Bio joueur : John Juanda

John Juanda

John Juanda est titulaire d'un MBA (Master of Business Administration) à l'Université de Seattle, mais son apprentissage le plus utile a plutôt eu lieu durant les week-end, lorsqu'il apprenait le poker dans les casinos les plus proches.

« S'il y a une star du poker souvent oubliée et sous-estimée aujourd'hui, c'est assurément John Juanda » a pu dire Daniel Negreanu sur Internet. « John a pourtant sans doute été le joueur de tournoi le plus prolifique au monde sur ces cinq dernières années. »

« Sa régularité est sans égal. Si vous deviez choisir un gars qui fera la table finale d'un tournoi, votre meilleur pari serait John Juanda, haut la main. Je lis souvent les forums sur Internet et je remarque pourtant que le nom de John est rarement mentionné parmi la liste des plus grands. »

Les résultats de Juanda parlent pourtant pour lui et prouvent qu'il a sa place parmi ceux-ci. Il a déjà amassé plus de 11 millions de $ en gains de tournois de poker depuis son entrée sur le circuit professionnel à la fin des années 90, faisant de lui l'un des plus jeunes, et l'un des plus gros gagnants sur le circuit poker.
Il se classe fin 2010 au 5ème rang sur la liste des joueurs les plus prolifiques de l'histoire, derrière Ivey, Negreanu, le "one-timer" Jamie Gold, et Hellmuth.

Bien que Juanda n'aura pas appris le poker avant ses années d'université, ses premiers contacts avec le jeu remontent à plus loin, à son enfance en Indonésie.

Juanda est né le 8 juillet 1971, à Medan, Sumatra du Nord, et est l'aîné de quatre enfants. Il passe une bonne partie de son enfance à vivre avec ses grands-parents pendant que ses parents travaillaient à lancer une affaire dans une autre ville.

Etre éloigné de ses parents ne l'empêche pourtant pas d'être exposé aux vices de son père. Ce dernier aimait en effet boire et jouer, ce qui n'a jamais été un bon mélange. Et en guise du traditionnel « fais ce que je dis, pas ce que je fais », il ne cessait de dire à John de ne pas jouer.

John ne tint apparemment pas compte de ce conseil, puisqu'il commence à jouer aux billes pour de l'argent à l'école primaire. Le jeu n'occupait cependant pas une grande place dans sa vie en grandissant. John était au contraire un enfant droit, bien élevé et apprécié, parti sur les bases d'une scolarité prometteuse.

En tant qu'aîné, John était chouchouté. Il n'en pris pas la grosse tête pour autant, de par son éducation reçue et ses responsabilités envers la famille en tant que tel. Ce qui le conduisit aux Etats-Unis pour son cursus universitaire.

C'est sur un vol vers les USA pour y commencer ces études en Oklahoma en 1990, qu'il goûta au poker pour la première fois, grâce à un ami qui lui apprit à jouer. Bien que parlant très peu anglais, au moment de poser le pied sur le sol américain, John connaissait déjà ce jeu des plus chevillé avec l'histoire du pays.

Ce n'est qu'après avoir bouclé son diplôme de premier cycle en marketing et management dans l'état de l'Oklahoma et être parti à Seattle pour travailler sur son MBA, que John s'impliqua plus dans le poker.

John occupe divers jobs pour payer ses études. Il travailla notamment pour une société de bourse et dans la vente... de Bibles. Bien qu'auto proclamé bouddhiste de toujours, Juanda aura même été récompensé pour ses ventes de Bibles !

Au cours de ses week-ends à Seattle, John se rend dans les casinos locaux pour jouer au poker. Il y aiguise son jeu et remarque vite qu'il pouvait faire de l'argent en jouant.
« Je passais 12 heures à jouer au poker, puis je rentrais à la maison dormir, et j'étais déjà impatient de me lever pour jouer à nouveau le lendemain. »

Après qu'il eut réussi son MBA en 1996, il était devenu clair pour John que le poker allait être son prochain plan de carrière. Et avec l'argent glané en jouant les week-end, sa vie de joueur professionnel à plein temps pouvait être lancée.

John continue alors à travailler son jeu dans les casinos et salles de cartes de la côte ouest, s'installant finalement près de Los Angeles en Californie pour trouver les parties aux plus hauts enjeux.

Juanda ne trouve le courage d'entrer dans son premier tournoi majeur qu'en 1999. S'il rentrait régulièrement dans l'argent des tournois à faibles buy-in, cette fois il s'agissait d'une épreuve des World Series of Poker, le Limit Hold'em à 1 500 $.

Il s'y classe 9ème sur 609 joueurs, et enchaîne avec une 7ème place dans l'épreuve de Limit Hold'em à 3 000 $ la semaine suivante. Avec une table finale composée de Josh Arieh, Humberto Brenes, Howard Lederer et "Captain" Tom Franklin, cette épreuve à 3 000 $ afficha au grand jour que Juanda était destiné à l'excellence.

Si ce n'était pas encore suffisant, les quelques années suivantes rendirent l'affaire claire comme de l'eau de roche. En 2000 il revient aux WSOP et prend la 10ème place dans l'épreuve de Limit Hold'em à 3 000 $. En 2001 il revient encore pour finir 3ème dans le Seven-Card Stud Hi-Lo Split Eight-or-Better et 7ème à nouveau dans le Limit Hold'em à 3 000 $.

