Sam Trickett, un joueur à suivre

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Connaissez-vous bien Sam Trickett ?

À tout juste 27 ans, Sam Trickett a une vie de rêve : il est beau, sa fiancée est magnifique, son compte en banque est bien rempli et il possède un talent au niveau des meilleurs joueurs de poker du monde.

Et pourtant il vit toujours à Retford.


par Lee Davy


« J'ai besoin d'être entouré »

Non pas que Retford soit pire qu'ailleurs, surtout que je suis moi-même originaire de l'Ogmore Valley.

Mais quand quelqu'un qui pourrait vivre n'importe où ailleurs dans le monde choisit de vivre à 10km de la maison où il a passé son enfance, pas besoin d'avoir fait Polytechnique pour comprendre.

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"Je me sens plus en vie quand je suis entouré de ma famille et de mes amis."
 

Trickett est très attaché à sa famille, c'est aussi simple que ça.

« J'ai habité à Londres pendant un an, quand j'avais 24 ans » explique Trickett

« Je ne suis pas du genre à rester enfermé chez moi et je crois qu'en un an passé là-bas je n'ai pas passé une seule soirée à regarder la télé dans mon appartement. J'ai besoin d'être entouré, j'ai besoin de cette énergie. C'est ce qui me pousse. Je me sens plus vivant quand je suis entouré de ma famille et de mes amis. Pour moi, c'est le plus important. »

« On s'est embrassé pour la première fois à une soirée de l'école quand on avait 15 ans »

Ce déménagement à Londres a marqué un véritable tournant dans la vie de Trickett.

À 24 ans, cet ancien joueur de football qui avait travaillé dans les échafaudages, dans un magasin de sport et dans les installations de gaz, avait enfin trouvé quelque chose qui lui plaisait et pour lequel il était doué. Il avait le monde à portée de main. Et pourtant il l'a laissé échapper.

« La principale raison pour laquelle je suis rentré à Retford, c'est pour me remettre avec Natasha.

On s'est embrassé pour la première fois à une soirée de l'école quand on avait 15 ans et on sort ensemble depuis qu'on a 19 ans. Quand je me suis retrouvé sur la paille, j'ai dû partir au Cap pour devenir coach de poker. J'avais entre 30 et 40 000 $ de dettes et je voulais les effacer au plus vite.

Natasha et moi nous sommes séparés à ce moment-là, mais quand je suis rentré au Royaume-Uni les choses ont commencé à rentrer dans l'ordre. Elle ne voulait pas habiter à Londres, et moi je voulais surtout qu'on se remette ensemble, donc pour moi c'était normal de revenir à la maison.

Depuis, j'habite à nouveau ici. J'adore ça. J'ai tout pour être heureux ici. »

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"J'ai tout ce dont j'ai besoin dans la vie."
 

Nouveau contrat, nouvelle énergie

Tout perdre est peut-être la meilleure chose qui soit arrivée à Sam Trickett. C'est ce qui lui a permis de devenir un homme.

Il a appris les responsabilités. Il a appris l'amour. Il a appris l'humilité et le travail acharné.

Et maintenant, regardez-le. Il est l'un des meilleurs joueurs du monde, et il vient tout juste de signer un nouveau contrat avec Everest Poker, ce qui lui donne une motivation à toute épreuve.

Trickett a envie d'en découdre, et ses adversaires peuvent trembler.

« Je suis passé par une phase un peu étrange il y a six mois. Je ne sais pas ce qu'il se passait, mais je n'arrivais à rien. Ma motivation s'était envolée.

Ca arrive parfois quand on a beaucoup d'argent. En gagner plus n'a plus autant d'impact sur ta vie. Il fallait que je change quelque chose. »

Le vrai mystère, c'est qu'aucun des grands sites de poker n'ait contacté Sam Trickett avant cela, quand on voit les autres professionnels du milieu.

Il participe aux plus grands tournois du monde, il gagne, et à part la fois où il s'est fait tomber dessus à la sortie des WSOP 2012, il ne fait pas de vagues.

Quoi qu'il en soit, tant mieux pour Everest Poker. C'était le déclic dont Trickett avait besoin.

