Les Mythes du Limit Hold'em démystifiés

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Oui le Limit Hold'em est aussi un jeu intéressant et qui peut vous rapporter.

Les as ne gagnent jamais ? Il est impossible de bluffer en Limit ? FAUX !

La plupart des joueurs de No-Limit Hold'em ont une furieuse aversion pour tout ce qui est Limit. Mais nous allons contredire les 2 mythes, et fausses idées qui sont souvent reprochées aux jeux disputés selon ce type d'enjeux.

Ce qui est amusant à propos de ces personnes ? La plupart n'ont jamais réellement joué au Limit. Ils ont peut être joué une session ou deux, mais ils n'ont jamais passé des heures de labeur au jeu, à bien régler leur stratégie.
Ils ne comprennent pas non plus les subtilités et nuances qui ont fait du poker Limit la pierre angulaire du monde du poker depuis sa création.


Mythe numéro 1 : Les As perdent toujours en Limit

Il s'agit de la complainte numéro 1 de la plupart de ces joueurs échaudés, ce qui en fait le mythe numéro 1 du Limit. Il est honnêtement un peu fatigant d'entendre des joueurs dire « tu ne peux pas protéger ta main », « les as ne sont pas bons, tu ferais mieux de les coucher », ou « les as ne sont seulement bons qu'en heads-up ».

La première fausse idée à contredire est celle selon laquelle les as ne sont bons qu'en heads-up. Regardez ce tableau :


Main % de la Main
A A 28,4
A K 9,6
K K 9,2
Q Q 8,5
6 6 8
A Q 10,7
7 8 15,5
6 4 10

***

A A 28,4

***

Ces chiffres sont effectifs avec huit joueurs dans le pot, avec des mains meilleures que des mains aléatoires - en fait cette sélection propose des mains adverses qui sont possiblement la pire combinaison de mains que vous pouvez voir en face de vous.

Si vous mettez vos A A contre neuf mains aléatoires (tous les joueurs allant à la river quoi qu'il arrive), A A gagnera à peu près 31% du temps (ce nombre est calculé par PokerStove sur un échantillon de plus d'1 million de mains jouées).

Vous obtenez 8 contre 1 sur votre argent en remportant un pot sur trois.

En d'autres mots : vous jouez cette main trois fois, chaque fois avec toutes les mains allant à la river, toutes mettant autant d'argent. Chaque main coûte à chaque joueur 100$ de la distribution jusqu'à l'abattage.

* Vous jouez trois fois (100$ X 3), vous avez investi un total de 300$

* Chacune de ces trois fois, le pot est de 1 000 $ (100$ x 10 joueurs)

* Vous perdez deux fois (gain 0$), et gagnez une (gain 1 000$)

* 1 000$ (gain) - 300$ (investissement) = 700$ (profit net)

L'équation a été simplifiée pour cet exemple. 31% x 3 = 93%. Les 7% manquants ne sont pas représentés, pas plus qu'une des mains se couchant. L'exemple est purement pris pour saisir le message de la force effective que les as ont dans un pot multiway (à plusieurs joueurs).

Comme l'exemple le suggère, les as peuvent très bien perdre plus fréquemment que l'inverse dans une partie Limit. Plus il y a de joueurs dans le pot, moins il est probable que les as tiendront (par exemple, si vous avez A A contre trois mains aléatoires, les chances pour que les as gagnent seront proches de 64%).

Paire das
Non la paire d'as ne devient pas une mauvaise main au Limit.

Ce que tous les critiqueurs doivent assimiler, sont les cotes excessives qui sont offertes dans une partie Limit. Vous perdrez plus fréquemment, mais vous ferez beaucoup d'argent dans l'opération.

En No-Limit vous pouvez protéger vos A A pour leur donner un plus haut ratio de victoires/défaites, mais la valeur monétaire réelle de la main peut baisser. En protégeant vos A A en No-Limit, vous diminuez la cote totale du pot, en écartant presque exclusivement les mains qui ont le moins de chances de vous battre.

Et il n'y a pas que ça : lorsqu'un joueur avec une main aléatoire bat vos A A en No-Limit, il aura la possibilité de vous prendre votre tapis entier. En Limit, la main aléatoire qui vous battra n'est pas capable de fausser suffisamment les cotes pour diminuer la valeur de la paire d'as.

Etant donné que le No-Limit est un jeu de situation très spécifique, il n'y a aucune raison pour dire qu'une paire d' A A est plus ou moins profitable que dans une partie de Limit, mais ce n'est pas le débat.

Pour résumer, et casser le mythe largement répandu, la paire d'as peut bel et bien vous rapporter de l'argent en poker Limit (et elle le fera), quel que soit le nombre d'adversaires dans la main.


Mythe numéro 2 : Il est impossible de bluffer

Difficile de comprendre comment ce mythe peut-il être encore aussi largement admis. Le poker a débuté sous une forme d'enchères Limit, or le bluff a bien fait partie du poker depuis son commencement.

Aussi il n'y a aucune importance dans le format de mise auquel vous jouez, que ce soir du Limit, Pot-Limit, ou No-Limit : le bluff a toujours existé, et sera toujours une partie intégrante du jeu.

