Les Grands Moments des WSOP (3ème partie)

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Erik Seidel

Dans quelques jours, des milliers de joueurs pleins d'espoir prendront part au 44è Main Event des World Series of Poker.

Avec son buy-in de 10.000$ et son envergure légendaire, c'est souvent lors de ce tournoi prestigieux que s'est faite la grande histoire des WSOP.

James Guill revient une nouvelle fois pour nous sur les meilleurs moments de l'histoire des WSOP, avec pour cette troisième partie un article spécialement dédié au Main Event.

Retrouvez aussi la 1ère partie et la 2ème partie.


Action Dan enchaîne deux tables finales

Alors que Chris Moneymaker remportait le Main Event 2003, « Action Dan » Harrington (lui-même vainqueur du Main Event en 1995) signait une très belle 3ème place.

L'année suivante, il enchaînait avec une 4ème place (sur un total record de 2576 joueurs).

Si sa victoire au Main Event en 1995 reste évidemment la plus belle victoire de la carrière d'Harrington, beaucoup considèrent toutefois ces deux tables finales consécutives comme sa meilleure performance.


Chan bat Seidel et remporte son deuxième Main Event des WSOP consécutif

En 1988, Johnny Chan avait bien l'intention de marquer l'histoire du poker en remportant son deuxième Main Event d'affilée. Erik Seidel, quant à lui, voulait faire son entrée sur le devant de la scène en remportant le prix le plus important (et le plus prestigieux) du poker.

Les deux auront finalement marqué le poker de leur empreinte, mais pour cette fois-là, c'était au tour de Chan.

Chan a d'abord pris l'avantage en limpant avec J 9 , suivi par Seidel avec Q 7. Avec un flop constitué de Q T 8, Chan avait une main quasi imbattable et Seidel la meilleure paire. Chan a donc tâté le terrain en misant 40000, et a su que c'était dans la poche quand Seidel a relancé de 50000.

Lorsque le 2 est sorti à la turn, Chan a checké, espérant que Seidel s'emballerait. C'est ce qu'il s'est passé, puisqu'il est allé au tapis, et Chan l'a bien entendu suivi. Et après une river insignifiante, Johnny Chan est donc rentré dans l'histoire.

Dix ans plus tard, les deux joueurs se sont retrouvés dans le films Les Joueurs, dans lequel Seidel est présenté comme le dindon de la farce. Ironiquement, Seidel a remporté 9 millions de dollars de plus que Chan dans sa carrière.


Lamb : du rêve au cauchemar en quatre mains

Les WSOP 2011 ont été très propices à Ben Lamb : il y a remporté son premier bracelet, il a atteint trois tables finales et a fait partie des fameux "November Nine" du Main Event.

Le dernier jour, alors qu'il ne restait que trois joueurs en course, Lamb était deuxième au nombre de jetons et beaucoup le voyaient en bonne position pour remporter la victoire.

Lors de la toute première main, Lamb s'est lancé dans un 4-bet pour aller au tapis contre Martin Staszko.

Staszko, sachant que Lamb avait le tapis facile (il avait K J), a suivi. Après un frlop peu favorable, Lamb était déjà bien handicapé.

Trois mains plus tard, Lamb est à nouveau allé au tapis, cette fois avec Q 6. Staszko avait une paire de valets, et le tirage n'a encore une fois pas aidé Lamb, qui est donc passé en 4 mains de prétendant très sérieux à la victoire à une troisième place.


Le Bluff du siècle

Lorsque Chris Moneymaker s'est retrouvé en heads-up du Main Event des WSOP 2003, beaucoup ne croyaient toujours pas qu'il pourrait gagner (alors qu'il possédait deux tiers des jetons). Moneymaker lui-même avait proposé à Sam Farha de partager les gains, mais celui-ci préférait jouer.

Quelques minutes plus tard, Moneymaker relançait de 100000 avec K 7, et Farha décidait de le suivre.

9 6 2 sont sortis au flop, les deux joueurs ont checké. Puis 8 au turn. Farha avait à ce moment-là la meilleure main (une paire de 9), mais le tirage laissait entrevoir une possibilité de suite ou de couleur.

Farha a alors décidé de miser 300000, espérant ainsi décourager Moneymaker et remporter le pot. Malheureusement pour Farha, Moneymaker a voulu le tester en semi-bluffant avec une relance de 500000. Farha a suivi, à contrecœur, pour découvrir le 3 à la river.

Voyant les multiples possibilités de suites et de couleurs, Farha a alors préféré checker. Moneymaker, qui n'avait absolument RIEN en main, savait qu'il ne pourrait s'en sortir qu'en bluffant, et a donc choisi d'aller au tapis pour rester dans le tournoi.

Farha a mis très longtemps à prendre sa décision. Il a même commenté à haute voix qu'il pourrait suivre et gagner. Mais finalement, il n'a pu se résoudre à prendre un tel risque, et tout joueur chevronné qu'il est, il s'est couché pour laisser Moneymaker remporter le pot dans ce que Norman Chad a appelé « le bluff du siècle ».

Ce bluff a mis Moneymaker sur les rails de la victoire, il lui a permis de prendre le dessus et de remporter ce Main Event. En lançant par la même occasion le fameux « poker boom ».

 

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