« Le poker, c'est toute ma vie »

« J'ai l'impression d'avoir à nouveau un métier, c'est très important pour moi.

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Trickett est de retour, et son jeu est meilleur que jamais.
 

J'ai retrouvé de la motivation car je veux faire honneur à mon employeur et aux joueurs d'Everest qui me sponsorisent pour les World Series. Je veux faire de mon mieux. »

Et on peut dire que ce contrat a démarré en fanfare puisque Trickett est passé tout près de la victoire lors du WPT de Venise. À quelques cartes près, Trickett aurait pu remporter son premier titre du « Big Three ». Il est de retour, et il est au sommet de son art.

« Le poker, c'est toute ma vie. Je ne suis pas du genre à rester assis à me poser des questions.

J'ai des priorités : rendre heureux ma famille et mes amis et prendre la meilleure décision possible à chaque fois que j'ai des cartes entre les mains.

Je me souviens quand j'ai vu jouer Noah Boeken aux Masters Classics à Amsterdam. À cette époque, je croyais tout savoir du poker, alors que je ne savais rien du tout. J'ai demandé à un ami pourquoi il gagnait tout le temps. Il m'a répondu que c'était parce qu'il prenait toujours les bonnes décisions. Depuis, c'est ce que j'essaye de faire. »

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Sam Trickett : « Je retournerai peut-être bientôt à Macao »

(02/04/14 - par Christian Henkel)

Sam Trickett

Quand on parle de poker en Angleterre, difficile de faire plus gros poisson que Sam Trickett aujourd'hui.

Tout frais nouveau joueur sous bannière Everest Poker, et récemment inscrit au prochain Big One for One Drop des WSOP à 1 million de dollars (celui-là même qui l'avait fait devenir le plus gros gagnant européen de tous les temps), Trickett est clairement sous le feu des projecteurs.

Bien qu'il ait réussi quelques résultats en tournois récemment (2ème du WPT Venise et payé à l'EPT de Vienne), Trickett reste un joueur orienté high rollers, et encore plus particulièrement en cash games. Des cash games d'élite.

Nous l'avons rencontré à Vienne, où l'une de ces parties a d'ailleurs fait couler un peu d'encre.


Des rumeurs ont couru à l'EPT Vienne. On dit par exemple que Jan-Peter Jachtman, champion du monde de Pot-Limit Omaha, organisait chaque soir des cash games de PLO high-stakes dans le luxueux penthouse de l'Hôtel Sanssouci. Il paraît que tu y as participé. Est-ce possible de se concentrer en même temps sur un tournoi à 5000€ en parallèle ?

Je peux me concentrer sur les deux. Avant, je jouais toujours comme ça : des gros tournois et des cash games en même temps.

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Perdant d'un nombre à 5 chiffres en Pot-Limit Omaha.
 

Mais une nuit on a joué très tard. J'ai réussi à dormir six heures, ce qui est quand même suffisant pour ne pas affecter mes décisions dans le Main Event.

Le problème, c'est que j'ai beaucoup perdu la nuit d'avant et ça m'a flingué pour le Main Event. J'étais tellement bien la veille que je me demande s'il n'avait pas une poupée vaudou cachée dans le penthouse... (rires)

As-tu joué toute la semaine ?

Oui, d'autant plus une fois que j'étais sorti du Main Event. J'avais besoin de m'occuper, donc autant en profiter pour gagner de l'argent.

Comment ça s'est passé ?

Pas terrible les premiers jours. J'ai eu quelques très mauvaises sessions. On a joué au PLO et je crois que j'ai passé quatre heures entières à perdre quasiment chaque main. J'ai dû aller au tapis une bonne soixantaine de fois...

En euros, ça donne quoi ?

Une somme à plus de 5 chiffres. Je ne veux rien dire de plus, mais mes adversaires étaient plutôt heureux.

Qui d'autre jouait ?

Surtout des joueurs allemands et autrichiens. Il y avait aussi Ronny Kaiser, Florian Langmann et Noah Boeken.

