La légende Doyle Brunson dans la danse des WSOPE

Doyle Brunson
Doyle Brunson dans le grand bain des WSOP Europe

Le premier jour du Main Event des World Series Europe présenté par Betfair a attiré ce week-end certains des meilleurs joueurs du monde, dont l'une des ses plus grandes légendes vivantes.

A l'âge de 76 ans, Doyle Brunson aura vu le poker grandir, depuis les salles de poker illégales au Texas, jusqu'au phénomène mondial qu'il est devenu aujourd'hui.

Mais selon le premier double vainqueur du Main Event des WSOP, le jeu en lui-même n'est pas tellement différent de ce qu'il était.
« Dans les grandes lignes rien n'a changé » répond-il à PokerListings. « Ce que les gens ne comprennent pas est que ce sont les joueurs contre qui vous jouez qui dictent la façon dont vous devez le faire.
J'ai prêché l'agressivité et tous ces différents moves stratégiques, et rien ne marche plus à cause des jeunes pousses d'Internet, c'est ce qu'il font. Du coup, ça fait bien longtemps que j'ai changé mon jeu.  Vous devez modifier ce que vous faites de la manière où cela se montrera avantageux en regard de la situation.
Le poker c'est une affaire de gens, je l'ai toujours dit. Ce n'est pas une affaire de cartes, tout est à propos des gens.

Bien qu'il se fasse un point d'honneur à jouer des tournois des WSOP tout autant à Las Vegas qu'à Londres, Brunson voyage aujourd'hui moins que le pro moyen, et l'homme pense d'ailleurs que le "grignotage" de tournois en tournois a pris de trop grosses proportions.
« Je pense qu'il y a trop de tournois. Il y a un tournoi quelque part chaque semaine. Je pense qu'un tournoi doit être quelque chose de spécial, un évènement spécial dans la vie des gens, pas la même chose que la semaine d'avant.
Je pense qu'il ne devrait y avoir que quelques tournois majeurs. Bien sûr je suis partie prenante vu que je suis un joueur de cash games, avec les tournois qui y ont fait du mal.
»

Lorsqu'il rentre chez lui à Las Vegas, Brunson peut toujours être aperçu jouer des sessions marathon dans les plus grosses parties d'argent du monde au Bellagio, et il clame d'ailleurs que le poker le fait rester jeune.
« Je pense que je serais probablement mort si je ne jouais pas pour le poker. Le poker me donne de l'énergie. Et je dirais d'ailleurs que c'est vraiment dommage que mon esprit jeune soit prisonnier de ce vieux corps. Jusqu'à l'année dernière je n'ai même presque pas réalisé que je vieillissais.
Le jeu permet d'avoir encore de l'adrénaline, cela fait circuler le sang. Et puis j'ai toujours gardé mon esprit affuté, à lire ou à jouer au poker, à faire quelque chose.
Je suis heureux d'avoir de bons gênes. Dans ma famille tout le monde a dépassé les 90 ans, alors j'espère suivre le même chemin.
»

En ayant disputé es premiers WSOP en 1970, Brunson reste toujours stupéfait de voir l'ampleur qu'a prise le jeu et le fait qu'il se trouve aujourd'hui à jouer pour un bracelet des World Series en Grande-Bretagne.
« Personne n'aurait pu prévoir ça, quels que soient vos dons de voyance. Benny Binion (le fondateur des WSOP) m'a dit qu'une fois, probablement à la fin des années 70, « Tu sais, nous pourrions avoir 100 joueurs un jour dans ce tournoi. » Aujourd'hui nous en avons 8500 ou quelque chose comme ça...
Personne n'a su et personne ne sait jusqu'où tout ça va aller. »

S'il y a une chose que Brunson sait, c'est que si il y a un bracelet des World Series en jeu, il prendra toujours son siège à la table. « Je serai là tant qu'on ne m'aura pas mis la tête dans la boue. »

Derniers Blog Posts »