Quand les Joueurs de Poker se transforment en Sportifs de l'Extrême

elky saut
ElkY en action...

ElkY vient de battre l'un de ses plus grands adversaires, sa peur du vide, en sautant à l'élastique de la Tour Macau et ses 233 mètres de haut. Un exploit en forme de pari extrême desquels les joueurs de poker sont de plus en plus friands.

Au départ, il y avait les "prop bets", ces paris sur tout et n'importe quoi dont les plus grands joueurs de poker (et les plus fortunés) ont toujours été friands.

Parmi les plus célèbres (ou les plus stupides, à vous de voir), on se souviendra plus particulièrement de ceux-ci :

- Johnny Moss qui prend le pari à 15 contre 1 qu'il peut étendre un inconnu se vantant de n'avoir jamais perdu une bagarre dans un bar (résultat : Moss repart avec quelques os cassés).
- Stu Ungar , un véritable parieur fou, notamment en golf et même contre des champions.
- Amarillo Slim Preston (pas en reste quand il s'agissait de prendre le moindre pari), entre apprentissage du salto et parties de tennis de table contre un champion du monde avec une poêle ou une bouteille de Coca en guise de raquette, ou de golf sur un lac gelé.
- Doyle Brunson et ses nombreux paris (souvent perdus) sur des pertes de poids.
- Ted Forrest qui gagne lui 2 millions de dollars de Mike Matusow et Justin Smith pour avoir réussi à perdre 25 kilos en deux mois.
- Erick Lindgren qui réussit à jouer 72 trous de golf en une journée.
- Phil Ivey qui gagne 1 million de dollars de Tom Dwan pour s'en tenir à un régime végétarien durant une année entière.
- Dans le même ordre d'idée, Howard Lederer qui gagne 10.000$ de David Grey pour avoir accepté de manger un cheeseburger, lui le végétarien.

- Huck Seed qui parie avec Phil Hellmuth pouvoir rester 18 heures dans l'océan (il aura tenu 3 heures).
- Sans doute le plus fou, Brian Zembic qui accepte de se faire poser... des implants mammaires et de les garder 1 an pour gagner un pari à 100.000$. Et pour la petite histoire, il les a finalement gardés... Zembic déclarait même qu'un jour quelqu'un lui avait lancé un nouveau "défi" pour une nouvelle grosse somme, celui qu'il ne couperait pas son penis. "Mais j'ai décidé que je n'allais pas le faire, j'ai appris que l'argent n'était pas tout." A la bonne heure...

MacauTower
C'est vrai que ça fait quand même haut...

Des paris de plus en plus extrêmes

Aujourd'hui, si on trouve encore des Mike Matusow ou Phil Hellmuth pour perpétuer la tradition (les deux boute-en-train se sont d'ailleurs récemment affrontés dans une série de duels à base de course et de natation), les paris entre joueurs de poker (ou même qu'ils se lancent à eux-mêmes) semblent prendre un nouveau tournant, devenant un peu plus sportifs.
Et même si l'on se souvient qu'un "fou" comme Amarillo Slim avait déjà fait fort en son temps, en ayant descendu en rafting la "Rivière sans Retour" dans l'Idaho pour un pari à 31.000$.

Brian Townsend vient lui par exemple de boucler une course d'endurance (et là, ce n'est pas peu dire) en plein Sahara : 250 kilomètres en 7 jours. Six mois de préparation à courir dans le sable avec des poids lui auront été nécessaires pour réussir à terminer ce parcours en un peu moins de 53 heures.

ElkY, véritable compétiteur dans l'âme, est assurément l'un des plus grands fans de prop bets à l'heure actuelle. L'an dernier, lui et son ami Lex Veldhuis se défiaient sur un ring pour un combat de kick-boxing. Cette année, il s'embarquait dans une série de paris contre Eugene Katchalov, avec à l'arrivée un déplacement de 130 kilomètres en vélo entre deux tournois de poker entre Cannes et San Remo (voir plus bas).

Mais cette fois le champion français a voulu aller encore plus loin dans le dépassement de ses limites. Actuellement à Macao pour disputer les ACOP (Asia Championship Of Poker) de l'Asian Poker Tour, Bertrand Grospellier s'est ainsi offert un saut à l'élastique du haut de la Macau Tower, deuxième plus haut point culminant du monde public pour s'adonner à cette activité (233 mètres), après la Stratosphère de Las Vegas.