Comment t'es-tu retrouvé dans ces parties ?

Je connais quelques-uns des joueurs de mes précédents séjours à Vienne, j'y ai passé pas mal de temps. Je connais par exemple Gregor Reichardt qui travaillait dans le lounge high-roller du Montesino.

J'ai toujours apporté de l'animation à leurs parties, donc maintenant ils espèrent que je renfloue leurs bankrolls. (rires)

Tu connais donc assez bien les joueurs allemands, eux qui ont dominé les high-rollers en 2012 et en 2013. Toi qui es toujours l'un des rares joueurs européens à leur tenir tête, que penses-tu de ces effrayants teutons ?

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Gruissem "voit les tournois de poker d'une manière complètement différente."
 

Leurs performances ne m'ont pas surpris. Ils sont très très bons en tournois. Ils s'entraînent presque tous les jours en se lançant des défis. Et puis ils sont sympa.

Qui est le meilleur joueur d'entre eux ?

Mauvaise question. Quoss, Gruissem, Reinkemeier et Kurganov : quatre joueurs, quatre styles différents.

Quel est le style de jeu de Gruissem ?

Je ne peux pas tout vous dire, mais disons qu'il envisage les tournois de poker d'une manière totalement différente des autres joueurs.

Son jeu post-flop est extrêmement créatif et il arrive à bluffer à des moments que d'autres joueurs n'envisageraient jamais. La plupart des autres joueurs de tournois préfèrent contrôler le pot.

Lui, on dirait qu'il n'en a rien à faire. Ca peut faire la différence dans un tournoi à gros buy-in.

Et de Tobias Reinkemeier ?

Il est moins agressif que Gruissem. Tobias ne fait aucune faute, il joue de manière très directe et ne commet aucune erreur. Il punit ses adversaires dès qu'ils montrent la moindre faiblesse.

Ils vivent tous en Angleterre. Tu les connais personnellement ?

Non, je n'habite pas à Londres. Je participais à quelques parties privées, mais je ne les y ai jamais croisés.

J'habite à Lincoln, dans le nord-est de l'Angleterre, près de Nottingham et Sheffield.

Par contre, je les croise souvent en tournois, j'ai même échangé avec eux dans des tournois high-rollers et super high-rollers. Il n'y a qu'avec eux que je fais ça.

Revenons-en à ces cash games à hauts enjeux. Tu passais beaucoup de temps à Macao, mais il paraît qu'ils ne te laissent plus jouer là-bas. C'est parce que tu es trop bon ? Trop dangereux ?

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"Les gens ont confiance en moi et les sponsors m'ont toujours bien soutenu."
 

J'ai participé aux parties les plus chères là-bas. Je crois que Tom Dwan et moi étions les deux seuls pros à être autorisés à jouer. Mais ensuite les parties se sont un peu raréfiées.

Et quand elles ont repris, les VIP ont décidé de ne plus laisser participer les pros. J'étais à Macao et j'attendais chaque jour une invitation.

Les seules parties auxquelles j'étais invité étaient pleines de joueurs pros occidentaux, rien de très excitant.

Du coup j'ai décidé de rentrer en Europe, mais récemment Tom m'a dit qu'il était de nouveau invité aux parties avec les locaux. J'y retournerai peut-être bientôt.

Qu'est-ce qui fait de toi un joueur aussi extraordinaire, toi qui es aujourd'hui le meilleur joueur européen de l'histoire ?

Pour être honnête, je pense que je suis un bon joueur, assez bon pour avoir un très grand instinct de survie face aux pires requins.

Mais je sais que j'ai eu beaucoup de chance, dans les high-rollers et surtout dans les super high-rollers.

Et puis je m'entends bien avec les autres joueurs, je ne me suis jamais embrouillé avec d'autres joueurs. Du coup, les gens me font confiance et me sponsorisent facilement.

En retour, je joue le jeu des interviews, même quand je ne suis absolument pas d'humeur, comme maintenant ! (rires)

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Sam Trickett remporte le Partouche Poker Tour

(14/11/11 - par Fred Guillemot)

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Sam Trickett (au centre).

