Poker en Asie Centrale : « De l’argent facile pour tous les joueurs occidentaux. »

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Cap à l'Est ?

L'avenir du poker se situe t-il à l'Est, et notamment en Asie centrale ? Eléments de réponse avec deux hommes derrière le tout premier WPT du Kazakhstan organisé récemment.

A 36 ans, Artur Voskanyan s’est investi dans le poker dès ses débuts en Russie, à la fin des années 90. Aujourd’hui il est à la tête de Poker Club Management, société qu’il a fondée et qui gère l’EAPT (EurAsian Poker Tour), dont il est lui-même le directeur du tournoi.

Nous l’avons rencontré, avec Evgeny Pavlov, 33 ans, représentant de Party Poker à l’occasion du WPT National Kazakhstan organisé par Party Poker il y a quelques mois. Nous avons évoqué avec eux ce nouveau marché, les opportunités en Asie Centrale pour les joueurs occidentaux et la possibilité d’une nouvelle étape du WPT à Goa.


Artur, l’EAPT est un nouveau venu sur le marché du poker live. Peux-tu nous expliquer comment fonctionne le circuit ?

A : Le circuit a été développé par Poker Club Management, mon entreprise. Nous sommes depuis longtemps leaders sur le marché russe. L’EAPT fait désormais partie du World Poker Tour, et Party Poker est partenaire online du WPT.

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Artur Voskanyan et Evgeny Pavlov.

Le Poker Club Management est né du Russian Poker Tour ?

A : Non, je travaillais avec les Russian Poker Series de PokerStars mais ce circuit est en suspens. Notre entreprise travaille aujourd’hui avec Party Poker et le WPT.

L’Eurasie est une région à cheval entre l’Europe et l’Asie. L’EPT est-il un concurrent ou un modèle pour vous ?

A : L’EPT et le WPT font partie des meilleurs circuits d’Europe. C’est un fait. Mais ils n’ont jamais vraiment essayé de s’aventurer dans l’ex-Union Soviétique. J’imagine qu’ils n’ont pas prévu d’organiser de tournois au Bélarus, en Géorgie ou même au Monténégro. Il y a des problèmes de visa et avec certaines contraintes locales. Moi, je connais très bien ce marché. Je ne vois pas l’EPT comme un concurrent dans les conditions actuelles.

L’EPT fait tout pour attirer les joueurs russes et européens. Essayez-vous d’attirer les joueurs européens et américains sur l’EAPT ?

A : Pour être honnête, il y a autant d’habitants en ex-Union Soviétique qu’en Europe ou aux Etats-Unis, donc je préfère voir ça comme un marché à part. Je serais très heureux de voir des joueurs européens et américains sur nos tournois, mais nous n’avons pas besoin d’eux pour survivre.

Cependant, participer à ces tournois pourrait s’avérer être une excellente opportunité pour eux. La plupart des joueurs d’Asie centrale n’ont pas l’habitude des grands tournois : au Kazakhstan par exemple, les joueurs ne jouaient qu’en cash games jusqu’à très récemment. C’est de l’argent facile pour les joueurs occidentaux.

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Les tournois au Kazakhstan : de l'argent facile pour les pros occidentaux.

Malheureusement, ça reste compliqué : visas, trajet,... De plus, peu de gens parlent anglais ici.

A : D’abord, si vous organisez votre voyage en avance, c’est facile d’obtenir un visa pour le Kazakhstan ou d’autres pays de l’ex-Union Soviétique. Ensuite, les casinos et les hôtels sont de très haute qualité. De plus, vous trouverez toujours sur place des gens comme moi qui peuvent vous aider à bien organiser votre séjour. Quant à la barrière de la langue, nous organisons aussi des tournois à Chypre, où viennent jouer des Libanais, des Israëliens, des Turcs et même des joueurs asiatiques. Dès qu’un étranger est à table, tout le monde se met à parler anglais.

Mais vous ciblez plutôt les joueurs locaux ?

