Vicky Coren : « J'aime jouer dans des bars un peu clandestins. »

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Vicky Coren-Mitchell est à ce jour la première (et la seule) à avoir remporté deux Main Events de l'EPT. Mais c'est loin d'être la seule des informations intéressantes la concernant.

Journaliste, écrivain, présentatrice télé, joueuse de poker, Vicky Coren-Mitchell est issue d'une famille « d'escrocs et de joueurs », comme elle le dit elle-même, dont elle ne fait que porter l'héritage.

De retour à la table de poker chez elle à Londres, là où a commencé son extraordinaire parcours sur l'EPT, Coren-Mitchell a répondu aux questions de PokerListings.


Après cet EPT San Remo, combien de fois as-tu dû raconter l'histoire de ton deuxième titre sur l'EPT ?

Pas tant que ça, en fait. Beaucoup de gens avaient suivi le tournoi. C'était le dimanche de Pâques et il pleuvait en Angleterre, personne n'avait rien d'autre à faire.

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Le poker à Londres a beaucoup changé depuis quelques années.

Tu as dû recevoir beaucoup de messages sur les réseaux sociaux.

Je n'utilise pas vraiment Facebook. La seule raison pour laquelle j'ai un compte, c'est pour éviter que les faux comptes ne prolifèrent.

Par contre j'utilise énormément Twitter. La plupart des gens ont appris ma victoire dans les médias ceci dit. J'ai même un ami qui m'a appelé alors qu'il était en vacances parce qu'il avait lu un article dans un journal maldivien.

Puisqu'on est ici, je voudrais que l'on parle un peu de Londres. En dehors des grands casinos, à quoi ressemble la scène poker ici ?

En fait, depuis que le poker sur Internet s'est énormément développé, ça a pratiquement disparu parce que finalement on n'en a plus besoin.

Avant, c'était très différent. Il fallait parfois aller dans un club juste pour pouvoir faire une partie. Certains groupes se retrouvaient en privé et allaient jusqu'à utiliser des mots de passe, mais c'est plutôt rare aujourd'hui.

Avant, il y avait un club appelé le Gut Shot Club. C'était génial pour jouer au poker et il y avait assez d'ambiance pour que ce soit aussi un endroit sympa où sortir. Le problème, c'est que personne n'était vraiment sûr que le club avait les bonnes licences pour faire tout ça, et finalement il a dû fermer ses portes suite à des problèmes avec la justice.

J'imagine qu'il doit y avoir d'autres clubs maintenant, mais je ne suis pas vraiment au courant parce que je me concentre plutôt sur les grands tournois.

Quand je suis à Londres, je retourne souvent dans mon casino habituel le Vic. J'adore l'idée d'aller dans des bars un peu clandestins pour jouer, ça a un côté mystérieux et assez romantique, mais ça fait des années que je n'ai pas fait ça.

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"J'aime jouer dans des lieux un peu clandestins. Ca a un petit côté romantique."

C'est un peu difficile d'imaginer une jeune fille de bonne famille bien élevée se rendre dans ce genre d'endroit pour jouer avec des "mauvais garçons".

Ça, c'est parce que tu ne connais que la dernière génération de ma famille. Mes parents ont grimpé l'échelle sociale, mais mes grands-parents étaient tous des escrocs et des joueurs.

Finalement je ne fais que porter l'héritage familial.

Tu as souvent dit que tu ne savais pas si tu étais une journaliste qui joue au poker ou une joueuse de poker qui écrit. C'est toujours le cas ?

Je ne suis presque plus journaliste aujourd'hui. J'ai une chronique hebdomadaire que je ne fais même pas vraiment toutes les semaines.

Par contre, je fais beaucoup de télé, ça c'est nouveau. Disons que je n'ai jamais vraiment eu une véritable profession mais que j'ai eu la chance de trouver plusieurs emplois et d'en vivre.

En tant que journaliste attentive à la politique, qu'as-tu pensé du référendum écossais ?

Honnêtement, j'étais plutôt heureuse de ne pas avoir à voter, parce que je ne me sens pas vraiment britannique.

Je suis une véritable londonienne, et Londres est un melting-pot extraordinaire dans lequel se retrouvent toutes les cultures du monde. Je me sens beaucoup plus londonienne que britannique.

Pour moi, l'Écosse est un pays étranger comme un autre et je pense que c'est à eux de décider s'ils veulent quitter le Royaume-Uni ou pas.

Cependant, les parents de mon mari sont gallois et écossais, sa famille est beaucoup plus attachée au Royaume-Uni et ils auraient été vraiment très tristes que l'Écosse devienne indépendante.

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Katja Thater était une Vanessa Selbst en son temps.

Mon mari n'a pas pu voter car il ne réside pas en Écosse. Seuls les gens vivant en Écosse ont pu voter, pas les Écossais vivant à l'étranger. Je pense que c'était une grosse erreur tactique.

Tu étais l'une des premières joueuses de poker à débarquer sur le circuit. Est-ce que tu as regardé avec attention celles qui ont suivi ton exemple ?

Je me rappelle avoir été très impressionnée par Katja Thater à l'époque. Je commentais la Poker Nations Cup à Cardiff et il y avait cette fille dont je n'avais jamais entendu parler dans l'équipe allemande.

On aurait dit Vanessa Selbst. Elle a retourné contre eux tous les clichés que les gens avaient sur les joueuses de poker.

Et puis il y a Liv Boeree, qui a l'air très innocente à table mais qui a un côté très masculin. C'est vrai, elle aime les sciences, le heavy metal et les motos. Du coup, elle joue à la fois comme un homme et comme une femme.

Je suis quand même assez triste qu'il y ait toujours aussi peu de femmes dans le poker. Je pensais que les choses avanceraient plus vite.

Au final, les femmes ont un succès assez disproportionné. Nous sommes tellement peu nombreuses qu'on ne devrait presque rien gagner, mais c'est loin d'être le cas.

Je pense que la raison principale pour laquelle il y a tellement plus d'hommes dans le poker, c'est que les hommes sont plus « geeks » que les femmes.

On essaye de présenter le poker comme un truc cool en parlant des Ferrari et des jolies hôtesses, mais la vérité c'est que c'est surtout des mathématiques et des calculs de probabilités.

J'ai l'impression que les filles se lassent plus rapidement, alors que les mecs peuvent se concentrer sur quelque chose en particulier pendant très longtemps. C'est aussi pour ça qu'il y a plus d'hommes passionnés de trains.

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Le poker, un jeu geek.

Tu as évoqué tout à l'heure ton travail de présentatrice, tu animes en effet un jeu télé extrêmement difficile.

Oui, et je dois avouer que j'adore ça. Beaucoup d'émissions prennent les gens pour des idiots, il y a des publicités toutes les cinq minutes et on passe le reste du temps à rappeler ce qui vient de se passer et ce qui va se passer.

Heureusement, il reste des gens qui en ont marre de cela et qui sont contents de trouver un programme différent de tout ça.

Tu as d'autres projets à la télé ?

Oui, notamment un documentaire en trois partie sur la vie « bohême », depuis les origines du mouvement à Paris au 19è siècle jusqu'à aujourd'hui. Nous sommes tous un peu des bohémiens, tellement ouverts qu'on ne peut même plus se rebeller.


D. O. (avec C. H.)

 

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