Entre temps Juanda continue de disputer certaines épreuves à plus faibles buy-in, sautant sur l'occasion de quelques tournois à 1 000 $ ici ou là. Puis en 2002 il frappe un grand coup, en rentrant dans l'argent de cinq tournois des WSOP, dans cinq variantes différentes, dont trois furent des tables finales et le dernier son premier gain d'un bracelet.

Moins de deux semaines plus tard, il enchaîne par une deuxième place au World Poker Tour Five Diamond World Poker Classic du 31 mai., avec 278 240 $, son plus gros gain à l'époque. Et ce n'était même que le début d'une série de tables finales qui allait durer jusqu'à la fin de l'année.

Deux bracelets de plus vinrent s'ajouter en 2003 parmi ses six places payées dans ces Series. Et la liste s'allongea encore et encore après cela, avec place payée sur place payée réussies dans tournoi sur tournoi. Parmi les faits d'arme de John on retrouve une victoire dans le Professional Poker Tour en 2004, et une autre dans le Crown Australian Poker Championships Speed Poker Million Dollar Challenge à 100 000 $ en 2006.

L'une des rares lignes à manquer à son palmarès est une victoire dans le World Poker Tour. Il s'en approche de près deux fois en 2006, atteignant la table finale du WPT Championship ainsi que celle des North American Poker Championships.

Aussi longtemps que sa carrière se poursuit, l'argent continue d'affluer pour Juanda. L'année 2008 aura pour peuve encore une fois été faste pour lui, avec une victoire des plus notables et un bracelet dans le Main Event à 10 000 £ des WSOP Europe (pour son plus gros gain à ce jour, plus d'1,5 million de $), et une seconde place dans le High-Roller Event à 20 000 £ de ces mêmes Series.

2009 demanderez-vous ? 5 nouvelles places payées, que des tables finale ! (ou presque, si l'on écarte celle acquise dans les WSOPE).
2010 ? John remet le couvert et enregistre 5 nouvelles places payées (décidément), dont à nouveau 4 tables finales. La performance est d'autant plus remarquable que celles-ci ne sont autres que celles du Players' Championship à 50 000 $ (4ème pour 436 865 $), et des Championnats du Monde à 10 000 $ de 7-Stud Hi-Lo et de No-Limit 2-7 draw Lowball.
Et comme si cela ne suffisait pas, John a refait un come-back fracassant dans la capitale anglaise, en étant à deux doigts de remporter l'EPT de Londres. Il ne s'y incline qu'en heads-up face à l'écossais David Vamplew, pour un gain de 545 000 £, soit quelques 852 868 $.

Un incroyable habitué des tables finales

A ce jour, prendre le pari sur le fait que Juanda fera la table finale dans un tournoi, est définitivement une bonne idée. Mais alors quel est le secret de son succès ?

Plusieurs facteurs ont gardé sur la route du succès ce gentleman considéré comme l'un des joueurs les plus sympathiques du circuit.
Son comportement amical et posé à la table de poker peut d'ailleurs faire croire aux gens qu'il est là comme un enfant en plein rêve. Il s'agit pourtant juste d'une façon de conserver son self-control,  développée à travers le bouddhisme.

« Je fais de mon mieux pour gagner, mais je respecte tous mes adversaires, et lorsque je perds je ne m'énerve pas. » dit-il dans un article de l'Université de Seattle. « L'un des enseignements du bouddhisme est d'avoir le sens de l'équilibre. J'éprouve de la satisfaction à donner de mon mieux, sans avoir de trop hautes attentes. »

Cette philosophie aide définitivement Juanda à garder la tête froide par rapport à l'argent, surtout en traitant le poker professionnel comme un business. Et en ayant toujours gardé un œil attentif sur son argent, John a toujours été un joueur gagnant depuis ses débuts.

Raisonnable jusqu'au bout des ongles, l'homme est également suffisamment responsable pour investir quelque argent de ses gains et en mettre de côté pour le futur.

Une autre clé de son succès peut paraître bizarre : le fait que John parlait très peu anglais lorsqu'il arriva pour la première fois aux Etats-Unis. Lorsque quelqu'un lui parlait et qu'il ne pouvait donc comprendre ce que cette personne lui disait, John se cantonnait à regarder son langage corporel et ses expressions faciales, pour en déduire ensuite ce qu'il devait.

En dépits de ses capacités, ce n'est pas son propre intérêt pour le jeu qui a poussé Juanda à continuer dans la voie du poker ; c'est son succès qui l'a gardé intéressé.

A un moment Juanda pensait même quitter cet univers pour retourner à l'école et devenir docteur, et ainsi prendre soin des enfants des pays du Tiers-monde. Mais le boom du poker a rendu le jeu trop lucratif pour qu'il le quitte maintenant.

Tandis qu'il continue à engranger l'argent, en en mettant de côté pour l'école de médecine et en en investissant d'autre, John a déjà prouvé son altruisme en d'autres occasions, comme lorsqu'il a pris sa jeune sœur sous son aile pour l'aider à entrer l'Université aux Etats-Unis.

Divers et anecdotes

* Quatre fois vainqueur de bracelet WSOP (dont un WSOPE).
* Détenteur d'un MBA de l'Université de Seattle.
* Ancien vendeur de Bibles récompensé pour ses résultats.

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