Sam Trickett : « Je retournerai peut-être bientôt à Macao. »

IMG227

Quand on parle de poker en Angleterre, difficile de faire plus gros poisson que Sam Trickett aujourd'hui.

Tout frais nouveau joueur sous bannière Everest Poker, et récemment inscrit au prochain Big One for One Drop des WSOP à 1 million de dollars (celui-là même qui l'avait fait devenir le plus gros gagnant européen de tous les temps), Trickett est clairement sous le feu des projecteurs.

Bien qu'il ait réussi quelques résultats en tournois récemment (2ème du WPT Venise et payé à l'EPT de Vienne), Trickett reste un joueur orienté high rollers, et encore plus particulièrement en cash games. Des cash games d'élite.

Nous l'avons rencontré à Vienne, où l'une de ces parties a d'ailleurs fait couler un peu d'encre.


Des rumeurs ont couru à l'EPT Vienne. On dit par exemple que Jan-Peter Jachtman, champion du monde de Pot-Limit Omaha, organisait chaque soir des cash games de PLO high-stakes dans le luxueux penthouse de l'Hôtel Sanssouci. Il paraît que tu y as participé. Est-ce possible de se concentrer en même temps sur un tournoi à 5000€ en parallèle ?

Je peux me concentrer sur les deux. Avant, je jouais toujours comme ça : des gros tournois et des cash games en même temps.

5656 Sam Trickett
Perdant d'un nombre à 5 chiffres en Pot-Limit Omaha.

Mais une nuit on a joué très tard. J'ai réussi à dormir six heures, ce qui est quand même suffisant pour ne pas affecter mes décisions dans le Main Event.

Le problème, c'est que j'ai beaucoup perdu la nuit d'avant et ça m'a flingué pour le Main Event. J'étais tellement bien la veille que je me demande s'il n'avait pas une poupée vaudou cachée dans le penthouse... (rires)

As-tu joué toute la semaine ?

Oui, d'autant plus une fois que j'étais sorti du Main Event. J'avais besoin de m'occuper, donc autant en profiter pour gagner de l'argent.

Comment ça s'est passé ?

Pas terrible les premiers jours. J'ai eu quelques très mauvaises sessions. On a joué au PLO et je crois que j'ai passé quatre heures entières à perdre quasiment chaque main. J'ai dû aller au tapis une bonne soixantaine de fois...

En euros, ça donne quoi ?

Une somme à plus de 5 chiffres. Je ne veux rien dire de plus, mais mes adversaires étaient plutôt heureux.

Qui d'autre jouait ?

Surtout des joueurs allemands et autrichiens. Il y avait aussi Ronny Kaiser, Florian Langmann et Noah Boeken.

Comment t'es-tu retrouvé dans ces parties ?

Je connais quelques-uns des joueurs de mes précédents séjours à Vienne, j'y ai passé pas mal de temps. Je connais par exemple Gregor Reichardt qui travaillait dans le lounge high-roller du Montesino.

J'ai toujours apporté de l'animation à leurs parties, donc maintenant ils espèrent que je renfloue leurs bankrolls. (rires)

Tu connais donc assez bien les joueurs allemands, eux qui ont dominé les high-rollers en 2012 et en 2013. Toi qui es toujours l'un des rares joueurs européens à leur tenir tête, que penses-tu de ces effrayants teutons ?

1R8A0181
Gruissem "voit les tournois de poker d'une manière complètement différente."

Leurs performances ne m'ont pas surpris. Ils sont très très bons en tournois. Ils s'entraînent presque tous les jours en se lançant des défis. Et puis ils sont sympa.

Qui est le meilleur joueur d'entre eux ?

Mauvaise question. Quoss, Gruissem, Reinkemeier et Kurganov : quatre joueurs, quatre styles différents.

Quel est le style de jeu de Gruissem ?

Je ne peux pas tout vous dire, mais disons qu'il envisage les tournois de poker d'une manière totalement différente des autres joueurs.

Son jeu post-flop est extrêmement créatif et il arrive à bluffer à des moments que d'autres joueurs n'envisageraient jamais. La plupart des autres joueurs de tournois préfèrent contrôler le pot.

Lui, on dirait qu'il n'en a rien à faire. Ca peut faire la différence dans un tournoi à gros buy-in.

Et de Tobias Reinkemeier ?

Il est moins agressif que Gruissem. Tobias ne fait aucune faute, il joue de manière très directe et ne commet aucune erreur. Il punit ses adversaires dès qu'ils montrent la moindre faiblesse.

Ils vivent tous en Angleterre. Tu les connais personnellement ?

Non, je n'habite pas à Londres. Je participais à quelques parties privées, mais je ne les y ai jamais croisés.

J'habite à Lincoln, dans le nord-est de l'Angleterre, près de Nottingham et Sheffield.

Par contre, je les croise souvent en tournois, j'ai même échangé avec eux dans des tournois high-rollers et super high-rollers. Il n'y a qu'avec eux que je fais ça.

Revenons-en à ces cash games à hauts enjeux. Tu passais beaucoup de temps à Macao, mais il paraît qu'ils ne te laissent plus jouer là-bas. C'est parce que tu es trop bon ? Trop dangereux ?

TrickettHU
"Les gens ont confiance en moi et les sponsors m'ont toujours bien soutenu."

J'ai participé aux parties les plus chères là-bas. Je crois que Tom Dwan et moi étions les deux seuls pros à être autorisés à jouer. Mais ensuite les parties se sont un peu raréfiées.

Et quand elles ont repris, les VIP ont décidé de ne plus laisser participer les pros. J'étais à Macao et j'attendais chaque jour une invitation.

Les seules parties auxquelles j'étais invité étaient pleines de joueurs pros occidentaux, rien de très excitant.

Du coup j'ai décidé de rentrer en Europe, mais récemment Tom m'a dit qu'il était de nouveau invité aux parties avec les locaux. J'y retournerai peut-être bientôt.

Qu'est-ce qui fait de toi un joueur aussi extraordinaire, toi qui es aujourd'hui le meilleur joueur européen de l'histoire ?

Pour être honnête, je pense que je suis un bon joueur, assez bon pour avoir un très grand instinct de survie face aux pires requins.

Mais je sais que j'ai eu beaucoup de chance, dans les high-rollers et surtout dans les super high-rollers.

Et puis je m'entends bien avec les autres joueurs, je ne me suis jamais embrouillé avec d'autres joueurs. Du coup, les gens me font confiance et me sponsorisent facilement.

En retour, je joue le jeu des interviews, même quand je ne suis absolument pas d'humeur, comme maintenant ! (rires)

 

Derniers Blog Posts »