Croyez-le ou non, le mythe selon lequel le Limit n'est pas favorable pour miser, existe en majeure partie grâce à Chris Moneymaker.

phil ivey
Les grands champions seront les premiers à vous dire qu'on peut tout à fait bluffer en Limit Hold'em.

Le boom du poker initié par Moneymaker a amené des milliers de nouveaux joueurs, la grande majorité de ceux-ci s'étant directement lancé en du No-Limit. Mais jusqu'à très récemment dans l'histoire du poker, le No-Limit Hold'em était un jeu très rarement pratiqué.

L'un des traits du No-Limit est qu'il fournit à l'amateur des opportunités de faire des bluffs avancés. A tout moment, un amateur peut pousser tous ses jetons sur un gros bluff pour gagner le pot.

C'est ce qui s'appelle un bluff idiot car seuls les ânes le font, car sans aucune appréciation de la texture du tableau, aucune lecture sur leurs adversaires, aucune idée des lectures de leurs adversaires sur eux-mêmes, et aucun soupçon de leur vraie image à la table.

Ces bluffs réussissent parfois, simplement en raison de l'annihilation de cotes attractives. Même si un pro sent qu'un amateur est en train de bluffer, suivre 500$ dans un pot de 35$ ressemble juste à une mauvaise idée. Le pro n'a aucun problème à subir de petites pertes et à attendre une meilleure situation pour faire rentrer l'argent.

En Limit, le « donk bluff » ne marchera presque jamais. Avec un bluff de 10$ dans un pot de 35$, le pro peut facilement suivre sur sa lecture de l'amateur étant en bluff. L'équation risque / récompense du call est favorable

Bluffer au Limit demande d'aligner parfaitement tous les éléments dans l'équation du bluff. Vous devez prendre en compte la texture du tableau, votre image, la perception de votre main, et la perception de votre lecture sur la main de vos adversaires, le tout à la perfection.

Si l'un de ces éléments ne colle pas, le joueur adverse aura suffisamment de doute pour qu'il suive de manière raisonnable.

Voici un exemple :

Le tableau :

Main de l'adversaire :

Votre main :


Situation :
Votre adversaire a relancé pré-flop ; vous avez suivi au bouton et vous êtes retrouvé en heads-up au flop. Sur le flop, il a misé et vous avez suivi. Sur la turn il a misé encore et vous l'avez relancé. L'action est à lui.

Cheminement de réflexion de votre adversaire : La texture du flop est horrible pour sa main. N'importe qui ayant un trois ou une paire en mains le bat. Il ne peut rien battre sinon un bluff dans cette main.

Il joue avec vous depuis cinq heures et a une très bonne idée de comment vous jouez. Il sait que vous êtes un joueur solide et qui joue des mains solides, que vous êtes très serré, et qu'il est peu probable de vous prendre à jouer avec des mains faibles.

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Etre un champion de Limit Hold'em peut aussi vous faire gagner des bracelets aux WSOP.

Jusque là tous les éléments s'assemblent, mais il reste plusieurs choses qui n'ont juste aucun sens.

Premièrement, vous avez suivi une relance pré-flop - en aucune façon il ne peut vous mettre sur une main avec un trois. Même avec A3, les chances auraient été que vous vous couchiez au flop, en étant aussi serré que vous l'êtes. Cela signifie qu'il ne perd que si vous avez une pocket paire.

Etant donné que vous n'avez pas sur-relancé pré-flop, il ne croit pas que vous ayez AA, KK, QQ, ou JJ. Du coup les seules mains sur lesquelles il peut vous mettre et qui le battent, sont 77-88-99-TT ou un brelan.

Il y a une bonne chance que vous relanciez n'importe laquelle de celles-ci au flop. Bien qu'il ne puisse être sûr d'être devant, il a une cote de 6 contre 1 sur son argent pour suivre.

Vous n'avez besoin d'être en bluff qu'une fois sur six ici, pour que son call soit profitable. Etant donné son doute, même s'il est insuffisant, le doute plus les cotes font ici du call une décision facile pour lui.

Si, de l'autre côté, vous aviez eu l'image d'un joueur jouant n'importe quelles deux cartes, votre adversaire aurait maintenant à ajouter toutes les double paires et les quintes à votre éventail possible.

Dans ce scénario, les éléments sont tous exposés : s'il suit la turn et n'améliore pas à la river, il y a une chance pour qu'une autre mise vous fasse récupérer l'affaire.

Bluffer en Limit fait immensément partie du jeu. Il s'agit simplement d'une technique très avancée du jeu, encore plus qu'en No-Limit, qui recquiert un bon peu d'expérience et de talent pour comprendre, évaluer, et manipuler les éléments et les lectures de vos adversaires.

Conclusion

En tant qu'esprit retord, la prochaine fois que vous vous apprêterez à dire à quel point vous détestez le Limit, ou de comment le Limit est juste un gros jeu de Bingo, pensez donc à tout ça et évitez-vous de passer pour un idiot.

Dites simplement que le Limit n'est pas un jeu pour vous. Il n'y a rien de mal à seulement vouloir jouer au No-Limit ; assurez-vous simplement que vous ayez fait ce choix pour de bonnes raisons.