Le B.A.-BA des Sit-and-Go : Le Resteal (Contre-vol)

Fleeting victory!

Chacun sait que pour réussir, un joueur de sit-and-go doit voler les blinds. Au fur et à mesure que les blinds augmentent, les joueurs savent qu'ils doivent bouger pour survivre.

Bien que la plupart des joueurs savent à quel point le vol est essentiel, peu vont réellement plus loin et contre-volent d'une quelconque manière régulière.

Le concept est simple. Si les gens volent, ils relancent avec des mains loin d'être la panacée. Ces personnes se coucheront souvent face à une sur-relance, perdant leur relance initiale. Cela vous fait gagner non seulement la relance mais aussi les blinds.

Contre-voler aux moments opportuns peut parfois faire la différence entre échouer à entrer dans l'argent en mourant sur les blinds, et continuer la route pour aller décrocher le proverbial bracelet.

Bien que le contre-vol (resteal) semble être un concept simple, il est en fait assez complexe. Il requiert le mix parfait entre bon moment, bon adversaire, bonne image à la table, et bonne main.

L'adversaire idéal

L'adversaire idéal pour un resteal est le voleur de blind agressif. Et dans l'idéal, vous voudriez plutôt faire un contre-vol contre un bon joueur que contre un mauvais.

Les bons joueurs volent fréquemment en position tardive, mais ne veulent pas risquer leurs jetons dans des situations marginales. Les mauvais joueurs savent eux-aussi voler mais n'ont pas cette même aversion pour le risque.

Un mauvais joueur sera plus susceptible de relancer une main telle que Q J, puis de suivre sans sourciller pour 10 grosses blinds de plus parce qu'il se sera senti "pot-committed" (engagé dans le pot). Un bon joueur ne fera pas cela. Un bon joueur réalisera qu'il s'est fait attraper, et jettera simplement sa main avant de passer à autre chose.

Soyez attentif à la dynamique de la table. Voir qui sont les joueurs gagnants devrait être assez évident. S'ils relancent souvent du bouton ou du cut-off (une place avant le bouton), vous pouvez probablement en déduire que ces joueurs sont de décents joueurs de sit-and-go.

michael binger 33818
"Ah tu veux me voler hein ?"

Si vous jouez beaucoup de sit-and-go, vous devriez prendre des notes sur les joueurs fréquemment intensifs. Garder une trace des habitués est tout aussi important que de garder une trace des pigeons.

Beaucoup de ces habitués tiennent bien en tête le concept du vol, mais échouent à réaliser qu'ils sont souvent contre-volés.

Votre image à la table

Votre image à la table est un facteur crucial dans toutes les facettes du poker. Et il l'est spécialement en sit-and-go.

Si vous avez régulièrement relancé, plusieurs fois par tour de table, et contre-volez contre des relanceurs de fin de parole, les joueurs vont finir par être obligés d'y aller. Ils vont vous considérer comme un maniaque et vont vouloir vous faire tomber.

Si vous ne changez pas de rythme, il est inévitable qu'à l'arrivée un joueur se retrouve à venir vous débusquer. Soyez ainsi toujours conscient de comment vous êtes perçu à la table ; certains joueurs aiment intimider la table, pendant que d'autres sont plus qu'heureux d'attendre et d'espérer qu'un autre joueur leur vienne dessus.

Essayez d'identifier qui  est qui, puis évitez les uns et punissez les autres. De cette façon vous pouvez maximiser la fréquence à laquelle vos adversaires se coucheront et minimiser les chances qu'ils payent.

Votre main

L'essence et la nature du resteal est de le faire avec une main bien loin d'être fantastique. Si vous sur-relanciez avec AA, ça ne serait pas un vol n'est-ce pas ? Non ça serait plutôt une sur-relance pour la valeur.

L'idée est ainsi que vous le fassiez avec une main moyenne. Vous savez que votre adversaire relance léger et vous misez sur le fait de le faire coucher, du coup la valeur de votre main n'est pas si importante en soi.

Ceci étant dit, il est rarement une bonne idée que de simplement sur-relancer à tapis avec n'importe quoi. Il y a toujours une chance que vous soyez suivi ; ainsi lorsque vous sur-relancez, soyez capable d'avoir quelque type de main grâce auquel vous pouvez retomber sur vos pieds.

T 9 se comporte par exemple bien mieux face à K K que 3 8 ne le fait. Vous vous en remettez certes à la fold equity (espérance de faire coucher), mais vous avez besoin d'un peu de valeur à votre main pour avoir un plan de secours.

Un p'tit quelque chose sur la Fold Equity

Etant donné que vous vous reposez sur la fold equity, cela n'a aucun sens que de contre-voler sans, n'est-ce pas ?

Non en effet. Mais les gens le tentent pourtant tout le temps. Si vous sur-relancez sans cette espérance de faire coucher, cette relance ferait mieux de l'être pour la valeur. Le resteal est une tentative de vol du pot. Si votre adversaire est pot-commited (engagé), il ne va pas se coucher.

De ce fait, ajoutez votre sur-relance, sa relance et les blinds, et si son call lui laisse une cote de 2 contre 1 ou mieux, ne contre-volez pas. Couchez-vous et attendez une meilleure situation.

La fold equity est le seul facteur déterminant dans le choix de contre-voler ou non. Si vous avez une bonne raison de croire que le relanceur initial va se coucher, vous pouvez absolument lui pousser la boîte même en étant très léger.

C'est un move qui une fois ajouté à votre répertoire, commencera à vous faire gagner des pots dans lesquels vous n'auriez rien eu à faire en premier lieu. C'est aussi un move qui rend bien lorsque vous lancez dans l'affaire et lui permettez de vous faire passer pour un idiot ces fois où vous vous retrouvez payé.

Cependant, si vous suivez mes instructions et que vous recherchez les bonnes situations contre les voleurs connus, vous vous verrez obtenir plus de fold que de calls.