Justice : Affaire Phil Ivey contre le casino Crockfords

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Phil Ivey : tricheur ou juste malin ?

Le Borgata Hotel & Casino vient de porter plainte contre Phil Ivey pour 9,6 millions de dollars, arguant que le célèbre joueur a profité d'un avantage s'apparentant à de la triche à ses tables de baccara, au cours de 4 visites en 2012.

Cet avantage, c'est le "edge sorting", une technique permettant de connaître la valeur des cartes sans les voir, en regardant les différences du motif du dos des cartes sur leur bord, différences provenant d'un "défaut" dans la fabrication.

Cest le New Jersey Law Journal qui a rapporté le premier l'affaire. Le casino attaque ainsi en justice Ivey, mais aussi une complice, Cheng Yin Sun, ainsi que le fabrican de cartes Gemaco Inc.

D'après l'action en justice, Sun accompagnait Ivey aux tables, et communiquait au croupier la manière dont il devait mélanger et afficher les cartes, selon les souhaits d'Ivey.
Un mélangeur automatique était aussi utilisé, ainsi les cartes restaient dans le bon sens tandis qu'elles auraient été tournées dans le cadre d'un mélange manuel.

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Un exemple de "edge sorting".

Après avoir convenu l'ouverture d'une partie à des enjeux de 1 million / 3 millions de dollars, Ivey sera reparti avec plus de 4 millions de gains en une session, gains qu'il aura directement virés sur un compte en banque au Mexique.

Déjà un précédent à Londres

Ivey est déjà impliqué dans une autre action en justice de même genre. Cette fois c'est Ivey qui avait attaqué le Crockfords Casino de Londres pour non paiement de ses gains à des tables de Punto Banco, 12 millions de dollars remportés en deux nuits en août 2012.
Le casino l'accusait également d'avoir eu recours à la même technique, ce qu'Ivey aura admis.

La différence ici est donc que le casino refusa de payer ses gains, d'où l'action en justice d'Ivey. Pour se défendre de cette technique, Ivey aura déclaré qu'il était un joueur qui prenait simplement les avantages sur les jeux quand ils étaient possibles, et que c'était au casino de se protéger, mais aussi d'honorer les gains de ses joueurs. Une affaire qui est toujours en cours.


Mise à jour 27/07/15 :
Phil Ivey attaque le casino Borgata à son tour dans cette affaire. Il se défend en effet d'avoir touché les cartes (que ce soit lui ou sa partenaire), mais surtout avance que le casino aurait détruit les cartes incriminées, et donc d'un élément capital dans le cadre du procès.

Les pros donnent leur avis sur l'affaire Ivey vs Crockfords

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Pas de Phil Ivey aux WSOP APAC.

(06/10/14)

Les WSOP APAC 2014 ont commencé et la plupart des meilleurs joueurs du monde ont ou vont débarquer en Australie à la chasse aux bracelets. Cependant, il y a bien un joueur dont l'absence se fait sentir : Phil Ivey.

En effet, malgré ses dix bracelets WSOP, Phil Ivey ne sera pas à Melbourne cette année. Il ne sera même pas en Australie. Il sera à l'autre bout du monde, à Londres, pour le plus gros procès poker de la décennie contre le casino Crockfords.

La plainte de Phil Ivey pour 7,7 millions de livres contre le casino Crockfords va enfin passer devant les tribunaux. Il y a deux jours, Ivey s'est exprimé devant la Haute Court de justice de Londres pour défendre la technique qu'il a utilisée pour gagner des millions de livres au baccarat dans ce casino, et qui lui avait valu d'être attaqué le premier par le casino.

Ivey a déclaré qu'il ne tricherait jamais dans un casino mais qu'il ne ferait pas correctement son travail s'il ne cherchait pas les faiblesses des casinos.

Et bien qu'ils soient à des milliers de kilomètres de là, les joueurs présents à Melbourne pour les WSOP APAC suivent pour leur part l'affaire de près.

Un coup dur pour la réputation du casino

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Gary Benson fait partie des nombreux joueurs qui pensent que Phil Ivey a raison.
 

