Les nouvelles variantes de poker à la mode

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Les tables de 2-7 Triple Draw, d'Omaha Hi-Lo et de Mixed Games font désormais de l'ombre aux variantes classiques lors des parties high stakes en ligne. Analyse d'un nouveau phénomène.

Dans le poker il n'y a pas que le No-Limit Holdem et le Pot-Limit Omaha. Du côté des parties high stakes en ligne du moment, d'autres variantes font désormais de l'ombre à la Rolls Royce du poker.

Les noms les plus connus de l'univers poker comme Phil Ivey, Patrik Antonius, Viktor Blom, Gus Hansen, Phil Galfond ou Tom Dwan, tout comme de nouvelles stars montantes, par exemple Niklas « ragen70 » Heinecker, ne s'affrontent plus autant en No-Limit Holdem ou en Pot-Limit Omaha qu'avant le Black Friday. Les variantes à la mode ces derniers temps chez les magnats du poker portent des noms bizarre comme « 2-7 Lowball Triple Draw », « Omaha Eight or Better », « 8-Game » ou  « 10-Game », des variantes de poker encore méconnues du grand public.

Comment se fait-il que ces variantes aient pris tant d'importance dans les parties à hauts enjeux ? Comment se différencient-elles du No-Limit Holdem ? Où se disputent ces parties? Et qui sont les protagonistes de cette nouvelle scène ?


Pourquoi un tel engouement ?

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles ces variantes moins connues connaissent un tel succès ces derniers temps chez les joueurs high stakes.

Ces dernières années, les parties en Holdem No-Limit et Pot-Limit Omaha à hauts enjeux ont été dominées par un petit groupe de spécialistes. Aujourd'hui peu d'amateurs, de « fish » ou de talents montants se risquent à aller défier ces spécialistes qui ont désormais la réputation d'être imbattables, alors qu'il n'y a encore pas si longtemps on voyait de temps à autre des joueurs inconnus s'aventurer aux tables nosebleed (aux enjeux dont les montants font "saigner du nez", d'où le terme anglais).

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Dwan et Ivey en ont parfois assez du Hold'em.

Même pour les pros, ces parties deviennent inintéressantes car il leur est très difficile d'avoir un réel avantage (« edge ») sur leurs adversaires. Le niveau a tout simplement considérablement augmenté ces dernières années, et la variance dans les parties de No-Limit Holdem et Pot-Limit Omaha a atteint son paroxysme.

Cette gestion de bankroll risquée et difficile, tout comme le niveau ultra élevé de ces parties de cash game, ont fait que les joueurs se sont dirigés, soit par choix soit par obligation, vers des nouvelles variantes et surtout celles qui se jouent en Limit (à enjeux fixes) et non pas en Pot Limit ou No Limit.
Même aux blinds 2000$-4000$ lorsqu'on joue en Limit, les pots n'atteignent plus la taille de ceux de la période d'avant le Black Friday, à laquelle Tom Dwan, Patrik Antonius et Phil Ivey s'affrontaient quotidiennement sur Full Tilt et où l'on pouvait voir des pots dépassant le million de dollar.

Les swings (hauts et bas) sont nettement moins importants dans les parties en limites fixes, et les joueurs ne sont pas toujours aussi expérimentés. En particulier lors des parties en 8-Game ou 10-Game qui mélangent le Stud, l'Omaha, le Holdem et le Draw, les joueurs auront tous des points forts et des points faibles selon la variante en cours.

En outre, ces variantes ont un coté vraiment divertissant pour les pros qui ont vu des millions et des millions de mains de NLH et de PLO défiler. Celles-ci leur offrent donc un nouveau challenge, les variantes classiques étant devenues répétitives. De plus, les variantes comme le 2-7 Triple Draw sont très faciles à apprendre. Le fait de pouvoir changer ses cartes - de « draw » (tirer) - les rend intuitives et donc très amusantes pour les novices tout comme pour les pros.

Pour en savoir plus sur les règles de certaines de ces variantes, rendez-vous sur notre page des règles du poker.


Le 10-Game

Le 10-Game est la forme ultime du Mixed Game (jeux mixés). Ce jeu rassemble toutes les variantes populaires du poker.

Il y eut tout d'abord le H.O.R.S.E (5 variantes). Puis le 8-Game et le 7-Game sur Pokerstars.com, une forme hybride de poker en Limit, Pot Limit et No Limit. Ensuite arriva le 10-Game sur Full Tilt réunissant 10 variantes de poker à une table.

Le 10-Game inclut :

  • Limit Stud Hi/Lo
  • Pot-Limit Omaha Hi
  • Limit 2-7 Triple Draw
  • Limit Razz
  • No-Limit Hold'em
  • Limit Omaha Hi/Lo
  • Limit Stud Hi
  • No-Limit 2-7 Single Draw
  • Limit Badugi
  • Limit Hold'em

On peut distinguer plusieurs catégories de poker : ceux où les joueurs partagent les cartes d'un board commun (Omaha Pot-Limit, Omaha Hi Lo, Holdem Limit et No-Limit), les Studs (Stud, Razz et Stud Hi Lo) où chaque joueur a son propretableau en plus de ses cartes cachées, et les « Draw games » , jeux de tirages (No-Limit 2-7 Single Draw, Limit 2-7 Triple Draw et Badugi), des jeux fermés où les joueurs peuvent changer leurs cartes durant les tours de jeu.

