Sylvain Loosli : « Aborder la table finale sans pression. »

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Premier finaliste français du Main Event des WSOP depuis Antoine Saout en 2009, Sylvain Loosli n'est plus qu'à deux mois de sa table finale des November 9. Le nouveau membre de la Team Winamax revient pour nous sur ce grand challenge.

 

Sylvain, on doit d'abord de te demander comment est-ce que tu vis cette célébrité naissante ?

Au début j'ai trouvé ça vraiment sympathique. Tous les messages d'encouragement, tous les soutiens, ça fait plaisir. Je trouve toujours ça sympathique, mais c'est vrai que ça met aussi un peu de pression une fois qu'on réalise vraiment.

Globalement, je suis quand même très content, ça fait plaisir d'être reconnu surtout quand, comme moi, on joue principalement online et qu'on est donc un peu dans l'ombre.

Tu as fait un peu le buzz du côté de Toulon ?

Un peu, oui. Il y a eu quelques articles dans les journaux locaux, j'ai reçu quelques messages d'inconnus sur Facebook. Ça fait vraiment plaisir.

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J'imagine que tu as déjà commencé à étudier tes futurs adversaires. Comment t'y prends-tu ?

Oui, tout à fait. J'ai surtout regardé les différents coverages du Main Event ou de tournois précédents auxquels ils ont participé. Et puis il y a quand même des mecs connus dans le lot, comme J.C. Tran, donc il y a de quoi travailler.

À ton avis, qui est ton adversaire le plus dangereux ?

Le niveau de la table est globalement très très relevé. Selon moi, il n'y a que des bons joueurs, donc il va vraiment falloir être à la hauteur.

Je dirais quand même que J.C. Tran semble être au-dessus, d'autant qu'il a le plus gros tapis. Lehavot est apparemment un joueur très solide qui ne fera pas de cadeaux. Et puis il y a le Canadien aussi, McLaughlin, avec qui j'ai joué et qui est assez bon.

Est-ce que tu as discuté un peu avec Antoine Saout, qui avait participé à la table finale en 2009 ?

Oui, on s'est vus juste après le Main Event quand on est allés boire un coup entre Français. On a pu discuter un peu et il m'a expliqué comment il avait abordé sa table finale. Il avait voulu l'aborder en étant très relâché, sans pression, et simplement jouer son jeu. C'est une bonne idée et ça a plutôt bien marché vu qu'il n'est vraiment pas passé loin de la victoire (il avait terminé 3ème NDLR, après avoir souffert de bad beat contre le futur vainqueur Joe Cada NDLR).

C'est très intéressant pour moi de pouvoir profiter de son expérience. Là, je vais profiter d'un peu de temps libre d'ici la table finale pour travailler mon jeu et surtout mes adversaires.

Pour ElkY c'est mon colocataire à Londres mais on ne se croise pas trop. Peut-être que je pourrai aussi échanger avec lui qui connaît bien certains joueurs de la table finale, je pense notamment à Tran.

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Avant les WSOP, tu avais notamment terminé 24ème à Deauville en 2011, mais tu n'as pas disputé tant de tournois que cela finalement ?

C'est vrai. J'ai participé à deux EPT au début de l'année, Deauville et Londres. J'ai pas très bien joué, j'étais pas dedans. Mais c'est vrai que je fais assez peu de tournois, je suis plutôt un joueur de cash games.

C'est quand même un format que j'apprécie, notamment le côté compétition. Et puis ça change.

Pourquoi as-tu choisi Winamax ? Tu avais déjà pu échanger avec des membres de la team ?

Oui, oui. Je connaissais déjà pas mal de joueurs de la team, certains sont même des amis. Et puis Guillaume de la Gorce est mon coloc', et c'est un ancien de chez Winamax. En fait je connais beaucoup de joueurs qui sont passés chez Winamax et je savais qu'il y avait une bonne ambiance.

En plus la team fait de très bons résultats ces deux ou trois dernières années, la structure est excellente, notamment grâce à Stéphane Matheu : il y a un coach sportif, un coach mental,... Bref, tout est fait pour tirer la team vers le haut.

Que va changer pour toi la somme que tu vas gagner, tant sur le plan matériel que sur le plan du poker ?

Ça risque effectivement de changer beaucoup de choses, même si pour l'instant je n'ai pas de projets particuliers. En fait j'essaye de ne pas encore trop y penser pour ne pas trop matérialiser tout ça et rester concentré sur le tournoi.

Je vais certainement investir une bonne partie de l'argent et peut-être m'acheter un appartement sur Londres.

Après, si je termine dans le top 3 ou que je gagne, je pense que j'essaierai d'aller jouer plus haut, de faire des high-rollers et de faire encore progresser mon jeu pour continuer à faire des bons résultats.

C'est aussi pour ça que j'ai signé chez Winamax : je veux continuer à jouer des tournois et à remporter des titres. C'est quand même super excitant.

Je jouerai aussi sûrement plus gros online. Bref, beaucoup de nouveaux challenges.

Peux-tu nous parler un peu de Sylvain Loosli quand il ne joue pas au poker ? Quels sont tes autres passions, tes passe-temps, etc. ?

Beaucoup de sport ! Je joue pas mal au tennis, je fais de la course à pied, de la natation, et je suis assez fan de sports de glisse comme le surf et le snowboard. Je m'y suis mis il y a quelques années, donc j'en fais à fond dès que j'ai l'occasion.

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En dehors de ça, je suis un mec plutôt posé. Je dirais que j'ai les pieds sur terre, notamment par rapport à d'autres joueurs du circuit qui ont peut-être une vie quotidienne un peu plus folle que moi. Je ne fais pas beaucoup la fête, je ne claque pas de sommes monstrueuses en soirée, même si ça peut m'arriver à l'occasion.

J'ai lu que tu avais passé une année Erasmus à Ljubjana et que c'était là-bas que tu avais potassé le poker...

En partie, oui.

Il n'y avait vraiment rien d'autre à faire là-bas ?

Ah, non, non ! C'est une ville plutôt sympa et très jolie. C'était dans le cadre d'une année Erasmus, donc on sortait beaucoup et on en a profité pour voyager pas mal en Europe de l'Est. J'avais pas vraiment le temps de m'ennuyer, même si mon emploi du temps à la fac était assez léger.

Mais c'est vrai que j'ai commencé à grinder un peu là-bas et puis j'ai joué de plus en plus jusqu'à la fin de mes études.

Tu es passé du poker online au live. Qu'est-ce qui est le plus difficile dans cette transition ?

Surtout le stress, la pression. Quand tu es à table avec de très bons joueurs, tu sais que la moindre petite erreur et le moindre indice physique seront repérés et exploités.

Pour moi c'est ça le plus gros défi : avoir confiance en son jeu et ne donner aucun indice. Se détacher du contexte et jouer à fond.

 

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