Steve Albini : de l'album In Utero de Nirvana aux tables de poker

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"J'ai encore mieux apprécié cet album musicalement après ne pas l'avoir écouté depuis 20 ans."

Tous les joueurs de poker ont une vie en dehors du poker, mais il faut bien admettre que celle de Steve Albini est bien plus intéressante que la plupart des autres.

Musicien, chanteur, compositeur, ingénieur du son, producteur, journaliste... C’est à se demander comment Albini trouve le temps de jouer au poker.

Albini a notamment joué avec des groupes underground comme Big Black, Rapeman ou encore Shellac, mais il est surtout connu pour avoir été le producteur de l’album In Utero de Nirvana, le dernier album studio du groupe avant la mort de Kurt Cobain.

Les techniques et la sonorité très particulières d’Albini ont fait débat au sein du groupe, du label et des producteurs.

Albini a depuis refusé de remixer l’album, et c’est finalement le producteur historique du groupe R.E.M. qui a modifié quelques pistes.

L’année dernière, vingt ans après sa sortie, Albini a pu remasteriser l’album. Ce travail lui a permis d’avoir une toute nouvelle perspective sur celui-ci.

Bien sûr la carrière poker d’Albini est beaucoup moins médiatisée, mais cela n’empêche pas ce nâtif de Chicago d’être un grand joueur de cash games et de tournois.

Nirvana InUtero Frontal
Albini a cessé de penser à la controverse autour de la sortie d'In Utero.

Il était d’ailleurs passé tout près d’atteindre la table finale du Seniors Championship des WSOP 2013, et PokerListings a pu le rencontrer cette années lors de l'édition 2014 des World Series of Poker.


20 ans se sont écoulés depuis la sortie de In Utero de Nirvana. Est-ce que ta perception de la controverse entourant les enregistrements a évolué ?

C’est intéressant parce que c’est long, 20 ans. Toute la dimension émotionnelle de l’enregistrement, tout cet énervement autour des divers intérêts qui entouraient la sortie de l’album, tout ça s’est dissipé et je n’y pense plus.

Et puis l’année dernière j’ai eu l’opportunité de pouvoir m’y replonger lorsqu’ils ont ressorti l’album, cela m’a permis de retrouver les membres du groupe.

J’ai pu réécouter tout ça, les versions originales, et faire un travail extrêmement précis.

J’ai fini par apprécier l’album d’une toute autre manière, c’est quelque chose que je n’aurais jamais pu vivre si j’y avais pensé pendant tout ce temps. J’ai l’impression que de ne pas avoir écouté l’album depuis 20 ans m’a permis de véritablement l’apprécier musicalement.

De tous les albums sur lesquels tu as travaillé, est-ce qu’il y en a un que tu aimes particulièrement ?

C’est une question qu’on me pose souvent. En fait, c’est bizarre mais je ne classe pas du tout les albums sur lesquels j’ai travaillé par ordre de préférence. J’en retiens plutôt l’expérience en elle-même.

J’ai aussi une relation très personnelle avec les gens qui participent à la production de l’album, ils deviennent beaucoup plus importants à mes yeux que le succès (ou non) de l’album.

Il y a des groupes avec qui j’ai travaillé plusieurs fois, on entretient une relation très forte, et finalement ce sont les disques pour lesquels j’ai le plus d’affection.

Tu as souvent évoqué l’influence des majors sur la musique. Est-ce qu’il y a de jeunes groupes que tu suis particulièrement ?

Dead Rider
Dead Rider, le groupe du moment pour Albini. (photo APTfestival.com)

Il y a un groupe de Chicago, même si c’est un peu étrange d’en parler comme d’un jeune groupe parce qu’ils existent déjà depuis 5 ou 6 ans et que les membres du groupe ont déjà joué dans d’autres groupes, c’est Dead Rider.

Chacun des membres du groupe a déjà fait partie d’autres groupes très connus sur Chicago.

Ils ont tous su se surpasser et leur son a vraiment quelque chose d’original, non seulement au niveau du style, mais aussi de leur personnalité. Je suis vraiment fan.

Tu joues au poker depuis longtemps, pourquoi privilégies-tu le Stud et le Mix ?

C’est le stud que je préfère, de très loin. Mais c’est bizarre. En fait, ce que je préfère c’est le No-Limit 2-7 single draw, mais là où je suis le meilleur, c’est le 7-Card Stud. Et des variantes auxquelles j’ai l’occasion de jouer, c’est en stud que je m’en sors le mieux : Razz, 8-or-better, Stud-Hi...

Mais si je sais jouer et qu’il y a un joueur faible à table, il faut que je le sache.

Tu t’es retrouvé à la même table qu'Allen Kessler lors du H.O.R.S.E. de ces WSOP. Comment gérer les bavardages incessants ?

Lui et un autre joueur faisait un commentaire intégral de la partie. Moi, je préfère rester en retrait.

Pour certains joueurs, ça fait partie de leur style de jeu, d’être toujours en train de parler. Je pense que d’y participer, c’est entrer dans leur jeu. Moi je préfère rester dans mon coin quand je joue.

 

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