Les Grands Moments des WSOP

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Alors que les World Series of Poker 2013 entament tout juste leur troisième semaine, au fur et à mesure que l'on se rapproche des gros évènements, on s'attend à ce qu'il y ait sous peu, comme d'habitude, des moments de poker mémorables.

En 43 éditions, les WSOP nous ont déjà laissé de sacrés souvenirs, plus de 40 champions du monde, des centaines de bracelets en or, et des milliers de moments inoubliables. James Guill revient pour nous sur quelques-uns des plus mémorables d'entre eux.



Le suckout de Moneymaker contre Phil Ivey

Alors que beaucoup classeraient sans doute le bluff de Chris Moneymaker face à Sammy Farha dans la liste des plus grands moments des WSOP, la vérité c'est que c'est son "suckout" contre Phil Ivey qui a été le véritable tournant de ce Main Event.

Tout commence lorsque Moneymaker relance pré-flop avec A-Q et que Phil Ivey le suit avec une paire de 9. Avec Q-6-Q, le flop donne un brelan à Moneymaker qui est le premier à miser. Ivey le suit, et pense toucher la meilleure carte possible lorsqu'un 9 sort au turn. Moneymaker mise alors 200000 et Ivey va au tapis, au grand désarroi de Moneymaker qui voit son brelan battu par un full.

Phil Ivey avait alors 83% de chance de remporter cette main. Ce n'était apparemment pas suffisant puisqu'un as est sorti à la river pour retourner complètement la situation, donner à Moneymaker un full supérieur, et sortir Phil Ivey du tournoi en 10ème position.

Si Ivey avait remporté cette main, il y a fort à parier que Moneymaker n'aurait pas réussi à aller jusqu'au heads-up, et peut-être que le poker n'en serait pas où il en est aujourd'hui.


Les trois mains de folie

C'est lors du tournoi de NL Hold'Em à 3000$ des WSOP 2008 que John Phan a remporté son premier bracelet WSOP face à Johnny Neckar.

Les deux talentueux professionnels ont bataillé plus de six heures, et on pensait que la partie pourrait continuer toute la nuit, quand les choses se sont soudainement emballées.

Phan et Neckar ont alors décidé d'aller all-in pré-flop, à l'aveugle. Tout d'abord en montrant leurs cartes – Q 4 pour Phan et 9 7 pour Neckar.

Le tirage (K J K 9 3) a donné l'avantage à Neckar.

Les deux joueurs ont ensuite pris la décision de jouer les deux mains suivantes à l'aveugle, toujours all-in, mais sans même dévoiler leurs cartes. C'est Phan qui a remporté la deuxième, et Neckar la troisième, dans ce qui est sans aucun doute l'une des séquences de jeu les plus étranges de toute l'histoire des WSOP.

Après ces trois mains de folie, les joueurs se sont remis à jouer normalement, mais le match avait changé de physionomie. Neckar a continué à prendre beaucoup de risques et a fini par allé au tapis avec Q J, qui se sont heurtés à l'A 9 de Phan.

Un As au turn a permis à Phan de remporter le premier de ses deux bracelets WSOP. Cependant, ce sont bien ces trois mains absolument folles que beaucoup ont gardé en mémoire, ce qui prouve que tout peut arriver à Las Vegas.


La légende renaît de ses cendres

Alors que démarrait le Main Event des WSOP 1997, tout le monde avait catalogué Stu Ungar comme une cause perdue à cause de sa vie dissolue.

Enfin tout le monde sauf Bill Baxter. Baxter a donc décidé de sponsoriser ("stacker") la participation de Ungar au Main Event, et il a eu le nez creux puisque Ungar a joué un poker du niveau de celui qui lui avait permis de remporter le Main Event en 1980 et 1981.

Ungar était tellement impressionnant à la table finale que le directeur du tournoi, Jack McLelland, a alors déclaré que tous les autres ne jouaient que la deuxième place.

Une prophétie qui est devenue réalité lorsque l'A 4 de Ungar ont battu l'A 8 de John Strzemp, et qu'il a donc remporté son troisième Main Event des WSOP.

Ungar et Johnny Moss sont à ce jour les deux seuls joueurs à avoir été couronné champion du monde à trois reprises. À noter qu'en réalité Ungar est le seul à l'avoir réellement "remporté" trois fois puisque le titre de Moss en 1970 lui a été décerné suite à un vote.


Chip Reese remporte le tournoi de HORSE à 50.000$

Alors que je couvrais le tournoi de Limit Hold'Em à 1500$ des WSOP 2006, j'ai eu l'occasion de discuter un peu avec Erik Seidel. Je lui ai alors demandé son pronostic pour la toute première édition du tournoi de HORSE à 50000$. Sa réponse ? Chip Reese, sans conteste.

Cela faisait 24 ans que Reese n'avait pas remporté de bracelet WSOP. Lui qui était principalement un joueur de cash games high-stakes ne s'était remis à jouer des tournois que parce que sa famille lui demandait pourquoi il ne passait pas à la télé.