L'Anglais Sam Trickett ajoute 1 million d'euros de plus à sa belle année 2011, en ayant remporté ce dimanche le Partouche Poker Tour. Ilan Boujenah et Roger Hairabedian terminent respectivement 4ème et 5ème.

A l'image du Main Event des World Series of Poker, le Partouche Poker Tour a lui aussi décidé de différer le déroulement de sa table finale, de deux mois.

Nous en étions donc restés en septembre sur la prise de commandes de Sam Trickett, devant le Français Alexandre Coussy, puis Roger Hairabedian, et Ilan Boujenah un peu plus loin.

D'une table finale à 9 donc, démarrée samedi, ils n'étaient plus que 4 dimanche, après l'élimination d'Hairabedian, contraint à la passivité tout du long faute de cartes, et avec Trickett ayant perdu le chip lead d'un rien au profit de l'Américain Salman Behbehani.

Ilan Boujenah, fort d'un gros soutien, aura réussi une belle partie. Mais le franco-israélien explosait face à Trickett dans un coup controversé. Après un duel de relances, Boujenah effectuait un énorme call avec AK dépareillés, pour tomber contre un os : les as de son adversaire.
Laissé mourrant, Boujenah était quelques minutes plus tard achevé par un Kovalchuk particulièrement chanceux dans cette partie.

La belle année de Trickett

Une fois l'ukrainien sorti, Trickett arrivait avec un déficit de 2 contre 1 en jetons au moment du heads-up, face à Behbehani.

Mais l'Anglais trouvait les ressources de recoller, prendre un léger ascendant, avant que tout l'argent ne finisse par partir au milieu sur un festival de relances (initié par Trickett).
Paire de 10 pour Trickett, as-valet dépareillés pour Behbehani. Rien n'allait changer au flop, et l'Anglais devenait le nouveau champion du Partouche Poker Tour.

Il succède à Alain Roy, Jean-Paul Pasqualini et Vanessa Selbst. Après deux vainqueurs français, le titre s'envole donc pour la deuxième année consécutive hors de l'hexagone.

Trickett étoffe un matelas de gains qui s'établissait déjà à plus de 4,5 millions de dollars avant ce tournoi, dont près de 3 décrochés en janvier grâce à deux grosses performances consécutives aux Aussie Millions : vainqueur du High Roller à 100.000 A$ (1,5 million de dollars US de gains), et 2ème du Super High Roller à 250.000 A$ (pour quelques 1,4 million de dollars US).

Vainqueur d'un bracelet aux WSOP cet até, l'Ukrainien Oleksil Kovalchuk termine 3ème. Le franco-israélien Ilan Boujenah termine 4ème, et Roger Hairabedian donc 5ème.

Classement des 9 finalistes de ce PPT 2011 :

1- Sam Trickett (ANG) 1.000.000 €
2- Salman Behbehani (USA) 600.000 €
3- Oleksil Kovalchuk (UKR) 379.760€
4- Ilan Boujenah (FRA/ISR) 300.000€
5- Roger Hairabedian (FRA) 230.000 €
6- Alexander Dovzhenko (UKR) 190.000€
7- Mustapha Kanit (ITA) 160.000 €
8- Alexandre Coussy (FRA) 130.000 €
9- Mads Wissing (DAN) 100.000€

Le reste du classement (sélection sur 63 places payées) :
579 entrants

10- Emile Petit – 70.000€
11- Ludovic Lacay – 70 000 €
12- Kamel Chhiti – 70 000 €
15- Juha Helppi (FIN) – 45 000 €
16- Mesbah Guerfi – 30 000 €
20- Eric Qu – 24 000 €
21- Joe Cassidy (USA) – 24 000 €
29- Valentin Messina – 20.000€
35- Claire Renaut – 20.000€
41- Tristan Clémençon – 17.000€
46- Willy Korchia – 14.000€
48- Paul Pires-Trigo – 14.000€
51- James Bord (ANG) – 14.000€
57- Rebecca Gerin – 12.000 €
60- Arnaud Mattern – 12.000 €
62- Freddy Deeb (USA) – 12.000 €

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