Avec 27 ans d'ancienneté, Gary Benson écume le monde du jeu depuis assez longtemps pour savoir que les joueurs doivent exploiter tout ce qui peut leur donner l'avantage au casino :

« S'il est assez intelligent pour avoir trouvé quelque chose qui lui donne l'avantage, tant mieux pour lui. Je pense que le casino devrait le payer. La justice devrait lui donner raison. »

Et pour Benson, Crockfords joue un jeu dangereux en refusant de payer Ivey :

« Personnellement, je ne jouerais pas dans un casino qui a la réputation de ne pas payer les joueurs. Qui le ferait ? »

Shack-Harris : « Ivey est catégorique : il n'a rien fait de mal. »

Brandon Shack-Harris, actuellement en tête du classement du joueur de l'année des WSOP, est lui choqué que l'affaire ait mis si longtemps à arriver devant les tribunaux :

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Brandon Shack-Harris
 

« D'après ce que j'ai lu, c'est le casino qui est responsable. Apparemment il a pu continuer à faire ça pendant assez longtemps. S'il y avait un problème, le casino aurait dû réagir plus vite. Ils ont fait n'importe quoi. Cela devrait leur servir de leçon. Difficile d'en vouloir à un joueur qui essaye juste de trouver les failles, surtout quand il s'agit d'un casino. »

Shack-Harris n'est en tout cas pas surpris de la ténacité de Ivey :

« J'ai joué contre lui lors d'un tournois de PLO et il m'a expliqué qu'il n'avait pas l'intention de régler cela à l'amiable. Il n'a pas du tout l'impression d'avoir fait quelque chose de mal, il s'est montré catégorique là-dessus. C'est vraiment le casino qui a failli, dans ce cas. Ce n'est pas juste de renverser la situation comme ça. »

Daniel Negreanu, l'un des plus proches amis de Ivey dans le monde du poker, a lui déjà expliqué tout le bien qu'il pensait des casinos qui refusaient de payer les joueurs.

Il y a quelques mois, il avait déjà épinglé le Borgata lorsque le casino avait tenté de poursuivre Phil Ivey pour 9,2 millions de dollars dans le même type d'affaire.

« Borgata, vous avez pris Ivey pour un idiot et vous avez essayé de l'enfoncer. Il vous a ridiculisés, prenez vos responsabilités ! Personne ne compatit avec Borgata dans cette affaire. Arrêtez de vous faire passer pour les victimes alors qu'il s'est juste montré plus malin que vous. »

Dans l'attente à présent du verdict de la Haute Court de justice de Londres...

Justice, affaire du casino Crockfords : Phil Ivey débouté et ses 7,7 millions £ refusés

(09/10/14)

Malgré tous ses efforts, les arguments de Phil Ivey n'ont pas convaincu le juge londonien chargé de décider si le casino Crockfords lui devait effectivement 7,7 millions de livres.

Bien qu'il ait qualifié Ivey de « témoin de bonne foi », le juge a tout de même estimé que la technique utilisée par Ivey relevait de la triche selon la législation britannique.

« Il s'est donné un avantage interdit par le jeu, » a expliqué le Juge Mitting. « Cela constitue, à mon avis, de la triche. »

C'est le journaliste de la BBC Angus Crawford qui a tweeté le verdict hier soir.

Ivey : « Je mise tout sur ma réputation »

Une grande partie des arguments utilisés par Ivey ont filtré dans la presse britannique.

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Pour Ivey, en tant que joueur professionnel, il se doit de chercher à exploiter tous les avantages.
 

Sa principale défense : en tant que joueur professionnel, il est de son devoir d'utiliser toutes les techniques « légales » possibles pour prendre l'avantage sur le casino.

Il estime que cette définition s'applique à « l'edge sorting », la technique qui lui a permis de remporter environ 12,3 millions de dollars au casino Crockfords en deux longues sessions de Punto Banco en 2012.

Grâce à un défaut présent sur un certain nombre de jeux de cartes et à des instructions précises données au croupier (qu'ils ont fait passer pour de la « superstition »), Ivey et sa partenaire Cheng Yin Sun ont pu déterminer quelles étaient les cartes à venir et donc d'adapter ses mises en fonction.

Ivey reconnaît volontiers avoir utilisé cette technique, il reste cependant persuadé qu'elle n'est pas illégale.

« Certains estiment que c'est de la triche, mais je sais que ce n'était pas le cas » expliquait-il dans un reportage diffusé sur CBS il y a deux jours.

« Les joueurs professionnels savent que ce n'était pas le cas. Je ne ferais jamais rien qui s'apparente de près ou de loin à de la triche. Je veux dire, dans le monde du jeu, je mise tout sur ma réputation. »

D'après la BBC, les avocats de Phil Ivey « n'ont pas été autorisés à faire appel, bien qu'ils soient invités à renouveler leur demande auprès de la Cour d'appel s'ils le souhaitent ».

Par ailleurs, Ivey attend le verdict d'une autre affaire similaire face au casino Borgata à Atlantic City.

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