Lorsque vous êtes battu, vous êtes battu

Phil Hellmuth
Il faut parfois savoir s'arrêter tant qu'il est encore temps.

Savoir quand vous être battu et faire un gros fold en conséquence peut être une compétence difficile à maîtriser. Cependant, faire de gros fold opportuns peut avoir un gros effet sur votre winrate.

Tout le monde aime faire un call de folie pour tous ses jetons et prendre son adversaire en plein bluff.

Le frisson de prendre la main dans le sac quelqu'un qui bluffe, dans un gros pot, est l'une des meilleures sensations au poker. Cependant, de trop nombreux joueurs s'écartent de leur route pour tenter de faire un call héroïque (le fameux "hero call").

Ces call héroïques peuvent dramatiquement affecter votre taux de gains (winrate), particulièrement si vous faites erreur plus souvent que vous avez raison.

Pensez à la fréquence où vous déstackez un joueur. Ce n'est pas si souvent. Alors envoyer valser votre stack en essayant de faire un call héroïque n'a absolument pas une once de sens.

Assembler les pièces du puzzle

Lorsque vous êtes impliqué dans une grosse main, il est parfois difficile de prendre du recul pour voir les choses sur un plan plus large.

Souvent vous vous retrouvez attrapé sur le moment et vous vous poussez à croire que votre adversaire bluffe, alors qu'il est en fait en train de purement miser pour la valeur.

Avant de faire un gros call, il est mieux d'essayer de stopper la cadence, de prendre une large respiration, et de rejouer l'action dans votre tête.

Qu'a t-il fait avant le flop ? Qu'a t-il fait au flop ? Et à la turn ? Ses actions vont peindre une image.

mike matusow 3
Ne vous enflammez pas à vouloir à tout prix faire un "hero call" ou vous pourriez avoir des pépins.

Regardez cette image et utilisez les connaissances que vous avez sur votre adversaire avant de prendre quelque imprudente décision.

Prenons un exemple.

No-Limit 1$/2$, stacks effectifs de 200$.

Un joueur serré limpe en début de parole et vous relancez à 8$ avec K K au bouton.

Votre adversaire suit et vous voyez le flop suivant en heads-up : 4 8 9.

Votre adversaire checke, vous misez 12$ ; votre adversaire check-raise à 38$.

Vous suivez et le turn est la Q.

Votre adversaire mise 70$.

Stop. Réfléchissez à ces informations. Il est facile de vous persuader de suivre ici. Vous avez une paire supérieure au flop, après tout. Mais réfléchissons réellement à propos de ce que votre adversaire est ici en train de faire.

Il a limpé UTG, puis a suivi une relance. Les joueurs serrés vont plus probablement faire cela avec des pocket paires intermédiaires et quelques mains de type A-Q, K-Qs.

Le flop a amené trois petites cartes et il vous a check-relancé lourdement. Vous vous êtes découvert, et il a tiré une autre grosse cartouche à la turn.

Bien que vous ayez une overpair, elle ne vaut presque rien dans cette situation. Vous n'êtes en fait jamais bon ici.

Son éventail de mains est tellement serré - au fond seulement les brelans et deux paires à l'occasion - que payer serait juste jeter de l'argent par les fenêtres. En fait un bon raisonnement pourrait même être de jeter au flop !

Ce fold peut sembler extrêmement standard à certains joueurs, mais on trouve encore des joueurs qui de temps en temps se ruinent dans des mains telles que celle-ci.

Pensez à l'éventail de votre adversaire pour qu'il mise pour la valeur. Si vous n'êtes pas devant le plus gros de celui-ci, alors ne payez pas.

Une règle simple

jonathan little 3
Un bon joueur doit aussi savoir bien se coucher.

Vos adversaires ne bluffent jamais autant que vous le pensez. Bien que vous pouvez vous porter à croire qu'ils le font, il est très rare pour des adversaires à petits tapis de conduire de gros bluffs.

Dans la majorité des parties à faibles jusqu'aux moyens enjeux, les mises des joueurs signifient exactement ce à quoi elles ressemblent. A moins que vous n'ayez d'incroyables lectures et/ou que vous ayez vu vos adversaires bluffer dans des pots similaires auparavant, il est meilleur de prendre leurs mises pour argent comptant.

Gardez à l'esprit les types d'adversaires contre lesquels vous jouez : si vous en notez un comme serré-agressif de base, jusqu'à ce qu'il vous ait montré autre chose, il ne va pas bluffer dans les gros pots.

Il est bien trop facile de se retrouver piégé dans des gros pots avec de bonnes mains mais qui ne sont pas excellentes. C'est une habitude qui doit être cassée !

Economiser des mises est aussi bon qu'en gagner

Beaucoup d'emphase est faite sur l'importance de faire de bons value bet, et avec de bonnes raisons - c'est ainsi que vous faites la plupart de votre argent. Mais économiser de l'argent est simplement aussi bon que d'en gagner sur le long terme. Alors ne vous endormez pas sur cette partie de votre jeu.

La capacité à faire de gros folds lorsque l'action le dicte est une des compétences les plus difficiles à maîtriser au poker. C'est ce qui sépare les excellents joueurs de ceux seulement bons.

Les « hero call » ou call pour épater la galerie ne sont pas bons pour votre partie et votre winrate (taux de gains). Cela peut être difficile lorsque vous êtes dans le feu de l'action, mais prenez votre temps, refaites-vous dans la main dans votre tête et réfléchissez-y posément. Prenez une grande inspiration et demandez-vous les types de mains avec lesquels votre adversaire peut faire ceci ou cela.

Si vous pensez que vous êtes battu, vous l'êtes probablement. Sauvez votre stack et préservez-vous de la douleur ; couchez votre main et passez à autre chose.