Les versions de ces variantes se jouent soit en High (Holdem, Omaha, Stud) c'est à dire où la meilleur main haute l'emporte, soit en Low où la main la plus basse l'emporte (Razz, 2-7 et Badugi), soit en High/Low (Omaha Hi Lo, Stud Hi Lo) où la main la plus basse et la main la plus haute se partagent le pot. On les appelles aussi les Split Games.


Les spécialistes du genre

Certains joueurs ont beaucoup fait parler d'eux ces derniers temps et ce grâce à leurs performances en 2-7 Triple Draw, en Omaha Hi-Lo ou en Mixed Games. Voici quelques-uns des joueurs sur le devant de la scène :

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Patrik Antonius

Patrik Antonius est peu être le seul grand gagnant de l'ancienne génération en 2013. Il a fini 7ème au classement des joueurs les plus profitables sur l'année écoulée, avec un bénéfice de plus de 1 700 000 $ amassés en grande partie en Mixed Games.

Dans les spécialistes il faut bien évidemment mentionner Niklas  « ragen70 » Heinecker, le plus gros gagnant de l'année sur Internet avec un profit dépassant les 6 000 000 $ dont plus de 4 000 000 $ viennent des parties en 2-7 Triple Draw.

En Omaha Hi-Lo il faut citer Kyle « cottonseed1 » Hendon, Kyle « KPR16 » Ray, et la fameuse « SallyWoo » qui a fait le buzz récemment en faisant l'objet d’accusations venant de Gus Hansen. Ces trois joueurs sont présents tous les jours de la semaine aux tables d'Omaha Hi-Lo en Heads-up aux blindes à 2000$-4000$.

Un autre incontournable des tables high stakes, que ce soit en Deuce-to-seven, en Omaha Hi-Lo ou en 8-Game, est évidemment Viktor « Isildur1 » Blom, qui joue avec succès sur tous les tableaux.


Et du coté francophone ?

Certains joueurs ont particulièrement fait parler d'eux dans ces variantes atypiques.

Sebastien « Seb86 » Sabic a pour sa part dominé les tables en ligne à hauts enjeux en 2-7 Triple Draw et en Mixed Games. Même s'il s'est retiré de ces parties à l'heure actuele, il faut rappeler qu'il fut le plus gros gagnant français en ligne en 2012, où il avait remporté plus de 1 700 000 $ en cash game en se frottant aux plus gros noms du poker aux blindes 500$-1000$.

Un autre français, un ami à Seb86, a récemment fait parler de lui par ses résultats en ligne : Alexandre « BiatchPeople » Luneau. Il a non seulement gagné des millions en 2-7 et en cash games de Mixed Games par le passé, mais il possède aussi un bon palmarès en tournois avec plusieurs podiums sur des évènements à gros buy-in sur Pokerstars, et une 1ère place du fameux tournoi des WCOOP 8-Game à 10.300$ de buy in en 2013.

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Bruno Fitoussi

Un joueur de la vielle école qui signe régulièrement des performances en Mixed Games est Bruno Fitoussi. « The King » avait d'ailleurs fini 2ème du H.O.R.S.E en 2007 aux WSOP de Las Vegas, 8ème du « Poker Players Championship » en 2012, et 13ème d'un event de 10-Game en 2013.

N'oublions pas non plus Fabrice Soulier, qui a signé l'une des plus belles performances tricolores à cette date en remportant le H.O.R.S.E Championship à 10.000$ aux WSOP de 2011.


Où se déroulent les plus grosses parties ?

Les plus gros rendez-vous annuels en ce qui concerne les tournois live en Mixed Games se résument à quelques dates immanquables pour les spécialistes du genre et pour les autres joueurs désirant prouver au monde qu'ils ont plusieurs cordes à leurs arcs.

Lors des WSOP à Las Vegas se déroulent chaque année quelques événements prestigieux comme les tournois à 10.000$ en 2-to-7, en Omaha Hi-Lo, en Stud et en H.O.R.S.E., mais le titre le plus convoité est certainement le bracelet du « Poker Players Championship » avec un buy in de 50.000$.

Pour ce qui est des cash games en live, la room la plus connue pour les Mixed Games à hautes limites n'est nulle autre que « Bobby's Room », la salle de poker mythique au Bellagio de Las Vegas. Depuis l'ouverture de la room on peut régulièrement y voir tout le gratin du poker défiler et jouer à des blindes allant jusqu'à 2000$-4000$.

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En ligne, là où ça joue parfois très gros...

Mais c'est sur Internet que ces variantes connaissent la plus grande effervescence.

Sur la toile les rendez-vous qu'aucun pro ne veut rater sont les WCOOP, qui proposent un tournoi en 8-Game a 10.300$ et un H.O.R.S.E. à 2.100$, ainsi que les SCOOP pendant lesquels se déroulent des tournois de Stud, de Badugi, de 2-7, de Omaha Hi-Lo, de H.O.R.S.E., et de 8-Game à 2.100$.

En ce qui concerne les cash games, il est clair que les plus grosses parties de la planète se déroulent sur Full Tilt. Au quotidien les maîtres actuels du poker s'y livrent des batailles acharnées - souvent en heads-up - en 2-7 Triple Draw, Omaha Hi-Lo et en Mixed Games.
C'est au cours de ces parties que Gus Hansen a perdu des millions de dollars, lui valant les grands titres à la une de forums et des magazines poker ces derniers temps. Et ce fut dans les même variantes que Niklas  « ragen70 » Heinecker a à son tour gagné des millions pour devenir le plus gros gagnant de l'année sur le net !


C.B.


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