Autant dire que le monde du poker s'est rapidement souvenu pourquoi Reese était considéré comme le meilleur joueur de poker de l'histoire.

Reese s'est donc retrouvé à ce qu'on considère comme la meilleure table finale de l'histoire des WSOP aux côtés de Patrik Antonius, Doyle Brunson, Dewey Tomko, David Singer, TJ Cloutier, Jim Bechtel, Phil Ivey et Andy Bloch – encore inconnu à l'époque.

Bloch, assez largement en tête, s'est donc retrouvé en heads-up face à Reese, mais n'arrivait jamais à conclure.

À chaque fois que Reese était all-in, il touchait la carte dont il avait besoin et remportait la main, avant de finalement passer devant et remporter la somme la plus importante mise en jeu au poker en dehors du Main Event.

Il s'agit du dernier bracelet qu'il ait remporté, puisqu'il allait succomber quelques années plus tard des suites d'une pneumonie.

Depuis 2008, le Trophée Chip Reese est remis au vainqueur de l'event que l'on appelle aujourd'hui le Poker Players Championship.


Un raté à l'origine des premières WSOP

Les World Series of Poker n'auraient peut-être jamais vu le jour si une initiative similaire n'avait pas échoué.

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Les WSOP à Reno ? Ca aurait pu arriver...

En 1969, Tom Moore, gérant de l'hôtel/casino Holiday à Reno, décide d'organiser un tournoi de poker sur invitation qu'il décide d'appeler la « Texas Gamblers Reunion ».

Malheureusement pour Moore, le tournoi est un flop et il décide de ne pas renouveler l'expérience.

Benny Binion, du Binion's Horseshoe a Vegas, le contacte alors pour lui demander l'autorisation de lancer un tournoi dans le même genre, ce qu'il accepte.

Les World Series of Poker étaient nées


Jackie McDaniels brise la barrière des Genres

La légende veut que le Ladies Event des WSOP ait été créé pour donner quelque chose à faire aux femmes des joueurs.

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Jennifer Tilly n'aurait jamais eu de bracelet si le Ladies Event n'avait pas été créé.

C'est en 1977 qu'eut lieu le premier Ladies Event des WSOP, sous la forme d'un tournoi de Seven-Card Stud à 100$.

WSOP.com nous informe qu'il y avait 93 participantes à ce premier Ladies Event qu'a remporté Jackie McDaniels.

Son premier (et seul) bracelet lui a permis de remporter 5580$, et a ouvert la voie à des championnes comme Barbara Enright, Nani Dollison ou Susie Isaacs.


Daugherty devient le premier millionnaire des WSOP

Le Main Event des WSOP a toujours été le tournoi le plus impressionnant en terme de prix, mais ce n'est qu'en 1991 que son vainqueur a commencé à devenir millionnaire.

C'est en effet lors des WSOP 1991 que le premier prix du Main Event a pour la première fois dépassé le million de dollars.

Après avoir échoué par deux fois à se qualifier via un satellite, Brad Daugherty a fini par s'acquitter des 10000$ du buy-in pour le Main Event. Avant de savoir se défaire de 214 joueurs pour remporter le prix d'un million de dollars mis en jeu.

Une somme qui semble bien dérisoire face aux 8,53 millions remportés par Greg Merson en 2012, mais cela reste un moment marquant dans l'histoire des WSOP.


La performance de Hal Lubarsky

C'est Jerry Yang qui a remporté le Main Event des WSOP 2007, mais c'est bien Hal Lubarsky qui a marqué les esprits cette année là.

Lubarsky était un spécialiste des high stakes qu'une rétinite pigmentaire a rendu aveugle. Il bénéficiait donc de l'aide d'un assistant pour lui lire les cartes.

Il a finalement terminé en 197ème place sur 6538 joueurs, pour 51398$.

Lubarsky a depuis prouvé que c'était loin d'être un coup de chance, en frôlant notamment la table finale du tournoi de Limit Hold'Em à 1500$ en 2011, en finissant 11ème. Il a également été payé lors de l'Event des Seniors de l'année dernière.


Harrah's rachète le Binion's Horseshoe

Le 23 janvier 2004, Harrah's Entertainment rachetait le Binion's Horseshoe et les droits des World Series of Poker.

S'ils ont gardé les droits des WSOP, ils ont cependant rapidement revendu le casino au MTR Gaming Group qui a pris le relais en 2005.

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Le Binion's : là où tout a commencé...

Les WSOP 2004 ont donc été les dernières à être organisées entièrement au Binion's, et en 2005 seules les trois tables finales du Main Event y ont eu lieu.

Si le Binion's a marqué l'histoire des WSOP, il faut bien admettre que le casino n'était plus à la mesure de l'événement qu'il accueillait. Les WSOP ont donc déménagé au Rio, où ils ont toujours lieu aujourd'hui.

Beaucoup n'incluraient probablement pas ce fait dans les « meilleurs moments » des WSOP, mais sans cette transition les WSOP n'auraient probablement jamais pris la dimension internationale qu'ils ont aujourd'hui.

