justement ?

SH : Je pense que j'en ai vu à la télé, quand j'étais à l'université, et j'ai donc commencé à y jouer en gratuit. Juste pour m'apprendre les règles et quelque stratégie de base en quelque sorte.
J'ai rencontré quelques autres gars et nous avons commencé à parier de poker en ligne. J'ai fait quelques dépôts puis les ai perdus au bout d'un mois. Mais j'étais devenu meilleur et j'avais commencé à dominer les parties à micro enjeux.
C'est devenu une sorte de travail à temps partiel pour moi, plutôt que de retourner au bar où je travaillais.

PL : Qu'est-ce qui t'as attiré en premier lieu dans le poker ?

SH : J'ai toujours aimé les maths et les statistiques, et ce côté académique du monde. Je comprends bien et j'adore ce côté là du jeu.
J'ai aussi toujours aimé la compétition, les cartes et les jeux de stratégie. C'était donc une combinaison de tout ça. Et j'aime la manière dont les joueurs de poker pensent et cherchent constamment à s'améliorer.

PL : Quelle est ta plus grande force au poker selon toi ?

SH : Détacher les émotions des décisions et penser rationnellement est probablement la plus grande force de mon jeu. Aux WSOP j'ai été surpris de voir que je pouvais gagner des mains comme dans n'importe quelle autre partie, même avec toute cette pression. J'essayais juste de penser à la situation, aux joueurs, aux jetons, aux cartes, et à ce que la décision optimale était.

PL : Es-tu plutôt un joueur de MTT (tournois multi-tables) en ligne, ou joues-tu aussi en cash games ?

SH : Je joue principalement des tournois. J'ai fait un peu de cash au fil des ans, mais les tournois ont toujours été ce que j'apprécie le plus.

PL : Quelques gros résultats au début de ta carrière poker ?

SH : Non. J'ai fait la table finale du Sunday Million plus tôt cette année, terminé 6ème. C'était mon plus gros résultat avant Vegas.
Je me comportais bien dans les MTT, mais j'étais loin de les dominer. J'en vivais bien, mais j'avais encore beaucoup à apprendre. Vraiment je veux dire. Et je continue.

PL : Qu'ont pensé tes parents quand tu leur as dit que tu voulais jouer au poker professionnellement ?

SH : Je pense qu'ils l'ont vu venir car j'y jouais pendant l'université et le prenait de plus en plus sérieusement. Ils ont entendu que je me débrouillais plutôt bien, bien qu'il n'aient eu aucune preuve à l'époque je suppose.
Quand j'ai eu mon diplôme, j'ai juste voulu en faire pendant un an, et voir si je pouvais toujours y prendre du plaisir, et quel genre de vie je pouvais en faire.
Mon plan initial était de retourner à l'université après un an, et peut-être passer un Master's Degree.
Et puis j'ai commencé à gagner pas mal d'argent, à apprécier, et du moment que mes parents avaient vu ça et que je pouvais payer mes factures, ils étaient heureux.
Evidemment ils étaient quand même inquiets que je puisse être ruiné car ils ne connaissent pas grand chose à propos du poker.

PL : Ce sont tes premiers World Series of Poker. Qu'est-ce qui t'as décidé à les jouer ?

SH : Les tournois en ligne se passaient bien et j'ai commencé à jouer en live. Je savais que les parties live pouvaient être un peu moins dures et qu'il y avait beaucoup de joueurs récréationnels, notamment aux World Series.
Je savais qu'il y avait beaucoup de valeur ici, je savais que je pouvais battre les parties. Et puis ce sont les WSOP, tout joueur de poker veut y être.

PL : As-tu joué des préliminaires ?

SH : J'ai joué 3 Events, sans rentrer dans l'argent. Mais je jouais bien et j'étais encouragé par la quantité de joueurs dans chaque tournoi.
Pour être honnête, j'attendais un niveau de jeu plus haut en général, mais il y avait tant de touristes poker... Il y a évidemment beaucoup de variance dans les tirages de tables parce que les pros sont là aussi. J'ai eu de la chance dans le Main Event, de tirer certaines tables plus faciles.