A : Ce qui nous intéresse, ce sont tous les pays où les joueurs russes et ukrainiens peuvent se rendre sans visa. Comme je le disais, l’ex-Union Soviétique est notre priorité n°1. Tout le monde parle russe et la mentalité est la même.

Quid de la Chine ? Le Kazakhstan a des liens très fort avec la Chine aussi.

A : Oui, c’est un marché qui m’intéresse aussi. Le Kazakhstan est idéal, car les habitants du pays ont traditionnellement beaucoup de liens avec le nord de la Chine. Et Macao est très loin du nord de la Chine, six ou sept heures de vol, alors que le casino Kapchagay d’Alma-Ata n’est qu’à quelques centaines de kilomètres d’Urumqi, une ville de deux millions d’habitants qui compte beaucoup de joueurs.

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Goa : une autre grosse destination potentielle.

Evgeny, le WPT et Party Poker sont présents dans le monde entier. Que pouvez-vous apporter aux joueurs qui participent à ces tournois ?

E : Nous voulons faire le lien entre le circuit live et le poker en ligne. Le WPT est une marque très forte et Poker Club Management a prouvé qu’il pouvait organiser des tournois de très grande qualité. Nous, nous pouvons faire venir des joueurs du monde entier dans ces endroits encore inconnus, des marchés encore inexploités. Comme ici, au Kazakhstan.

A votre avis à tous les deux, le poker va-t-il continuer à s’exporter vers l’est ? En Inde par exemple, un marché potentiellement énorme mais avec un gros déficit d’infrastructures, ou au Japon, où beaucoup veulent jouer mais où tout est illégal ?

A : Je pense que l’Inde est une destination intéressante, parce que les Russes peuvent s’y rendre sans visa. (rires)

Goa est par exemple très prisée des Russes. J’espère qu’il y aura un grand tournoi là-bas, d’ici quelques années. En 2009, nous avons organisé le premier grand tournoi pour joueurs russes et italiens en dehors de la Russie en Egypte, la Red Sea Cup. Le tournoi a très bien marché, tout le monde s’est amusé. Mais l’instabilité politique en Egypte a fait que nous n’avons pu renouveler l’expérience.

A l’image de ce qui se passe actuellement en Ukraine. Comment gérez-vous ces risques ?

E : Nous ne mettons jamais les joueurs en danger. Il est hors de question que les organisateurs et les joueurs prennent des risques dans un contexte d’insécurité. La sécurité est notre priorité n°1.

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Le club de poker Khreschatyk à Kiev : parfait pour une semaine EAPT-WPT.

A : Kiev est l’endroit parfait pour un grand tournoi EAPT-WPT. C’est une très belle ville où il y a de grands clubs de poker. On a beaucoup de demandes qui vont dans ce sens-là. La situation peut revenir au calme à Kiev, mais nous voulons en être sûrs avant d’organiser quoi que ce soit. Nous allons encore attendre un peu.

Que pensez-vous de Minsk, capitale du Bélarus ? 2 millions d’habitants, sécure, beaucoup de casinos, et pas loin de l’Europe.

A : J’ai parlé à certains patrons de casinos qui connaissent bien les grands politiciens. Ils sont intéressés, mais nous voulons d’abord voir comment gérer le problème des visas, la loi est très stricte là-bas, et savoir si les autorités sont dignes de confiance.

Cette première édition du WPT Kazakhstan a t-elle été un succès ?

E : Il n’y a jamais eu de tournoi de cette envergure danc cette région, donc c’était un pari risqué. Mais nous avons atteint la barre des 150 joueurs pour le WPT Event à 1 500$, ce qui était notre objectif. Par ailleurs, je pense que tout le monde a vu que tout était de très grande qualité, de l’organisation à la sécurité des joueurs, en passant par l’emplacement géographique et les tournois eux-mêmes. Il me semble que nous avons tout fait pour promouvoir le poker de haut niveau au Cashville-Casino et au Kazakhstan en général.

 

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