Cette vente a donc permis aux WSOP de se développer et de battre tous les records.


La suite de cette compilation est spécialement dédiée au Main Event. Avec son buy-in de 10.000$ et son envergure légendaire, c'est souvent lors de ce tournoi prestigieux que s'est faite la grande histoire des WSOP.


Action Dan enchaîne deux tables finales

Alors que Chris Moneymaker remportait le Main Event 2003, « Action Dan » Harrington (lui-même vainqueur du Main Event en 1995) signait une très belle 3ème place.

L'année suivante, il enchaînait avec une 4ème place (sur un total record de 2576 joueurs).

Si sa victoire au Main Event en 1995 reste évidemment la plus belle victoire de la carrière d'Harrington, beaucoup considèrent toutefois ces deux tables finales consécutives comme sa meilleure performance.


Chan bat Seidel et remporte son deuxième Main Event des WSOP consécutif

En 1988, Johnny Chan avait bien l'intention de marquer l'histoire du poker en remportant son deuxième Main Event d'affilée. Erik Seidel, quant à lui, voulait faire son entrée sur le devant de la scène en remportant le prix le plus important (et le plus prestigieux) du poker.

Les deux auront finalement marqué le poker de leur empreinte, mais pour cette fois-là, c'était au tour de Chan.

Chan a d'abord pris l'avantage en limpant avec J 9 , suivi par Seidel avec Q 7. Avec un flop constitué de Q T 8, Chan avait une main quasi imbattable et Seidel la meilleure paire. Chan a donc tâté le terrain en misant 40000, et a su que c'était dans la poche quand Seidel a relancé de 50000.

Lorsque le 2 est sorti à la turn, Chan a checké, espérant que Seidel s'emballerait. C'est ce qu'il s'est passé, puisqu'il est allé au tapis, et Chan l'a bien entendu suivi. Et après une river insignifiante, Johnny Chan est donc rentré dans l'histoire.

Dix ans plus tard, les deux joueurs se sont retrouvés dans le films Les Joueurs, dans lequel Seidel est présenté comme le dindon de la farce. Ironiquement, Seidel a remporté 9 millions de dollars de plus que Chan dans sa carrière.


Lamb : du rêve au cauchemar en quatre mains

Les WSOP 2011 ont été très propices à Ben Lamb : il y a remporté son premier bracelet, il a atteint trois tables finales et a fait partie des fameux "November Nine" du Main Event.

Le dernier jour, alors qu'il ne restait que trois joueurs en course, Lamb était deuxième au nombre de jetons et beaucoup le voyaient en bonne position pour remporter la victoire.

Lors de la toute première main, Lamb s'est lancé dans un 4-bet pour aller au tapis contre Martin Staszko.

Staszko, sachant que Lamb avait le tapis facile (il avait K J), a suivi. Après un frlop peu favorable, Lamb était déjà bien handicapé.

Trois mains plus tard, Lamb est à nouveau allé au tapis, cette fois avec Q 6. Staszko avait une paire de valets, et le tirage n'a encore une fois pas aidé Lamb, qui est donc passé en 4 mains de prétendant très sérieux à la victoire à une troisième place.


Le Bluff du siècle

Lorsque Chris Moneymaker s'est retrouvé en heads-up du Main Event des WSOP 2003, beaucoup ne croyaient toujours pas qu'il pourrait gagner (alors qu'il possédait deux tiers des jetons). Moneymaker lui-même avait proposé à Sam Farha de partager les gains, mais celui-ci préférait jouer.

Quelques minutes plus tard, Moneymaker relançait de 100000 avec K 7, et Farha décidait de le suivre.

9 6 2 sont sortis au flop, les deux joueurs ont checké. Puis 8 au turn. Farha avait à ce moment-là la meilleure main (une paire de 9), mais le tirage laissait entrevoir une possibilité de suite ou de couleur.

Farha a alors décidé de miser 300000, espérant ainsi décourager Moneymaker et remporter le pot. Malheureusement pour Farha, Moneymaker a voulu le tester en semi-bluffant avec une relance de 500000. Farha a suivi, à contrecœur, pour découvrir le 3 à la river.

Voyant les multiples possibilités de suites et de couleurs, Farha a alors préféré checker. Moneymaker, qui n'avait absolument RIEN en main, savait qu'il ne pourrait s'en sortir qu'en bluffant, et a donc choisi d'aller au tapis pour rester dans le tournoi.

Farha a mis très longtemps à prendre sa décision. Il a même commenté à haute voix qu'il pourrait suivre et gagner. Mais finalement, il n'a pu se résoudre à prendre un tel risque, et tout joueur chevronné qu'il est, il s'est couché pour laisser Moneymaker remporter le pot dans ce que Norman Chad a appelé « le bluff du siècle ».

Ce bluff a mis Moneymaker sur les rails de la victoire, il lui a permis de prendre le dessus et de remporter ce Main Event. En lançant par la même occasion le fameux « poker boom ».

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