Loi et Poker en Ligne : Ce qui devrait changer

gerichtsurteil
Ouverture du marché : l'échéance se rapproche...

Peu à peu les choses avancent et se décantent dans ce qui s'annonce comme la tant attendue ouverture du marché pour les jeux en ligne. Mais comme craint tout ne sera pas positif pour les joueurs.

Les jours qui viennent de s'écouler se sont montrés critiques pour le futur du poker en ligne, puisque le projet de loi « relatif à l'ouverture à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux d'argent et de hasard en ligne » initié par le ministre du budget Eric Woerth a enfin fini par être débattu et voté à l'Assemblée Nationale. Et avec lui de nombreux amendements qui viennent augurer de certains gros changements à venir pour les joueurs.

Même s'il reste au Sénat de le valider avant que la machine ne se mette en place et que les premières licences ne soient accordées durant le deuxième trimestre 2010 (avant la Coupe du Monde de Football ?), les premières grandes lignes sont tracées. Et comme prévu tout ne s'annonce pas toujours rose pour les joueurs.

Des parties franco-françaises ?

Premier point et pas des moindres, le jeu légal serait limité au seul réseau français. Entendez par là que les salles en lignes ne pourraient plus proposer à leurs joueurs d'affronter d'autres joueurs étrangers. Un comble lorsque l'on sait que cet élément fait partie intégrante du jeu en ligne, de son charme voire parfois de sa stratégie.

L'affaire risque également d'être d'incidence en termes de trafic d'une part, et de possibilité de participation aux grands évènements internationaux tels que WCOOP de PokerStars et FTOPS de Full Tilt. Comment en effet imaginer que ces compétitions devenues très prisées aux quatre coins du globe puissent se retrouver délestées de toute leur essence ?

fulltilt lobby
Poker en ligne : du changement en vue.
Certains veulent toutefois garder un brin d'optimisme, telle Céline François, responsable marketing d'Everest Poker, interviewée par le Journal du Dimanche. Selon elle, l'interprétation du projet de loi permettra peut-être aux opérateurs de conserver le droit à une plate-forme internationale du moment que tous les joueurs proviennent d'un réseau local sous licence.

Certaines compagnies prennent en tout cas déjà les devants en projetant de créer leur réseau 100% français, tel IPoker/Playtech, à l'instar de ce qui a déjà été fait en Italie.

Les nouveaux enjeux induits par cette supposée limitation se retrouveront bien entendu d'ordre économiques, mais plusieurs salles reposant sur un réseau en partie propriétaire telles que Winamax ont déjà pu prouver la viabilité du système.

Table rase

Pour s'assurer que tout le monde reparte sur un pied d'égalité et que l'amendement sur les réseaux locaux soit respecté, il sera demandé aux salles d'effacer l'intégralité de leurs bases de données, avec pour conséquence directe d'obliger les joueurs à se réinscrire.
Outre la lourdeur monstre de l'opération, presque irréaliste, reste à voir comment l'affaire pourra se dérouler sans que personne n'y trouve à redire.

Blocage des sites sans licence

Qui dit licence dit évidemment sites qui n'en auront pas, et qui seront donc de facto décrétés illégaux (les esprits malicieux diront que ça ne changera pas grand chose à ce qu'il en est à l'heure actuelle sous certains aspects).

500 euro note
En matière d'argent, les enjeux sont toujours conséquents.
Mais cette fois-ci l'ARJEL (toute fraîche Autorité de Régulation des Jeux En Ligne) pourra saisir le juge des référés afin que ce dernier donne le feu vert aux fournisseurs d'accès pour qu'ils bloquent l'accès aux sites en question.

Là aussi il reste à voir comment cet organisme, qui aura déjà beaucoup à faire par ailleurs, pourra gérer des dizaines voire centaines de milliers de joueurs à travers le pays. Un peu à l'image du piratage sur Internet, qui connaît seulement quelques punis pour de très nombreux adeptes.

En sus, les banques pourront être sollicitées pour aider à lutter contre les transactions illégales, comme certaines ont déjà commencé à le faire, certains en ayant déjà fait l'amère expérience.

Crache !

Évidemment l'un des paramètres majeurs relatif à la fin de cette arlésienne concerne le taux de taxation pour que l'État s'y "retrouve".
Concernant le poker le chiffre avancé est celui d'un prélèvement (en plus du rake de la salle) de 2% des pots, avec une limite à 1 euro.

Problème, encore une fois l'affaire ne semble pas faire l'unanimité. Toujours selon Céline François dans le JDD : « La fiscalisation pour le poker en ligne est l'un des points handicapants de ce projet de loi. En effet, le modèle de fiscalisation actuel, basé sur un pourcentage du pot, n'est pas adapté au modèle économique des salles de poker en ligne. »

Des initiatives annexes qui se multiplient

Selon la théorie des dominos tous les acteurs concernés par ce gigantesque projet y vont bien entendu déjà de leurs initiatives selon leurs intérêts.

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L'AFOJEL, un nouvel acteur à suivre.
Certains opérateurs ont déjà prévus de se regrouper autour de l'AFOJEL (Association Française des Opérateurs de Jeu en Ligne), organisation ayant pour but de défendre les intérêts des opérateurs licenciés, créée à l'initiative d'Alexandre Dreyfus, boss de ChiliPoker, et Emmanuel de Rohan-Chabot, responsable de Zeturf.com (paris hippiques).

Les initiatives de joueurs, bien entendu au premier rang des intéressés, se multiplient également.
Certains se regroupent déjà derrière des pétitions, telles que « right2bet » (avec le soutien de Betfair, et revendiquant une lutte contre les monopoles d'état et le droit de jouer où l'on veut), ou autour d'autres évènements tant dans la rue qu'en ligne, parfois plus triviales.

Une meilleure protection du joueur ?

Au milieu de tout ça, le joueur a sans doute en définitive beaucoup de mal à voir ce qu'il va gagner dans l'affaire.
Toujours est-il que l'on peut au moins escompter de l'ARJEL et du cadrage global du marché des jeux en ligne un peu plus de sécurité pour le consommateur, notamment au niveau de la transparence des salles et de leurs logiciels.

D'ici là il vaut sans doute la peine d'attendre encore un peu pour connaître les réels derniers aboutissements avant de pouvoir dresser un bilan définitif de l'opération, à propos desquels nous ne manqueront pas de vous tenir informés. Et de continuer de prendre plaisir à jouer sur vos salles favorites.

 

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