PL : Tu arrives en tant que l'un des plus petits tapis en table finale de ce Main Event. Es-tu confortable avec cette situation ?

SH : Oui absolument. Avec mon background en MTT, j'ai bien l'habitude de jouer avec un stack de 20-30 grosses blinds. C'est l'une des mes forces.
Bien que 9ème en jetons, j'ai toujours 24 BB. Il y a de la place. Je ne vais pas revenir juste pour tout jouer sur la première main. Je pense que j'ai de bonnes chances de gagner ou d'aller loin. On verra quelles situations vont se présenter.

PL : Peux-tu nous parler un peu de ta préparation ? On imagine que tu vas visionner autant de vidéos que possible que tes adversaires.

SH : Cette année il y a même encore plus de matériel en raison du streaming live. Je vais évidemment y poser un oeil attentif et je suis sûr que tout le monde va en faire de même.
Je vais aussi essayer de travailler sur mon propre jeu. Tout joueur de poker a des choses à améliorer, et j'en ai beaucoup.

PL : Certains joueurs prennent des distances avec le jeu dans les mois précédent la table finale. J'imagine donc que ça ne sera pas ton cas ?

SH : Personnellement si je ne joue pas avant novembre, tout me semblerait très étranger à la reprise. Je ne me sentirais pas très à l'aise. Non je vais au contraire essayer d'acquérir le plus d'expérience live possible face à de bons joueurs.
Après, quelqu'un de plus expérimenté pourra prendre une approche différente.

PL : Que penses-tu du tirage de la table ?

SH : Mon siège est difficile car j'ai Pius Heinz directement à ma gauche, un très bon joueur. Et à sa gauche Ben Lamb, puis le chip leader Martin Staszko. Mais pour être honnête l'ensemble de la table est difficile, et tout peut arriver.

PL : Y a t-il des joueurs de cette table finale qui t'ont particulièrement impressionnés durant la partie jusque là ?

SH : (rires) Presque tous ! Aujourd'hui il y a tant de bons joueurs dans le monde et la structure est si bonne dans ce tournoi, que je ne pense pas que nous verrons une table finale faible dans ce Main Event.
Ceci étant dit, je dois dire que Pius m'a vraiment impressionné. L'unique raison pour laquelle je dis ça est parce que je ne l'ai pas vu montrer beaucoup de ses mains, ce qui est généralement un bon signe.

PL : Y a t-il des joueurs que tu admires ?

SH : A l'heure actuelle, des gars comme Isaac Haxton et Scott Seiver. Ils réfléchissent à un tel niveau, et ils font un bon boulot dans l'écartement de leurs émotions du jeu.

PL : Penses-tu que la scène poker britannique est plutôt forte ?

SH : Oui, il y a quelques joueurs britanniques incroyables à l'heure actuelle. Des joueurs tels que Jake Cody, et l'écossais David Vamplew, vainqueur EPT.
J'aime la façon dont Vamplew réfléchit à propos du jeu. Il est tellement consistent. Il ne prend aucune situation comme acquise. Il ne néglige aucune situation dans le sens qu'il ne prend rien comme "standard", là où de nombreux joueurs ne font que valider des hypothèses immédiates.

PL : Tu vis actuellement à Canterbury. Prévois-tu d'y rester dans un futur proche ?

SH : Non, j'espère en fait déménager à Londres en septembre. Je prévoyais de le faire dans tous les cas, mais faire les November Nine va me faciliter la tâche car Londres est un endroit cher.

PL : Quels tournois vas-tu disputer sur ces prochains mois ?

SH : J'ai déjà prévu de jouer les WSOPE en France (à Cannes en octobre NDLR) et je vais probablement également jouer l'EPT de Londres. Je pensais aussi jouer le WPT de Paris mais on va voir. Il y en aura peut-être quelques autres aussi.

 

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