L'expérience semble en tout cas avoir plu à l'intéressé, comme il le confiait notamment sur son Twitter :

"C'était vraiment effrayant tout le long, jusqu'à ce que je me laisse aller, et là que du bonheur ! L'une de mes plus difficiles victoires !"

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Les nouveaux défis d'ElkY

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ElkY vs Eugene Katchalov. Deux hommes pour un nouveau défi. (photo PokerStars)

Alors qu'ils participaient aux WCOOP, ElkY et le Russe Eugene Katchalov se sont lancés de nouveaux défis... plutôt sportifs.

ElkY est un formidable compétiteur, mais aussi un assoiffé de défis et de paris (comme de nombreux autres joueurs de poker d'ailleurs). Dans le jargon on appelle ça les "prop bets".

Tout le monde se souvient sans doute de son combat de kick-boxing contre Lex Veldhuis par exemple, qui avait fait beaucoup de buzz il y a moins de 10 mois,

C'est cette fois Eugene Katchalov qui est l'adversaire de notre champion français, dans une nouvelle série de défis... et de gages plutôt sportifs !

"La plupart des joueurs jouent de l'argent, mais comme on est amis on ne veut pas se prendre de l'argent. Alors on a décidé de se lancer dans des idées plus créatives, et qui nous seront aussi positives. (...) Ces paris seront difficiles, mais ils ont un impact positif, alors ce sera définitivement amusant !" confiait enthousiaste le joueur ukrainien.

La semaine dernière, les deux joueurs ont ainsi posé les bases de leur challenge, à l'occasion des WCOOP (World Championship Of Online Poker) qui se déroulent actuellement sur PokerStars pour les joueurs hors des marchés régulés comme la France.

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ElkY risque de devoir à nouveau passer par la case entraînement.
 

Les modalités sont plutôt simples : c'est à celui des deux qui sera meilleur que l'autre sur l'ensemble de la compétition, selon trois critères. Et chaque critère aura un "gage" dédié.

Un marathon, du vélo et des pompes !

Pour le premier, le "Player of the Series" (joueur des Series), le moins bien classé des deux aura jusqu'au PokerStars Caribbean Adventure de janvier prochain pour apprendre la langue de l'autre, et donner une courte interview web ou TV. Ainsi, si ElkY est moins bien classé que Katchalov à la fin des WCOOP, il devra apprendre le russe, suffisamment pour pouvoir donner une interview dans cette langue. Et inversement pour Katchalov, en français.

Mais ce n'est pas tout : si les auditeurs ne comprennent pas, c'est là que ça se gâte. Le pari sera de ce fait déclaré perdu, et celui des deux qui aura donc échoué aura 3 mois pour préparer (et courir)... un marathon complet !

Le deuxième défi porte sur les gains totaux au cours de cette série de tournois. Celui qui aura le moins gagné d'argent des deux, devra pédaler, et couvrir la distance des 130 kilomètres entre Cannes et San Remo (pour le prochain EPT)... en vélo.

Enfin, le troisième défi concerne le nombre de places payées réussies. Celui des deux qui sera le moins souvent rentré dans l'argent, devra faire 1000 pompes en 12 heures.

Après quelques tournois, les statistiques sont pour l'instant nettement en défaveur d'ElkY, dans toutes les catégories, avec Katchalov ayant d'ailleurs notamment gagné un tournoi. Mais la route est encore longue pour qu'il parvienne à refaire son retard ! (à moins bien sûr qu'en grand sportif qu'il est, il préfère goûter aux joies des gages au programme !).

FG

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Jusqu'où peuvent aller les paris entre joueurs (prop bets) ?

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Antonio Esfandiari tentant de gagner son pari au PCA 2016.

La polémique créée par Antonio Esfandiari au récent PCA a relancé le débat. Jusqu'où les choses peuvent aller en matière de défis que se lancent les joueurs pour de l'argent ?

(article publié en janvier 2016)

Pour ceux qui auraient manqué l'épisode, Esfandiari avait accepté le défi de devoir marcher à genoux pendant 48h. Mais ses jambes auront fini par lui faire tellement mal, qu'il aura décidé de se soulager sans aller aux toilettes en urinant dans une bouteille, à la table de poker.

Devant le tollé provoqué pour ce comportement, le facétieux joueur américain se sera excusé, avant de donner l'argent gagné pour son pari réussi (50 000$) à deux œuvres caritatives (REG, et One Drop).

Pour mieux comprendre le phénomène, PokerListings avait rencontré Bill Perkins l'an dernier, un joueur pour qui les tournois de poker ont tendance à être plus chers que pour les autres. Car c'est l'un des plus grands adeptes de ces "prop bets" (ou proposition bets).

