Marcel Luske : Viva la FIDPA !

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La Fédération Internationale de Poker (la FIDPA) a compilé un ensemble de règles qui, si elles étaient adoptées au niveau international, permettraient d'éviter la grande majorité des disputes auxquelles on peut assister dans les casinos ou dans les tournois de poker du monde entier. Et il semble que l'idée soit en train de faire son chemin.

Marcel Luske était déjà un gentleman et un joueur de poker reconnu alors que la plupart des stars d'aujourd'hui étaient encore en grenouillères (quoique parfois on se demande si certains n'en portent pas toujours).

Joueur « global », le Hollandais a été confronté au même problème que tous les autres joueurs qui parcourent le monde : devoir s'adapter aux différentes règles de chacune de ses destinations, ce qui a tendance à augmenter les risques d'incompréhension et de conflits superflus. Et c'est pourquoi il a décidé d'y remédier.

L'idée fondatrice de la FIDPA est aussi simple qu'efficace : il s'agit de faire adopter un ensemble de règles internationales. Ces 81 règles, téléchargeables gratuitement sur le site de la FIDPA, ont été établies en 2008.

« Que vous jouiez au Bellagio, au Wynn ou n'importe où dans le monde, c'est toujours pareil, les règles sont celle de la maison. » explique Luske.

« Résultat, les joueurs doivent constamment s'adapter aux différentes règles. Le problème ce n'est pas que ces règles soient compliquées, mais le manque total de cohérence. »

Et bien que les règles de la FIDPA aient pour principale ambition de faciliter la vie des joueurs, Luske estime qu'elles pourraient également servir aux employés des casinos.

« Si les règles étaient les mêmes partout dans le monde, les croupiers et le personnel encadrant pourraient très facilement travailler n'importe où, sans se sentir déstabilisés et sans avoir besoin de suivre une formation dans chaque nouvel établissement. »

Déjà de nombreux associés

Bien sûr, les législations diffèrent dans tous les pays, et les règles doivent donc être modérément adaptées. De nombreuses associations nationales se sont déjà associées à la FIDPA dans cette perspective, notamment au Royaume-Uni, en Allemagne, en Autriche, en Italie, au Danemark, en Finlande, aux États-Unis et dans la plupart des pays de l'Europe de l'Est.

Parmi les partenaires approuvés par la FIDPA, on retrouve par exemple le Bellagio de Las Vegas (qui applique les règles de la FIDPA depuis quatre ans et demi), le Circus Groupe, l'Australian Poker League (APL) et le Holland Casino.

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"Le problème n'est pas que les règles soient compliquées, mais le manque total de cohérence."

« Aujourd'hui, l'Association des Directeurs de Tournois (ADT) et le Global Poker Index (GPI) utilisent notre système » ajoute Luske, bien qu'il ne soit toujours pas satisfait.

« En tant que joueur, je veux éviter au maximum les conflits avec le casino, et je veux gagner en crédibilité. Ce n'est pas une question d'argent, mais de principe, de respect et de bon sens. Le problème c'est que le organisateurs et les directeurs de tournois veulent bien uniformiser les règles, mais ils refusent de se soutenir. Du coup, si les uns décident d'utiliser certaines règles, les autres vont refuser catégoriquement.
Les règles de la FIDPA pourraient permettre de neutraliser ces situations.
 »

"Au foot, si la balle franchit la lighe, il y a touche et c'est comme ça partout."

On ne manque pas d'exemples qui prouvent qu'uniformiser les règles serait bénéfique. Par exemple lorsqu'un joueur va à tapis à la river et mucke ses cartes une fois qu'on le suit, il est pertinent de l'obliger à montrer ses cartes. Sinon, ce serait la porte ouverte au chip-dumping (transfert de jetons en sous-marin d'un joueur à un autre).

Quid de la règle qui stipule qu'un joueur doit être à la table pour que sa main ne soit pas nulle, quand la première carte est distribuée ou la dernière ?

Techniquement, un joueur pourrait apercevoir les cartes d'un de ses adversaires en allant se rasseoir, donc les règles devraient préciser que les joueurs doivent être à table lorsque la première carte est distribuée. Cependant, ce n'est pas le cas dans tous les casinos.

Luske s'interroge : « Au foot, si la balle franchit la ligne, il y a touche. C'est comme ça partout. Pourquoi ce serait différent au poker ? »

Il semble donc qu'une uniformisation des règles serait loin de desservir le poker. Mais le chemin reste encore long.

Le poker reste encore trop défini par l'individualisme des joueurs et des organisateurs. Et tant que ce sera la pensée dominante dans le monde du poker, la FIDPA aura du mal à faire accepter son système de règles. Même si elles sont très bien pensées.

 

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