Outre le prix des tournois Super High Roller, Perkins perd en effet régulièrement des milliers de dollars dans des paris en parallèle.

Il y a quelque temps, Perkins a perdu 10 000 $ lorsqu’il avait parié avec Mike McDonald que celui-ci ne réussirait pas à faire 300 squats le temps d’un niveau de jeu.

Bill Perkins
Bill Perkins, un habitué des gros paris.

McDonald a remporté ce pari, mais perdu le suivant : 350 pompes en un niveau. Mais comme il avait tout de même passé les 300, Perkins a fait don d’une partie du prix à une association caritative.

De quoi tempérer certains jugements : ces paris apportent parfois du positif à la société.

Parier contre la motivation = EV négative

« La plupart des paris que je prends sont motivants, » nous disait Perkins. « Par exemple, si un de mes amis est en surpoids, je lui lancerai un pari pour qu’il change.

Ce n’est pas le cas de tous les paris, mais beaucoup ont pour objet de faire du bon.

Lorsque tu paries contre la capacité de quelqu’un à faire quelque chose, tu as beaucoup de chances de perdre. L’être humain est une créature fantastique, qui peut très facilement s’adapter et qui, si elle le décide, peut accomplir à peu près n’importe quoi. »

Ces paris combinent deux des passions de Perkins : le jeu (l’activité "détente" des traders dont il fait partie), et aider ses pairs.

Dans l’un de ses paris, Perkins a lancé le défi à quelqu’un de ne voyager qu’avec des bagages à main pendant 16 mois, parce que cette personne voyageait beaucoup trop chargée.

Perkins a (encore une fois) perdu son pari, mais son ami a appris à vivre plus simplement et à s’attacher à l’essentiel.

Juste pour s’amuser

Perkins est surtout connu pour avoir parié avec Jeff Gross 550 000 $ pour qu’il se tatoue un arc-en-ciel sur le dos.

Tatouage d'un arc-en-ciel sur la nuque
Le tatouage de Jeff Gross.

Mais c’est loin d’être le préféré de Perkins :

« J’en ai fait tellement que j’aurais du mal à choisir mon préféré. Et si je le choisissais, vous ne pourriez probablement pas le publier. »

Pensif, il sourit en se remémorant la fois où il a parié à Antonio Esfandiari que celui-ci serait abstinent pendant un an pour 250 000 $. Le Magicien en a-t-il été capable ?

« Bien sûr que non ! Il était sur le point de se marier, c’était évident. Il attend même un enfant. »

Difficile d’argumenter qu’on a été abstinent lorsqu’on attend un bébé, en effet.

De temps en temps, Perkins apprécie aussi d’être le challenger.

« Une fois, je suis descendu à 7,7 % de taux de graisse. J’ai pris presque 3 kilos de muscles et perdu du gras. Et c’était naturel, je n’avais pas le droit aux stéroïdes ou autres. »

Perkins avait atteint son objectif en deux mois.

« Avec la motivation, presque rien n’est impossible. »

C’est d'ailleurs la motivation et la positivité qui lui ont permis de rencontrer le succès en tant que trader.

« Certaines personnes gèrent mieux le risque que d’autres. Certaines études ont montré que pour chaque chose négative qui arrive, une personne a en moyenne besoin de 5 à 7 choses positives pour contrebalancer.

Bill Perkins, joueur de poker et trader
« Avec la motivation, presque rien n’est impossible. »

Un trader peut gagner 5,5 ou 6 jours sur 10. Un ratio de 5 ou 7 contre 1 en trading, c’est impossible. »

La gratitude, c’est la clé

Pour Perkins, c’est la gratitude qui fait tout.

« La gratitude aide à prendre du recul. Parfois, des gens en pleine galère arrivent à ressentir de la gratitude pour quelque chose, et cela change entièrement leur vision du monde. »

Perkins est un expert et peut instantanément faire une liste de choses pour lesquels il ressent de la gratitude.

« J’ai deux filles, que j’aime énormément. Je suis aussi né à la bonne époque, après le mouvement des droits civiques. Une époque relativement calme et positive économiquement, ce qui m’a permis de gagner beaucoup d’argent.

Mes deux parents étaient allés à l’université, j’étais aussi privilégié que possible. J’ai aussi la chance d’être en bonne santé. J’en suis très heureux.

Je pourrais continuer pendant longtemps. Je suis aussi très content de pouvoir prendre le temps de déconnecter et de savourer le moment présent. »


A voir aussi : Les mises les plus folles du poker

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